dimanche 8 mars 2026

La Chute de l’empire américain


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La Chute de l’empire américain (2018) de Denys Arcand

Pierre-Paul Daoust, docteur en philosophie, est chauffeur-livreur.

Et c’est lors d’une livraison qu’il assiste à la fin d’un hold-up dans un magasin discount : il est témoin de la mort de deux personnes, un des braqueurs et un agent de sécurité, alors que le deuxième braqueur s’enfuit, blessé, en abandonnant les sacs contenant le butin.

Pierre-Paul s’en saisit et a le temps de déposer l’argent chez lui. Dans un premier temps, il profite de cette soudaine richesse pour se payer les services d’une somptueuse call-girl, Aspasie, une des plus chères de Montréal.

Comme il craint de se faire remarquer par la police (ce qui est déjà le cas avec la call-girl), il fait appel à un repris de justice, Sylvain Bigras, grand expert des placements financiers.

Le problème du film, c’est à la fois son titre et la façon dont il nous a été « vendu », y compris par Denys Arcand lui-même.

Le titre fait référence directement à La Chute de l’empire romain d’Edward Gibbon, ouvrage encyclopédique incontournable pour toute personne s’intéressant au sujet.

Mais pour le public, la vraie référence, c’est Le Déclin de l’empire américain, film du même Denys Arcand de 1986 qui fut suivi par un deuxième volet Les Invasions barbares, 17 ans plus tard qui mettait en scène les mêmes personnages.

Or ici, on nous présente le film dont il est question comme la suite des Invasions barbares alors qu’il ne s’agit pas des mêmes personnages. D’ailleurs, il n’y a que deux comédiens du diptyque qu’on retrouve ici, Remy Girard et Pierre Curzi, et les rôles qu’ils interprètent n’ont rien à voir avec les personnages qu’ils incarnaient dans les deux films précédents.

En dehors de cette petite ambiguïté, le film est une solide comédie policière, très drôle, dans laquelle le discours politique, comme toujours chez Arcand n’est jamais très loin.

Une bonne comédie, et celle-ci est bonne, se doit d’avoir le bon casting et, ici, les comédiens sont excellents : en dehors des deux arsouilles précitées (je parle de leurs personnages, bien sûr !) Sylvain « The Brain » Bigras et Maître Wilbrod Taschereau, il y a Alexandre Landry (Pierre-Paul), Maripier Morin, Aspasie/Camille, la call-girl au grand cœur, Louis Morisette et Maxine Roy, le duo de flics, très attachants au bout du compte.

Le film est mené tambour battant et le rythme gagnerait un peu sans la romance Pierre-Paul/Camille qui a un peu tendance à tout ralentir.

Mais tel qu’il est le film est drôle et passionnant.

samedi 7 mars 2026

Sorry, We Missed You

 


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Sorry, We Missed You (2019) de Ken Loach

À Newcastle, Ricky et Abby forment un couple soudé avec leurs deux enfants, Seb et Liza Jane.

Abby est « aide à la personne » et s’occupe de personnes âgées. Ricky, après toute une série de petits boulots, est attiré par le nouveau « miroir aux alouettes » de l’époque numérique, « l’ubérisation », qui donne aux prolos le statut (et surtout l’impression) d’être son propre patron.

Abby vend sa voiture (dont elle avait pourtant un besoin impératif) pour que Ricky puisse acheter une camionnette, son instrument de travail.

Mais il va être pris dans un engrenage épouvantable dans lequel il doit courir tout le temps pour tout juste gagner de quoi vivre.

Ken Loach n’a jamais fait mystère de ses convictions politiques et de son radicalisme marxiste, depuis son premier film Poor Cow (Pas de larmes pour Joy) en 1967.

Mais Ken Loach, comme tout le monde, vieillit : il a eu 83 ans cette année. 33 films plus tard, les convictions sont intactes, mais son style « à la Dickens » est comme lui, il a pris de l’âge !

Et, surtout, ce qui est excessif est sans valeur. Depuis quelques années, Loach a tendance à surligner tout ce qui se rapporte à ce qu’on peut définir comme un néo-esclavagisme, mais souvent, il continue à y mettre un peu d’humour (comme dans Moi, Daniel Blake).

Dans ce film-ci, il ne met aucun humour : le premier tiers qui nous montre le discours mensonger et toxique des promoteurs de cette saloperie qu’on appelle « l’ubérisation » est ce qu’il y a de plus réussi, ainsi que l’impeccable casting.

