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Le Sexe faible (1933) de Robert Siodmak
Madame Leroy-Gomez cherche à tous prix à jeter son fils Jimmy dans les bras de la riche Dorothy. Cette mère très attentionnée n’est pas peu fière d’avoir réussi à arranger de très profitables unions pour ses deux autres fils. Mais elle a quelques soucis avec Jimmy, le petit dernier qui s’est amouraché d’une jeune fille pauvre.
De plus, il faut déjouer les manœuvres des gigolos (généralement sud-américains). Heureusement pour madame Leroy-Gomez, le fidèle maître d’hôtel Antoine, veillera à assurer le « bonheur » de tout ce petit monde.
Il y a toujours eu des gigolos, mais ce sont ces comédies « à téléphones blancs » qui en ont faits des personnages propres à amuser les foules, du fait d’un retournement de situations dû à l’émancipation féminine où l’on remplaçait l’homme riche à qui un père peu scrupuleux « fourguait » sa fille par de riches veuves américaines (l’émancipation n’allait tout de même pas jusqu’à mettre en scène des femmes d’affaires ou des femmes chefs d’entreprise !), « courtisées » par des mères(-maquerelles) de pantins gominés, réduits à l’état d’objet de concupiscence et amoureux de jeunes filles pauvres ou d’aventurières.
D’ailleurs, une vieille comtesse vaguement russe se substitue ici au vieux libidineux de service, épris de chair fraîche. Et l’assez mauvaise adaptation de Kosterlitz (futur Henry Koster) et d’Edouard Bourdet (l’auteur de la pièce originale) va plutôt dans le sens d’un plus grand conformisme. Lorsqu’Antoine à la fin de la pièce décide de rentrer chez lui à pieds, il a une réplique méprisante : « J’ai besoin de changer d’air ! ». Or, l’allusion à l’atmosphère nauséabonde tient moins de la dénonciation que d’une critique roublarde qui se complait tout de même dans le… nauséabond.
Et cette réplique même semble étrangement « stérilisé » dans le film, peut-être à cause de l’interprétation « plate » de Victor Boucher, acteur très justement brocardé de nos jours, mais inexplicablement fameux à l’époque.
Côté interprétation d’ailleurs, tout est assez décevant : de l’assez mauvaise Betty Stockfeld à la sublime Marguerite Moréno, en passant par Pierre Brasseur, Mireille Balin, José Noguero, Suzanne Dantès et bien d’autres, tout le monde est ennuyeux, sauf peut-être la volcanique Jeanne Cheirel, la maman qui veut « assurer le bonheur de ses petits ». Il est à noter que cette madame Leroy-Gomez a également une fille qui semble très bien réussir en travaillant, ce qui faisait beaucoup rire, sans doute, dans les années trente.
Car c’est là que le bât blesse : tout cela sent terriblement la naphtaline. Si on apprécie encore les pièces de boulevard de Flers et Caillavet, certes plus anciennes et beaucoup moins « caustiques », c’est tout simplement qu’elles sont bien troussées et franchement drôles. Chez Bourdet, sorti d’une critique de mœurs assez conventionnelle, on s’amuse moins.
















