mercredi 8 juillet 2026

Trap Street


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Shuiyin Jie (Trap Street) (2013) deVivian Qu

 Qiuming Li est géomètre. Il fait des relevés topographiques des rues avec son collègue Sheng Zheng.

Un jour, il remarque une belle jeune femme qui disparaît dans une rue adjacente.

Il est subjugué et va tout faire pour la retrouver.

Mais lorsqu’il la retrouve, elle oublie dans sa voiture une clef USB qui va valoir beaucoup d’ennui à Li.

Il y a quelques décennies, le sujet aurait pu être la base d’un thriller palpitant : un jeune géomètre tombe amoureux fou d’une jeune fille qu’il a croisée, mais la jeune fille travaille dans un milieu « sensible » et le jeune amoureux se piège lui-même et se retrouve soupçonné d’espionnage.

Dans une « démocratie » du type Chine Populaire, on peut imaginer que tout cela peut vous mener loin !

Malheureusement, Vivian Qu filme comme on filme aujourd’hui (Quelle horreur ! Je commence à avoir des discours de vieux con !), en délitant l’action et en la plombant de plans qui se veulent sur-signifiants et ne sont qu’exagérément étirés, même si on peut reconnaître à la jeune cinéaste un certain savoir faire.

Mais l’intérêt tombe rapidement devant ces longs plans inutiles, voire incongrus (certains plans de coupes sont entièrement indépendants du contexte) et il y a même des séquences entières dont on se demande si elles n’ont pas été prises d’un autre film et montées là par erreur.

mardi 7 juillet 2026

La Communion solennelle

 


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La Communion solennelle (1976) de René Feret


Dans une cour de ferme du nord, une nombreuse famille est attablée. Il s’agît de la famille Dauchy-Gravet dont l’histoire commence en 1900.

Jules Ternolin veut donner sa fille Mathilde en mariage à Charles Gravet, fils d’un riche propriétaire, mais c’est la cadette, Julie Ternolin que Charles épousera.

A la même époque, François Dauchy, un mineur, a une liaison avec Marie, une femme mariée. Il lui fait un enfant, Raoul, mais c’est sa sœur Lise qu’il épouse.

Après avoir fait cinq enfants à Julie, Charles abandonne sa famille…

René Feret a fait des rapports familiaux le pivot de tous ses films. Et l’un de ses mérites les plus évidents est la tendresse avec laquelle il nous montre sa province natale, ce Nord mal aimé.

La Communion solennelle est un essai certes intéressant, mais assez maladroit. Basé sur des histoires de fesses et d’héritages (comme le sont la plupart des histoires de paysans), le film fait se croiser beaucoup trop de personnages qu’une double interprétation (pour le personnage jeune et le personnage vieux) vient encore rendre moins repérables et donc moins attachants. Le tout est fortement alourdi par une ballade chevrotée par Serge Reggiani.

Baptême, dans le même style, et Les Frères Gravet, complètement différent, ont une autre portée.

lundi 6 juillet 2026

Si tu meurs, je te tue


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Si tu meurs, je te tue (2010) d’Hiner Saleem

 Philippe vient de sortir de prison. Dans un café, il rencontre Avdal. Il le dépanne, notamment en l’hébergeant. Ils deviennent amis.

Avdal veut faire venir sa fiancée Siba à Paris. Il vient de Belgique et il est toujours à la recherche d’un criminel de guerre irakien qu’il doit exécuter.

C’est alors qu’il vient de demander à Philippe de lui trouver du travail qu’Avdal, dans un autobus, succombe à une crise cardiaque.

Le même jour et ignorant bien sûr le décès d’Avdal, Siba arrive à Orly.

Alors même qu’on reproche souvent à nos réalisateurs des invraisemblances de scénarios, les critiques ont été positivement dithyrambiques avec ce petit film, certes très sympathique, mais au scénario très peu maîtrisé.

Ce qui ne pardonne pas dans un film, c’est l’accumulation de détails inutiles dans lesquels le meilleur scénariste du monde va finir, de toute façon, par se prendre les pieds.

Si les personnages de Jane Birkin et de Mylène Demongeot n’apportent pas grand-chose à la dramaturgie, elles ont la « fonction » très précise et indispensable d’être des modèles et des soutiens féminins français pour le personnage de Siba.

