dimanche 12 juillet 2026

Sous surveillance

 


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The Company You Keep (Sous surveillance) de Robert Redford (2012)

 A la fin des années soixante, alors que la guerre du Vietnam faisait rage, de nombreux groupes de jeunes Américains opposés à cette guerre revendiquèrent une série d’actions plus ou moins violentes pour obliger le gouvernement à se retirer du conflit.

Parmi ces groupes, il y avait le Weather Underground.

Quarante trois ans plus tard, Sharon Solarz, une des membres du groupe, est arrêtée.

Ben Shepard, un jeune journaliste de Washington, commence à enquêter pour retrouver les autres membres du groupe. Il commence par s’intéresser à Jim Grant, l’avocat auquel Sharon Solarz a fait appel pour la défendre.

Très agréable à voir malgré une lenteur un peu plombante, le film de Redford ne laisse aucun souvenir, si ce n’est la beauté stupéfiante de la toujours grande Julie Christie.

D’ailleurs, une des grandes réussites du film, c’est le casting : Shia Labœuf, Redford lui-même, Julie Christie donc, Susan Sarandon (qu’on voit à peine), Stanley Tucci, Nick Nolte et Chris Cooper.

Les vieilles gloires jouent les ex-idéalistes désabusés et c’est une autre réussite du film qui, du coup, rate un peu le côté polar. C’est dommage !

Rendez-vous

 


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The Shop Around the Corner (Rendez-vous) d’Ernst Lubitsch (1940)


Dans un quartier populaire de Budapest, juste après un carrefour, se tient la boutique Matuschek et Cie, une maroquinerie où les six employés se bousculent plus que les clients. Le premier vendeur est Kralik.

Depuis quelques temps, il entretient une correspondance avec une jeune fille qu’il n’a jamais vue. Cependant, cette correspondance commence à prendre un ton plus passionné. Kralik s’en ouvre à son collègue et ami Pisovitch.

Klara Novak se présente à la boutique pour obtenir un emploi de vendeuse qu’elle réussit à arracher après avoir vendu une boîte à cigarettes « qui joue Les Yeux noirs chaque fois qu’on l’ouvre », objet réputé invendable par tout le monde dans le magasin.

Six mois plus tard, le stock de boîtes trône toujours, invendu, dans la vitrine. Kralik et Klara se chamaillent sans arrêt et monsieur Matuschek bat froid à Kralik.

Kralik essaie d’avoir une explication sur ce changement d’attitude, mais son patron l’éconduit.

Alors qu’il a donné rendez-vous à sa mystérieuse correspondante, Kralik a la très mauvaise surprise de voir son patron décider que la vitrine du magasin sera refaite le soir-même et il est obligé de rester ainsi que Klara qui, elle aussi, avait un rendez-vous.

Le générique commence par les premiers accords d’ Hotchi Tchornia, chanson tzigane que les Etats-uniens attribuent à tous les pays situés à l’est du Danube.

Cette chanson est celle que « joue » la boîte à cigarettes qu’on imagine d’un goût douteux. Et cette boîte est le fil rouge de tout le film, objet de litige, catalyseur des différentes attitudes des vendeurs face à monsieur Matuschek et à ses fameux « J’aimerais que vous me disiez ce que vous en pensez. Sincèrement. » qui provoque la fuite de Pirovitch, le jugement sévère de Kralik et le numéro de flagornerie de Vadas. C’est aussi ce qui fera engager Klara Novak.

Le premier argument est l’infidélité de madame Matuschek (personnage absent du film comme de la pièce), mais cet argument est résolu à la moitié du film. Le second est la correspondance entre Klara et Kralik.

Comme toujours chez Lubitsch, les situations sont exposées sans cet insistance si typique du cinéma hollywoodien (et pas seulement hollywoodien). Rien n’est laissé au hasard et cependant, tout est montré en finesse par petites touches (la « Lubitsch Touch » ?).

Que dire de la direction d’acteurs ? Comment évoquer la perfection ? James Stewart, Frank Morgan, Felix Bressart et William Tracy (l’inénarrable Pepi) sont d’une justesse qui devrait servir d’exemple. Joseph Schildkraut abonné aux rôles de méchants un peu précieux, fait partie des grands seconds rôles de la M.G.M. de l’époque (il était le duc d’Orléans dans la Marie-Antoinette de Woody S. Van Dyke).

Quant à Margaret Sullavan, elle joue son rôle sans aucun naturel avec une voix légèrement rauque qu’on imagine plutôt chez une star « glamorous ». Et on apprend pourquoi dans la dernière séquence du film, réalisant, du même coup, qu’au niveau des comédiens, c’est elle qui emporte le morceau.

Faire croire pendant tout un film qu’une comédienne est médiocre pour montrer à la fin que c’est elle qui domine la distribution, c’est peut-être aussi ça la « Lubitsch Touch ».

vendredi 10 juillet 2026

The Company Men


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The Company Men (2010) de John Wells

 Bobby Walker est, jusqu’à la caricature, le cadre supérieur américain type : maison somptueuse, Porsche neuve, inscription à l’année au Golf local le plus chic, arrogance…

Mais pour contenter les actionnaires et arrondir leurs dividendes, la société de transports pour laquelle Bob travaille doit « dégraisser ». Quelques cadres sont « sacqués ».