Pour le reste, Loach a quand même beaucoup trop chargé la mule, cette fois-ci !

vendredi 6 mars 2026

Séjour dans les monts Fuchun


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Chun Jiang Shui (富春山居圖) (Séjour dans les monts Fuchun)

de Gu Xiaogang (2019)

Dans le restaurant qui appartient à l’un de ses fils, une femme fête ses 70 ans entourée de ses quatre fils, leurs compagnes et leurs enfants.

Mais au milieu de la soirée, la vieille dame a un malaise : elle est en train de faire un A.V.C. Du coup, elle doit être prise en charge par ses fils, mais les quatre hommes sont endettés.

Celui qui est propriétaire du restaurant, son fils aîné la prend tout de même.

Séjour dans les monts Fuchun, c’est d’abord un rouleau peint horizontal peint au 14ème siècle par Huang Gongwang.

Tel que je l’ai vu, le film m’a semblé décrire la vie de personnages dotés de caractères qui ont la finesses psychologique de personnages de séries TV.

Mais qui suis-je pour juger ? Je suis quelqu’un qui a dormi pendant la première demi-heure du film et a piqué quelques mini-roupillons pendant le reste du film.

Alors, à revoir… ou pas !...

jeudi 5 mars 2026

Sound of Noise

 


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Sound of Noise (2008) d’Ola Simonsson et Johannes Stjarne Nilsson

Dans la famille Warnebring, on est musicien de père en fils : le père était chef d’orchestre, la mère est pianiste et Oscar, le plus jeune fils a repris la baguette de son père.

Seul Amadeus (devinez pourquoi ses parents lui ont donné ce prénom), qui est flic, n’a rien à voir avec la musique. Et pour cause ! Il déteste ça.

Pendant ce temps, Sana et Magnus recrutent six percussionnistes en vue de la représentation unique de la dernière œuvre de Magnus « Pièce pour ville en six mouvements ».

Et l’exécution de cette œuvre exige certaines actions un peu hors-la-loi, comme l’utilisation d’un malade et d’une salle d’opération pour le premier mouvement, un (faux) hold-up dans une banque pour le deuxième, etc…

Amadeux Warnebring est chargé de l’enquête.

Anticonformiste, décalé et surtout drôle, c’est ainsi qu’on a classé ce film inclassable. Le scénario est aussi inventif que la partition de Magnus et la mise en scène aussi originale que l’exécution du concert lui-même.

Du coup, on regrette un peu de ne pas « entendre » l’œuvre jusqu’au bout puisque le film s’arrête au quatrième mouvement.

Il est vrai que l’intrigue policière n’est pas un prétexte très convaincant, mais elle ne nuit pas au film, à cette œuvre « potache et musicale ».

dimanche 1 mars 2026

Nuits d’ivresse printanière


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Chun Feng Chen Zui De Ye Wan (春風沉醉的晚上) (Nuits d’ivresse printanière) de Lou Ye (2009)

Wang Ping et Jian Cheng sont amants. Mais Wing Ping est marié et sa femme, le fait suivre par un détective privé Luo Hai tao. Mais elle ne soupçonne pas que la liaison de son mari est un homme.

 

Après le scandale que provoque la femme de Wang Ping, Jian Cheng le quitte et il rencontre Luo Hai tao avec qui il a une liaison torride. Li Jing, ex-petite amie de Luo Hai tao, se joint au couple pour quitter la ville.

Lou Ye est un cinéaste courageux. Après avoir parlé de la jeunesse paumée de Shanghaï dans Week-end Lover, son premier long métrage, après que son deuxième long métrage Suzhou River a été interdit en Chine, il réalisera un film sur le conflit sino-japonais dans les années 30 et surtout Une jeunesse chinoise où il est question des évènements de la place Tien An Mein, ce qui lui vaudra une interdiction de tourner en Chine pendant cinq ans.

Tout cela est bien beau et exprime de bien bons sentiments, mais tout le monde sait bien qu’on ne fait pas du bon cinéma avec de bons sentiments et donner, au festival de Cannes 2009, le prix du scénario à cette histoire stupide, mal foutue, inintéressante et imbuvable dénote d’une certaine… disons, légèreté.

