Slava (Glory) de Kristina Grozeva et Peter Valchanov (2016)
Tzanko Petrov est cantonnier et bègue. Il nettoie une voie ferrée lorsqu’il trouve des billets de banque répandus sur le ballast.
Au lieu de les garder, il les remet à son administration, en l’occurrence au Ministère des transports.
Julia Staykova, chargée de communication dudit ministère, organise une cérémonie, devant la presse bien sûr, pour le remercier publiquement et glorifier son civisme.
Pendant la cérémonie, elle lui offre une montre numérique moderne (qui ne fonctionne pas) et pour lui poser officiellement, elle lui retire sa montre « Glory » qui lui venait de son père en lui assurant, discrètement, qu’elle lui rendra après.
Mais la technocrate à « haute responsabilité », a autre chose à faire que de s’occuper de la vieille montre d’un bouseux.
Et le bouseux, lui, va s’acharner à récupérer sa montre et ça va lui coûter très cher.
Le film est Bulgare et se situe en Bulgarie, mais il est universel dans son propos.
La morale de l’histoire, c’est que l’honnêteté à outrance et la recherche de la justice est un luxe qu’un pauvre cantonnier bègue ne pourra jamais s’offrir.
Le pauvre bonhomme qui va s’acharner jusqu’à sa propre destruction s’oppose, en l’occurrence, à une pétasse de pouvoir, la « chargée de communication » du ministère des transports, qui a des choses bien plus importantes à régler, principalement ses propres problèmes de grossesse tardive (car elle n’est plus toute jeune) : qu’est-ce qu’elle peut bien avoir à faire de l’obstination d’un bouseux qui s’est attaché (bêtement !) à une montre bracelet que lui a offert son bouseux de père, aujourd’hui décédé ?
Fait aggravant, le cantonnier est bègue, ce qui agace tout le monde. Et il met autant d’obstination à finir ses phrases qu’à retrouver sa montre ; et tout le monde se fout et de ses phrases et de sa montre.
Même l’opposant politique qui veut se servir de Tzanko va jeter l’éponge et en rendant publiques les doléances du pauvre cantonnier, ce magouilleur politique va faire perdre son boulot au pauvre homme.
Tout le film est remarquablement interprété par, entre autres, Stefan Denolyubov et Margita Gosheva. Mais l’ensemble du casting est excellent.
Glory joue la carte de l’humour noir qui ne dédaigne pas le vitriol, ce qui est particulièrement réjouissant.
Et c’est tout à fait évident dans l’ellipse finale, vacharde à souhait et particulièrement réussie !

