Bobby est inscrit à une agence d’aide à la recherche d’emploi et il est absolument sûr que le cadre brillant qu’il est trouvera du travail « chez la concurrence » et qu’il reprendra sa clientèle.

Il dédaigne l’offre de son beau-frère Jack qui se donne beaucoup de mal à faire vivre sa petite boîte de B.T.P.

Nous sommes ici en présence d’un blockbuster hollywoodien : alors, bien sûr, la pauvreté soudaine de Bobby Walker se limite à abandonner sa belle maison (une catastrophe !), son abonnement au golf (un déchirement !), sa Porsche  (un arrachement !) et l’oblige, lui et sa famille, à retourner vivre chez ses parents (une honte !).

Bref, tout ça est très relatif. Pas de soupe populaire, pas de « homeless », aucun signe de ce « misérabilisme » qui représente, malheureusement des personnes et des situations bien réelles, ce qu’on appelle « le quart-monde ». Et tout le monde sait que le quart-monde qui peuple « la plus grande démocratie du monde » qui est également la « première puissance mondiale », que ce quart-monde américain donc, est celui au sein duquel on trouve l’une des plus noires misères possibles dans un pays industrialisé et l’Inde, la Chine et le Brésil sont des pays industrialisés.

De plus, le film se termine bien puisque Bobby Walker retrouve du travail grâce à l’ex-bras droit de l’ex-patron, viré lui aussi, qui monte sa propre boîte. Et Bobby Walker retrouve toute son arrogance et cette morgue qui donne sérieusement envie de le baffer. On peut donc considérer que ce sale petit con n’a rien compris.

Et on a bien l’impression que cette arrogance du style « Allez, au boulot ! » est totalement assumée au premier degré par le scénario et la réalisation.

Rien à redire au niveau de l’interprétation : Tommy Lee Jones, Chris Cooper, Kevin Costner, Eammon Walker (ces deux derniers un peu empâtés depuis qu’on ne les avait vus) et surtout Ben Affleck sont parfaits.

Et parmi tous ces licenciés, il y a tout de même un suicide, mais le film reste un produit aseptisé manquant un peu de méchanceté et qui se laisse regarder sans déplaisir jusqu’à ce que ce happy end, à la fois invraisemblable et convenu, ne laisse une mauvaise impression.

mercredi 8 juillet 2026

Trap Street


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Shuiyin Jie (Trap Street) (2013) deVivian Qu

 Qiuming Li est géomètre. Il fait des relevés topographiques des rues avec son collègue Sheng Zheng.

Un jour, il remarque une belle jeune femme qui disparaît dans une rue adjacente.

Il est subjugué et va tout faire pour la retrouver.

Mais lorsqu’il la retrouve, elle oublie dans sa voiture une clef USB qui va valoir beaucoup d’ennui à Li.

Il y a quelques décennies, le sujet aurait pu être la base d’un thriller palpitant : un jeune géomètre tombe amoureux fou d’une jeune fille qu’il a croisée, mais la jeune fille travaille dans un milieu « sensible » et le jeune amoureux se piège lui-même et se retrouve soupçonné d’espionnage.

Dans une « démocratie » du type Chine Populaire, on peut imaginer que tout cela peut vous mener loin !

Malheureusement, Vivian Qu filme comme on filme aujourd’hui (Quelle horreur ! Je commence à avoir des discours de vieux con !), en délitant l’action et en la plombant de plans qui se veulent sur-signifiants et ne sont qu’exagérément étirés, même si on peut reconnaître à la jeune cinéaste un certain savoir faire.

Mais l’intérêt tombe rapidement devant ces longs plans inutiles, voire incongrus (certains plans de coupes sont entièrement indépendants du contexte) et il y a même des séquences entières dont on se demande si elles n’ont pas été prises d’un autre film et montées là par erreur.

mardi 7 juillet 2026

La Communion solennelle

 


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La Communion solennelle (1976) de René Feret


Dans une cour de ferme du nord, une nombreuse famille est attablée. Il s’agît de la famille Dauchy-Gravet dont l’histoire commence en 1900.

Jules Ternolin veut donner sa fille Mathilde en mariage à Charles Gravet, fils d’un riche propriétaire, mais c’est la cadette, Julie Ternolin que Charles épousera.

A la même époque, François Dauchy, un mineur, a une liaison avec Marie, une femme mariée. Il lui fait un enfant, Raoul, mais c’est sa sœur Lise qu’il épouse.

Après avoir fait cinq enfants à Julie, Charles abandonne sa famille…

René Feret a fait des rapports familiaux le pivot de tous ses films. Et l’un de ses mérites les plus évidents est la tendresse avec laquelle il nous montre sa province natale, ce Nord mal aimé.

La Communion solennelle est un essai certes intéressant, mais assez maladroit. Basé sur des histoires de fesses et d’héritages (comme le sont la plupart des histoires de paysans), le film fait se croiser beaucoup trop de personnages qu’une double interprétation (pour le personnage jeune et le personnage vieux) vient encore rendre moins repérables et donc moins attachants. Le tout est fortement alourdi par une ballade chevrotée par Serge Reggiani.

Baptême, dans le même style, et Les Frères Gravet, complètement différent, ont une autre portée.