Si on ajoute à ça une interprétation grotesque, des personnages inintéressants, une musique pesante et prétentieuse, une image d’une laideur à hurler et une réalisation vide jusqu’au vertige, on obtient ce pensum stupide avec scènes de cul homo. Ça fait un peu exotique pour la Chine, mais ce n’est pas très intéressant.


vendredi 27 février 2026

Source code

 


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Source code (2011) de Duncan Jones

Le capitaine Colter Stevens se réveille en sursaut dans un train de banlieue.

En face de lui, une jeune femme qu’il n’a jamais vue l’appelle Sean. Quelques menus incidents émaillent le voyage. Puis le train s’arrête pour son dernier arrêt avant son terminus, Chicago.

Mais avant d’arriver à destination, le train explose.

Colter se réveille dans un caisson, face à un moniteur vidéo. Le capitaine Colleen Goodwin lui apprend qu’il est le cœur même d’une nouvelle expérience, le « code source ». Ça consiste à le projeter dans le corps d’une victime d’attentat et de revivre les huit dernières minutes de la personne en question.

Le but de l’opération est de lui faire revivre ces huit minutes autant de fois qu’il le faudra pour qu’il puisse démasquer l’auteur de l’attentat dont les autorités savent qu’il ne s’agit que d’un avertissement          avant un autre attentat beaucoup plus meurtrier perpétré par le même auteur.

On a beaucoup évoqué à propos de ce film de Duncan Jones Un jour sans fin d’Harold Ramis.

Un présentateur météo de la télévision new-yorkaise en déplacement professionnel se réveille tous les matins « le même jour ». Après avoir profité, ou tenté de profiter, bêtement, de cette aubaine, la répétition de ce Jour sans fin lui permettait de devenir meilleur. On oscillait donc entre la comédie et la fable et le recommencement permanent du jour en question n’était jamais expliqué.

Ici, nous ne sommes ni dans la comédie, ni dans la fable. On est dans la science fiction et, naturellement, tout doit être expliqué et les explications « scientifiques » sont, comme toujours dans ce genre précis de film, un peu ridicules.

De plus, au bout d’une heure, cette scène de train recommencée pour la sixième ou septième fois finit par lasser.

Mais on se remet en selle assez rapidement et on regarde la fin (heureusement, le film n’est pas trop long) sinon avec plaisir, tout au moins sans ennui.

jeudi 26 février 2026

Chronicle

 


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Chronicle (2012) de Josh Trank

 Andrew Detmer est un adolescent introverti qui a du mal à communiquer, coincé entre un père ivrogne et brutal et une mère quasi-mourante. Son seul lien avec l’extérieur est son cousin Matt.

La dernière marotte d’Andrew est de filmer toute sa vie et celle de son entourage, ce qui agace pas mal de monde.

Un soir, Matt, Andrew et leur copain Steve trouvent une sorte de grotte et entrent dedans. Ils font la découverte d’une sorte d’engin extra-terrestre.

Lorsqu’ils ressortent de la grotte, ils sont tous les trois doués du pouvoir de télékinésie (déplacer les objets sans les mains, par la seule force mentale).

Si Matt et Steve s’en servent à des fins ludiques, Andrew, lui, commence à se considérer comme supérieur au reste de l’humanité.

Au-delà de cette histoire qui rappelle vaguement Carrie de Brian De Palma, le film se veut un exercice de style puisque l’image est, sauf dans la séquence de dénouement, ce que filme Andrew.

A ce niveau-là, c’est assez réussi, car l’image est juste assez « foutraque » (en apparence) pour qu’on puisse croire qu’il s’agit d’un film amateur, alors que le grain et la lumière, sans avoir rien d’exceptionnel, prouvent bien que nous sommes face à une image « professionnelle » très propre. Et encore une fois, ça, c’est le côté réussi.

Ce qui l’est moins, c’est le scénario : Carrie était un film de Brian De Palma dont le scénario de Lawrence D. Cohen adaptait un roman de Stephen King. Ce qu’il manque à Chronicle, c’est peut-être un King, un Cohen ou un De Palma.

Du coup, le « bon point » que le film avait acquis grâce à son mode de narration original se trouve plombé par ce scénario des plus convenu qui essaie de « culminer » dans un final apocalyptique assez ridicule.

Au niveau de l’interprétation, et pour poursuivre la comparaison avec le film de De Palma, nous sommes très loin de Sissy Spacek, Nancy Allen, Piper Laurie et Amy Irving, voire John Travolta qui n’était pourtant pas immense en 1976.

