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Le Chemin de Rio (Cargaison blanche) de Robert Siodmak (1936)
Dans un bordel de Rio, une jeune Française, face à son premier client, préfère se tuer. La patronne du bordel télégraphie en Europe pour avoir une remplaçante. Le destinataire du télégramme est Blanco, dont la couverture est un banal négoce de fleurs et l’apparence celle d’un brave bourgeois, père d’une toute jeune fille.
Le « rabatteur » de Blanco est le crapuleux Moreno qui fait miroiter une fabuleuse carrière de danseuse en Amérique (en omettant de préciser s’il s’agît de celle du Nord ou du Sud). Mais Moreno est tombé amoureux et Blanco a envoyé la demoiselle en question à Rio. Moreno rumine sa vengeance.
Pendant ce temps, Marion Baker, une jeune danseuse, rêve de se faire présenter à Moreno. Elle est abordée par Henri Voisin qui se présente comme un représentant en lingerie féminine. Mais elle ne tarde pas à découvrir qu’Henri est journaliste. Or Marion est une collègue, donc une rivale.
Siodmak fut un réalisateur très prolifique en Allemagne, en France, aux Etats-Unis, en France de nouveau, puis en Allemagne pour boucler une carrière qui compte plus de cinquante films et quelques chefs d’œuvres comme The Killers, Cry of the City ou des films plus qu’estimables comme The Strange Affair of Uncle Harry, Mollenard et Pièges. La fin de sa carrière marque un très net fléchissement et ce, dés son retour en Europe.
Mais dans ses premiers films, il n’y avait pas que des choses prometteuses. Réalisé juste après Mollenard, ce Chemin de Rio, rebaptisé Cargaison blanche à la suite de l’intervention du consulat du Brésil à Paris, est mauvais, racoleur en diable et globalement mal joué. Cependant, si le sourire de Jean-Pierre Aumont peut, à juste titre, crisper, on admirera le charme de Kate de Nagy, mais surtout l’affrontement des grands Jules Berry et Charles Vanel et, dans une moindre mesure, Suzy Prim. Dalio se contente, quant à lui, de faire son habituel numéro de petit maquereau.








