lundi 6 avril 2026

La Sociale

 


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La Sociale (2016) de Gilles Perret

Née du programme utopique du Comité National de la Résistance, le programme dit « des jours heureux » (qui ne l’étaient pas vraiment, car on était en pleine occupation), la Sécurité Sociale a été mise en place en 1946.

Des experts, des syndicalistes nous racontent son histoire chaotique, tout particulièrement à travers la biographie d’Ambroise Croizat, responsable départemental CGT en 1946.

« Dans une France libérée, nous libérerons les Français des angoisses du lendemain » disait Croizat, devenu ministre (communiste) du travail du gouvernement De Gaulle.

La Sociale est la suite logique des Jours heureux, le précédent film de Gilles Perret.

En ces temps de populisme gluant et de technocratie mercantile, c’est, comme son prédécesseur, un film sain qui remet les pendules à l’heure.

Curieusement, pour un film-thèse, il met (presque) tous ses œufs dans le même panier. C’est la parole de syndiqués, hommes et femmes, jeunes et vieux, que nous entendons.

Il faut bien reconnaître que les (rares) opposants à « la sociale » que présente le film, ainsi que tous ceux qui ne semblent pas trop en accord avec ses thèses, sont présentés de façon à sembler un peu ridicule.

On remarquera tout particulièrement une sorte de Trump à la française qui débite un discours surréaliste sur le thème du « fond communiste de la politique française » ; un communisme comparable à celui de « Cuba ou de la Corée du Nord » (sic !).

Petite mention également pour la prestation courte, mais notablement ridicule du ministre du travail (tout au moins, à l’époque du tournage…) Rebsamen qui, bien sûr, va rejeter, sur un ton grotesque, suffisant et méprisant le rôle essentiel d’Ambroise Croizat.

Ces deux interventions ont d’ailleurs été accueillies par des ricanements, y compris les miens, dans la salle où je l’ai vu.

La Sociale reste l’un des meilleurs films de cette année 2016.

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