Il est bien dommage de gâcher ainsi un postulat de départ intéressant (c’est le personnage principal qui filme) par un scénario inepte et sans intérêt.

mercredi 25 février 2026

Sous le sable


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Sous le sable (2000) de François Ozon

Marie et Jean arrivent dans leur maison des Landes pour des vacances. Le lendemain de leur arrivée, ils vont à la plage. Jean va se baigner, alors que Marie s’assoupit sur la plage. Lorsqu’elle se réveille, Jean a disparu.

 

De retour à Paris, Marie se comporte exactement comme si Jean vivait toujours avec elle et elle refuse absolument toute allusion à la disparition de son mari. Sa meilleure amie lui présente Vincent avec qui elle a une aventure, mais elle continue à vivre comme si Jean était là, malgré les difficultés, principalement financières, que sa disparition occasionne.

On pense à Truly, Madly, Deeply, le joli film d’Anthony Minghella : une jeune femme refuse son veuvage et ce refus l’amène à continuer à vivre avec un être qui n’existe plus.

Minghella partait du fantastique (le retour inexplicable et inexpliqué d’un mort bien vivant alors que son décès est clairement établi) pour arriver à la poésie d’un Orphée inversé : son héroïne ne va pas chercher l’homme qu’elle aime aux enfers, c’est lui qui revient pour l’accompagner le temps qu’elle reprenne psychologiquement sa place parmi les vivants, qu’elle « fasse son deuil » selon cette expression sortie tout droit du discours psychanalytique et qui aurait bien dû y rester quand on entend l’usage excessif qu’on en fait maintenant.

L’héroïne d’Ozon semble plutôt souffrir de psychose : les apparitions (rares et maladroites) de Jean ne sont pas présentées comme autre chose que des hallucinations d’une femme que la disparition inexplicable de son mari a fait basculer dans la folie. On cherche, on attend le coup de théâtre. Jean a-t-il jamais existé ? Le début du film (jusqu’à la disparition de Jean) n’est-il pas la représentation du délire d’une femme qui n’a jamais pu supporter la solitude et s’est inventé un mari ? Dans ce cas, la disparition de Jean, loin de provoquer le déséquilibre de Marie, représenterait la première étape d’une guérison.

Mais ce n’est qu’une des pistes offertes à un spectateur probablement aussi désorienté que les scénaristes eux-mêmes. Il ne sait pas où l’amène un scénario qui ne semble pas savoir où il va. La mise en scène brillante d’Ozon et l’excellente interprétation de Charlotte Rampling ne parviennent pas à faire décoller un scénario hésitant jusqu’à la mollesse.

lundi 23 février 2026

Soy Nero


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Soy Nero (2016) de Rafi Pitts

Nero, d’origine mexicaine, est né aux Etats-Unis.

A l’âge de 19 ans, il est renvoyé au Mexique, car ses parents étaient en situation irrégulière.

N’ayant aucune raison de rester dans un pays qu’il ne connaît pas, il veut retourner aux Etats-Unis et se faire engager dans l’armée pour acquérir la nationalité.

Il parvient à retrouver son frère Jesus qui vit à Los Angeles.

En 2010, Rafi Pitts réalisait (et interprétait dans la foulée…) The Hunter, un pensum longuet, oubliable et encensé par une critique unanime.

Il en va de même pour ce film-ci. Pourquoi ? Ça, je ne sais pas !

Le rythme est lent, le scénario part dans tous les sens.

En fait, il se divise en trois parties bêtement et scolairement de durées équivalentes.

Première partie : Nero tente de retourner aux Etats-Unis. Dès qu’il a réussi, il part à la recherche de son frère qui vit à Beverly Hills (deuxième partie) dans une somptueuse villa qui semble lui appartenir et où il vit avec une très jolie fille. Mais en fait, le couple n’est que « concierge » et « femme de chambre » d’une rock-star et de sa moitié.

Il donne ses papiers à son frère qui, ainsi, va se faire engager dans l’armée ce qui lui permettra d’avoir ses papiers (sauf qu’ils seront au nom de son frère, mais ça, le merveilleux Rafi Pitts et son sublime scénario n’en ont rien à faire !).

Nous voici donc dans la troisième partie qui veut, visiblement, faire penser au Désert des Tartares. Mais Rafi Pitts n’a ni le talent de Buzzati, ni celui de Zurlini.

C’est très long, pas trop mal filmé et pas très intéressant.