D’autres détails, en revanche, sont un peu foutraques. Quand on sait l’obsession sécuritaire des trous du cul qui nous gouvernent, voir ces Kurdes, ethnie floue, donc suspect, venant de trois pays « sensibles », l’un qui frappe à la porte de l’Europe, le deuxième en guerre et le troisième, « ennemi de l’occident » appliquant la charia et ayant à sa tête, après des élections très probablement truquées, un gouvernement d’islamistes intégristes, voir ces Kurdes, dis-je, un peuple opprimé du Moyen Orient, entrer sans problème dans notre beau pays a des relents au mieux d’angélisme commode qui permet de plier les évènements à l’histoire qu’on veut raconter sans trop se soucier de vraisemblance, au pire de négligence et de facilité.

On se demande effectivement comment Siba peut arriver aussi facilement en France pour rejoindre un fiancé errant (mais qui se trimballe avec une coquette somme d’argent), comment le père d’Avdal peut, quant à lui, venir sans visa en une journée alors que son fils est mort subitement, pourquoi le fils en question est prêt à se prostituer parce qu’il a besoin d’argent, mais a sur lui une somme qui lui permettrait de vivre plus que décemment.

Lorsqu’on reproche à Philippe Claudel (qui n’a probablement pas la carte) d’être invraisemblable à cause d’une question qu’il fait poser à un de ses personnages à propos de Vivaldi (dans Tous les soleils), il est assez mal venu de se dire que l’accumulation de ces détails qui ne « jointent pas », alors qu’ils n’ont, par ailleurs, pas la moindre importance, n’enlève rien « aux merveilleuses qualités de ce film ».

Reste un humour noir assez réjouissant, notamment autour des cendres du pauvre Avdal et les gaffes drolatiques du « clan des Kurdes » qui sont sept comme les nains de Blanche-Neige, potaches comme les Pieds Nickelés et bêtes comme les Dalton.

Reste aussi l’excellente interprétation de Jonathan Zaccai (Philippe), de Billy Demirtas (Avdal), des belles apparitions de Jane Birkin et de Mylène Demongeot et un peu plus convenu de Menderes Samancilar (le père d’Avdal). N’oublions pas « les Pieds Nickelés » mené par Ozz Nujen et, surtout, la très belle et très talentueuse Golshifteh Farahani, actrice iranienne interdite dans son pays pour avoir publiquement retiré son voile : elle est la douce Siba et la scène au cours de laquelle elle apprend la mort de son fiancé est bouleversante, grâce à elle.

Un film sympathique, plein de qualités, mais, n’en déplaise aux critiques parisiens, pas exempts de défauts.

mercredi 1 juillet 2026

Les Compagnons de la Marguerite

 


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Les Compagnons de la Marguerite (1966) de Jean-Pierre Mocky


Matouzec, dit Matou, est fonctionnaire à la Bibliothèque Nationale. Très doué dans la « correction » de documents « historiques », il songe tout-à-coup qu’il a là l’occasion de se « démarier » de son acariâtre épouse en trafiquant les registres d’état civil. Mais il a besoin de trouver un autre couple pour pratiquer un « échange d’identité ». pour cela, il a recours au moyen le plus simple : la petite annonce.

 

La petite annonce en question émeut fortement la police et, plus particulièrement, la brigade des us et coutumes. L’inspecteur Leloup est mis sur l’affaire et décide même de s’investir personnellement en répondant à la petite annonce.

Mocky, c’est bien connu a toujours réalisé des films de potaches. Et parmi ses interprètes de prédilection, il y avait toujours Bourvil et Francis Blanche. Ici, il n’y a pas Bourvil et il y a Francis Blanche.

Par un juste retournement des choses, dans la longue filmographie de Francis Blanche et en dehors des « grands » Lautner (Les Tontons flingueurs, Les Barbouzes), on ne retient aujourd’hui que les Mocky. Et celui-ci est l’un des plus réussi, voire le plus réussi.

Toutes les qualités de Mocky sans les défauts ! Que demander de plus ?

mardi 30 juin 2026

Si Versailles m’était conté

 


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Si Versailles m’était conté (1953) de Sacha Guitry


Alors qu’il se promène avec son fils, le roi Henri IV se perd dans une forêt proche d’un hameau appelé Versailles. Des années plus tard, en hommage à son père, Louis XIII fait bâtir à Versailles un rendez-vous de chasse qu’il veut petit et discret.

 

Son fils Louis XIV fera agrandir le château jusqu’à en faire l’un des plus grands palais du monde et l’un des plus prestigieux.

