*
Come See the Paradise (Bienvenue au paradis) d’Alan Parker (1990)
Jack Mac Gurn est un syndicaliste actif. Il milite pour le syndicat des projectionnistes. Mais depuis quelques temps, la mafia utilise des méthodes de persuasion plus musclé (nous sommes en 1936). Chassé par le syndicat, il se retrouve à Los Angeles où il travaille pour un cinéma du « Petit Tokyo » appartenant à monsieur Kawamma.
Il tombe amoureux de Lily, la fille aînée de monsieur Kawamma, mais celui-ci ne veut pas de lui pour gendre. Jack et Lily partent se marier à Seattle.
Après Pearl Harbor, les Japonais sont « regroupés » dans des camps. Jack est séparé de Lily et de leur petite fille Lily. Lui-même est mobilisé.
Dénoncera-t-on assez les méfaits du politiquement correct ? Alan Parker a remporté son plus grand succès avec Midnight Express, un triomphe international, incompréhensible et imbuvable. Au moins, celui-ci n’avait rien de politiquement correct : il était ouvertement raciste, intolérant et fascisant. Non que je prenne les prisons turques pour le paradis terrestre, mais de là à encenser le « pays de la liberté » à travers les sévices subis par un petit trafiquant de drogue, il ne faudrait pas exagérer.
Evidemment, dans Bienvenue au paradis, Parker se fait plus prudent : certes les méchants racistes sont ici américains, mais ce racisme est très peu « incarné » puisqu’il est le fait d’une administration qui fait subir plein de problèmes à tous ces Japonais qui , d’ailleurs, ne sont pas tous des braves gens. Le réalisateur s’appesantit alors sur le repli sur soi, l’intolérance et le nationalisme exacerbé de ces « Jaunes » qui, bien que vivant aux Etats-Unis, ne se sont jamais vraiment adaptés.
Du coup, la dénonciation se fait beaucoup plus mitigé et comme Alan Parker n’a jamais eu l’ombre du quart du huitième du talent qu’on lui prête (surtout chez nous !), sa charge « nuancée » n’a plus aucune valeur. Les scènes sentimentales, voire lacrymales, se multiplient, mais elles n’émeuvent à aucun moment. L’interprétation est d’autant plus remarquable qu’on sent bien qu’ils n’ont pas été dirigés. Tamlyn Tomita , Dennis Quaid et « leur » petite fille sont très beaux. C’est tout ce qu’on peut sauver de cette fade mélasse.