Chucky, la poupée de sang 3

 


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Child’s Play 3 (Chucky, la poupée de sang 3) de Jack Bender (1991)

(Ciné-Cinémas – 07/10/98)

Malgré l’affaire déjà ancienne, Andy Barclay, la firme créatrice de la poupée « Good Guys » s’apprête à recommercialiser la sinistre poupée, auteur de plusieurs meurtres sous le nom de Chucky (Child’s Play). L’usine offre la première poupée sortie au P.D.G. de la firme ; il sera assassiné par Chucky.

 

Andy, dont l’histoire lui a valu pas mal d’ennuis, se retrouve dans une académie militaire où son passé tumultueux en fait la tête de turc de tous les apprenties-ganaches qui l’entourent. Chucky se « fait livrer » à Andy. La poupée a absolument besoin de lui pour se « réincarner ».

Opus 3 des aventures de l’antipathique Chucky : même si, dans ce film-ci, la « Poupée de sang » s’en prend à des militaires sadiques et bornés, on se lasse vite de voir lesdites ganaches se faire dessouder par ce « Good Guy » diabolique. Le mécanisme usé tourne à vide et c’est probablement pire dans l’opus 4 (Chucky’s Pride – La Fiancée de Chucky) qui vient de sortir aux Etats-Unis.

A noter au niveau de l’interprétation le rôle indigent d’un petit noir dont j’ai oublié le nom : ou nous sommes en présence du meilleur acteur de sa génération (et de bien d’autres…) ou il a été engagé pour sa tronche d’andouille. Il est crétin à souhait, ce qui n’a rien d’exceptionnel dans une école militaire.

samedi 21 février 2026

L’Incinérateur de cadavres

 


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Spalovac Mrtvol (L’Incinérateur de cadavres) de Juraj Hertz (1969)

(Arte – 31/01/00)

Karl Kopringe est un Tchèque d’origine allemande. Il est incinérateur au cimetière municipal. Chez lui, on ne parle que Tchèque ou plutôt, il ne parle que Tchèque puisqu’il n’y a que lui qui parle.

 

Il ne veut de mal à personne. Pourtant, il adhère aux « nouvelles idées » lorsque l’armée allemande envahit son pays.

Après l’entrée à Prague des chars des armées du pacte de Varsovie en 1968, la Tchécoslovaquie jouissait en France d’un regain d’intérêt extraordinaire, surtout après la découverte des films tchèques de Milos Forman, « passé » depuis à l’ouest, ou de ceux de Jiri Menzel.

Nos critiques hexagonaux, Boys-scouts incultes, se mirent à admirer sans réserve tout ce qui venait de « la ville dorée » et fêtèrent avec leur hystérie infantile habituelle des « choses » comme celle-ci.

Filmé dans un style prétentieux, affublé d’une musique plus qu’envahissante qui tente de rivaliser avec la logorrhée imbuvable de son « héros », ce portrait d’un con nous est, paraît-il, servi avec beaucoup d’humour… Bof !

Etre dans le vent, c’est avoir un destin de feuilles mortes. Ce magma sot, verbeux, prétentieux et ridicule était tellement à la mode qu’il en a snobé plus d’un à l’époque. Heureusement, l’époque a changé. On fait autant de mauvais films de nos jours, mais commençons par oublier ceux-ci !

vendredi 20 février 2026

Chucky, la poupée de sang


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Child’s Play 2 (Chucky, la poupée de sang) de John Lafia (1990)


Andy (le petit garçon de « Child’s Play ») a été confié à un foyer d’enfant. Sa mère, elle, est dans un hôpital psychiatrique. Le petit garçon est adopté par une famille d’accueil.

Alors que sa mère adoptive est très confiante, le mari de celle-ci est beaucoup plus sceptique.

Pendant ce temps, Chucky fait l’objet d’expériences dans l’usine des « Good Guys ». Il réussit à s’échapper et à retrouver la trace d’Andy dans son nouveau foyer.

Le premier inconvénient des suites de films d’horreur est que l’effet de surprise ne peut plus jouer. A ce niveau, ce film-ci ne s’en tire pas trop mal en réunissant à renouveler le thème de la poupée démoniaque avec un certain panache, pas mal de suspense et beaucoup d’humour. La mise en scène est constamment inventive et l’interprétation est excellente, dominée par une simple poupée de plastique qui en fait beaucoup, mais ce n’est pas désagréable !