Pour Sacha Guitry, ce film devrait sans doute représenter son apothéose. Réalisé en couleurs avec d’énormes moyens, c’est la superproduction du maître. Comme dans Les Perles de la couronne ou Remontons les Champs-Elysées, l’histoire de France est vue par le petit bout de la lorgnette en « vignettes », mais la lourdeur du style s’oppose à la légèreté du propos et ce décalage finit par générer un certain ennui. Quelques bonnes idées de distribution (Claudette Colbert en Montespan) ne sauvent pas le film d’une impression de revue de music-hall un peu trop lourde.

lundi 29 juin 2026

Comme des rois

 


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Comme des rois (2017) de Xabi Molia

Joseph a tout appris à son fils Micka, mais la petite entreprise familiale ne va pas très bien.

Il faut dire que Joseph est criblé de dettes et que l’entreprise en question ne fabrique que… des petites arnaques.

Micka en a assez de cette vie précaire et il voudrait faire une école de cinéma. Mais il ne peut naturellement pas en payer l’inscription.

Néanmoins, il décide d’abandonner son père.

En 2009, Xabi Molia réalisait Huit fois debout, unanimement fêté… sauf par moi.

Je me souviens m’y être copieusement ennuyé pour deux raisons : l’obscénité d’un certain humour sur les « choses de la vie » qui n’ont rien de drôle et, surtout, l’étirement d’un scénario qui se contente de mettre bout à bout des sketches filmés censés faire réfléchir sur des « faits de société », tartes à la crème et passe-partout.

Pierre Desproges (l’a-t-on assez répété !!!) disait qu’on pouvait rire de tout, mais pas avec n’importe qui. Je rajouterais « et pas n’importe comment ». Lorsque l’humour s’invite « à la table des pauvres », ça peut donner ce qu’il y a de meilleur dans le cadre de la comédie italienne par exemple.

Comme des rois n’a pas ce défaut et le côté « social » n’est pas présenté « avec humour », ce qui est bien mieux.

En revanche, comme le film précédent, il souffre désespérément d’étirement et d’un scénario « patchwork » qui enfile les anecdotes comme des perles.

Mais tout cela passe grâce à un casting impeccable, en tête duquel on retrouve (trop) brièvement Sylvie Testud, mais surtout le duo qui tient le film à bout de bras Kad Merad, comme toujours parfait, et le désormais grand et reconnu comme tel malgré son jeune âge Kacey Mottet-Klein.

samedi 27 juin 2026

Nous les femmes




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Siamo donne (Nous les femmes) d’Alfredo Guarini, Gianni Franciolini, Roberto Rossellini, Luigi Zampa et Luchino Visconti (1953)

1er sketch        Un producteur lance un projet qui s’intitule Quatre actrices et un espoir. Les quatre actrices sont des vedettes du cinéma italien. L’espoir sortira d’une série d’audition où des inconnues viennent tenter leur chance.

2ème sketch      Alida Valli, de retour des Etats-Unis, doit tourner un film à Rome. Invitée à une soirée mondaine, elle s’ennuie et va rendre visite à sa masseuse qui fête ses fiançailles. Devant la gentillesse et la simplicité du jeune homme, elle est tentée de le séduire.

3ème sketch      Ingrid Bergman est en guerre contre le coq d’une de ses voisines qui a pris la mauvaise habitude de venir abîmer ses roses.

4ème sketch      Isa Miranda, en revenant d’un tournage, assiste à un accident : un petit garçon vient de se brûler avec un pétard. Elle l’emmène à l’hôpital, puis le ramène chez lui où elle fait a connaissance de ses trois frères et sœurs. Elle prend conscience de son désir de maternité.

5ème sketch      Anna Magnani se heurte à un chauffeur de taxi qui veut lui faire payer un supplément pour son chien.

… Ou comment brasser les pires poncifs sur le miroir aux alouettes (1er sketch), la solitude des stars (2ème et 4ème sketches) qui sont, après tout, des femmes comme les autres (3ème et 5ème sketches).

Les n°1 et 2 se regardent sans déplaisir. Le 4ème est le meilleur et le 5ème le plus drôle grâce au numéro de « Nanarella ». Le 3ème est idiot. Le tout est vain et parfaitement oubliable.

mardi 23 juin 2026

Coming-out


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Coming-out (2018) de Denis Parrot

Des garçons et des filles font leur coming-out devant leur web camera.

Ils racontent leurs souffrances, leurs vies, mais surtout leur homosexualité.

Ces vidéos sont quelquefois le récit raconté d’un coming-out qu’ils ou elles viennent de faire, mais ce sont aussi quelquefois les coming-out eux-mêmes.

Une série de « Coming-out en direct » aurait pu être aussi laborieux qu’une énième série de témoignages face caméra.

L’intérêt de ce film, c’est sa diversité : le passage sur internet peut être le coming-out lui-même ou le compte-rendu de ce coming-out qui a eu lieu avant.

Il va même jusqu’au « coming-out parodique » qui est le passage le plus drôle du film : un garçon « annonce » à sa mère son homosexualité, or non seulement elle le sait déjà (et elle le dit), mais on sent bien que son fils sait qu’elle sait et s’en amuse et lorsqu’elle rit, il prend un air mélodramatique pour lui dire : « Je sors du placard et ça te fait rire !? ». Elle, toujours en riant, lui dit : « Au lieu d’en sortir, tu ferais mieux de le ranger ! »

Mais il y a aussi le passage de la mère américonne (c’est-à-dire cul-bénie hystérique) qui renie son fils qui « brûlera en enfer ! ».

Entre ces deux extrêmes, il y a tous les paliers et c’est passionnant.

On peut dire que, globalement, et mise à part la réaction hystérique susmentionnée, les familles sont « plutôt cool ».

Il m’a semblé que ce sont majoritairement des filles qui font leur coming-out et que, garçons ou filles, ils sont, majoritairement aussi, des Américains et des Américaines.

Ce passionnant documentaire nous fait mesurer le chemin parcouru depuis les actions du F.H.A.R. (Front Homosexuel d’Action Révolutionnaire) après 1968.

Même si Youtube avait existé il y a ne serait-ce que vingt ans, combien de jeunes gens auraient ainsi « avouer » ce qui était encore une honte à l’époque.

Et si, au fond, tout cela n’était jamais que l’envers d’une pièce bien répandu : le « Me, Myself and I », l’égotisme des bobos du monde entier, des nantis.

Car il ne faut jamais oublier que dans certains pays, l’homosexualité est punie de mort et que, même par chez nous, dans certains milieux, des homosexuels SE punissent de mort… en se suicidant.

lundi 22 juin 2026

Sicario

 


Sicario (2015) de Denis Villeneuve

Kate Macer est un agent du F.B.I. Elle travaille à proximité de la zone frontalière entre les Etats-Unis et le Mexique.

Très intègre, elle n’accepte que difficilement les magouilles policières de Matt Gaver, son supérieur hiérarchique.

Bientôt, un individu bizarre vient rejoindre l’équipe au moment où elle investit une maison appartenant à Manuel Diaz, petit trafiquant dont Gaver voudrait connaître le patron.

La maison recèle plusieurs dizaines de cadavres.

Bien que très violent, j’avais placé Incendies très haut, sans doute plus à cause de l’œuvre de Wajdi Mouawad que du film de Villeneuve.

Fort de cette expérience, je m’étais précipité pour voir Prisoners, son film suivant, dont la violence est, par moment, assez insoutenable. Le film m’avait beaucoup plu, mais tout de même moins qu’Incendies. La seule violence que j’avais ressentie devant Enemy, c’est la violente envie de partir pendant la projection. A mon grand regret rétroactif, j’étais resté.

Ici, nous sommes en présence d’un bidule imbuvable vu 300 fois et en bien mieux dans n’importe quelle série télé et alignant les cadavres comme des petits pains, le tout tartiné d’une idéologie douteuse et d’une complaisance à la violence (plans longs et appuyés sur les cadavres momifiés de la maison) qui a fait traiter le film par un critique de « dégueulasse » : il avait raison !

dimanche 21 juin 2026

Les Comédiens

 


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Los Comicos (Les Comédiens) de Juan Antonio Bardem (1953)


Anna Ruiz est comédienne « à 100 pesetas la semaine ». Elle fait partie d’une petite troupe qui vit, principalement, de tournées à travers toute l’Espagne.

 

Chaque comédien a son registre dont il ne sort jamais quelque soit les pièces qu’il joue, d’ailleurs toutes médiocres et parfaitement interchangeables. Le temps d’une tournée, Ana retrouve un comédien avec qui elle a eu une aventure. Il lui propose de partir avec lui et d’abandonner le théâtre.

L’impayable Truffaut a descendu ce film en son temps. Il l’accusait d’avoir plagié… All About Eve. Ou bien il n’avait pas vu le film de Bardem, ou bien il n’avait rien compris au film de Mankiewicz.

Car, à part le théâtre, les deux films se ressemblent autant qu’ Un homme et une femme peut ressembler à L’Intendant Sansho.

Quelle drôle d’idée de rapprocher, même « négativement » un chef d’œuvre de finesse et d’intelligence à ce film bourré de clichés (la star qui ne veut pas vieillir, le traditionnelle « bonne copine » qui s’avère être une garce, etc…), un film mal écrit, mal dialogué, aussi mal joué que les mauvaises pièces dont on ne voit –c’est heureux !- que de très courts extraits ! Mais un film tout de même bien filmé.

Tout cela sent terriblement le renfermé, dominé par LE grand cliché : l’amour du théâtre qui excuse tout. On peut noter au passage que chez Mankiewicz, cette pseudo-noblesse était présenté comme une ignoble roublardise.

Décidément, on est très loin de l’admirable Grand-Rue que Bardem réalisera quelques années plus tard.

Effets secondaires

 


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Side Effects (Effets secondaires) de Steven Soderbergh (2013)

 Emilie est retrouvée couverte de sang et un couteau à la main près du cadavre de son mari. Elle ne se souvient de rien.

Lorsque, quelques temps auparavant, elle a été transportée aux urgences psychiatriques, elle a rencontré le docteur Jon Banks, celui-ci s’aperçoit qu’elle est gravement dépressive, diagnostique confirmé par le docteur Victoria Siebert qu’Emilie avait consulté avant de disparaître.

Sur les conseils du docteur Siebert, Banks prescrit à Emilie un antidépresseur nouveau sur le marché, mais qui va s’avérer avoir des effets secondaires très gênants.

Il y a vingt et un ans, sortait sur les écrans parisiens un film assez banal qui réunissait Richard Gere, Kim Bassinger et Uma Thurman.

Richard Gere y était un brillant psychanalyste qui tentait de sauver la femme qu’il aimait, accusée d’avoir tué son mari sous l’emprise d’un médicament.

Naturellement, la belle était une roublarde ayant réussi à rouler le brillant psychanalyste avec les irrévocables arguments qu’on peut imaginer et dont la belle Kim Bassinger ne manquait pas.

Le film était agréable, bien mis en scène par Phil Joannon et s’intitulait Final Analysis (Sang chaud pour meurtre de sang froid).

Et c’était très supérieur à ce film de Soberbergh. Disons, pour être exact, qu’étant passé vingt ans avant, on y pense tout de suite et que ça rend la première moitié du film un peu… obsolète !

Quant à la deuxième moitié (ou « Comment notre psychanalyste va se tirer de cette monstrueuse machination »), c’est mollement écrit et mollement filmé. Du coup, le spectateur s’ennuie et voit venir les péripéties avant qu’elles ne se déroulent en pensant que les futés de la première moitié sont bien bêtes de se faire avoir aussi facilement dans la deuxième.

Rooney Mara est très bien et Jude Law et Catherine Zeta-Jones seraient plutôt mieux que d’habitude.

Mais on ne peut s’empêcher de trouver un nouveau titre au film, « Sang de navet pour meurtre de sang-froid ».

jeudi 18 juin 2026

La Couleur pourpre


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The Color Purple (La Couleur pourpre) de Steven Spielberg (1985)


Au début du siècle, en Géorgie, Celie met au monde un garçon qu’elle nomme Adam, mais qui lui est retiré à la naissance par son père qui est aussi le père de l’enfant qu’il vend à un couple de pasteurs. Celie est réputée par sa laideur : la seule personne qui lui témoigne une réelle affection est sa sœur Nettie.

Celie est mariée par son père à Albert, une brute épaisse qu’elle appellera « Monsieur » toute sa vie. Il est veuf avec trois enfants et une épouse, pour lui, ce n’est jamais qu’une boniche gratuite. Peu après, Nettie arrive chez sa sœur et son « beau-frère », fuyant les avances de son père. Comme elle va à l’école, elle enseigne la lecture à Celie. Mais elle refuse les avances de « Monsieur » qui la jette dehors : elle promet à Celie qu’elle lui restera toujours attachée par les lettres qu’elle lui enverra.

Les années passent…

Sortez les mouchoirs ! Spielberg en fait beaucoup, peut-être plus que dans E.T., mais il n’en fait pas trop. C’est sans doute là que réside sinon son talent, du moins son habileté. Ce n’est que plus tard (La Liste de Schindler) qu’il se laissera emporter. Mais ici, il fait preuve d’un savoir-faire hors du commun qui lui fait « casser » l’émotion par une dose d’humour qui met en valeur les scènes plus spécifiquement « mélos ».

La réalisation, d’un soin extrême, et l’interprétation emportent le spectateur dans un torrent auquel on ne peut rester insensible. Adapté du roman épistolaire d’Alice Walker Cher Bon Dieu qui obtint le prix Pulitzer, La Couleur pourpre nous révéle une future star, Whoopi Goldberg qui porte sur les épaules une grande partie de la réussite de ce « mélo flamboyant ». Le reste de l’interprétation (Danny Glover, Margaret Avery, Oprah Winfrey) est largement à la hauteur.