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Cidade de Deus (La Cité de Dieu) de Fernando Meirelles (2002)
Dans les années 60, les (nombreux) pauvres qui arrivent à Rio sont « logés » à « La Cité de Dieu », une favela pouilleuse où les bandes se forment, rackettent et tuent. Fusée, « trop faible et trop intelligent pour être un bandit » d’après son propre frère, ne veut pas être mêlé aux histoires de gangs. Il rêve de devenir photographe de presse.
Un autre gamin de son age, Petit Dé, va devenir, sous le nom de Petit Zé, un des deux caïds de la favela. L’autre caïd, un blanc, se fait appeler Carotte.
Bientôt, la guerre est déclarée entre les deux gangs.
… Et cette guerre des gangs va durer deux heures et quinze minutes. C’est long, trop long.
On sait que les grandes villes du nord de l’Amérique latine sont extrêmement dangereuses. On sait également que Bogota, Caracas et Rio de Janeiro détiennent le record mondial absolu de dangerosité, qu’on y tue pour trois fois rien et que les enfants sont à la fois les victimes et les caïds des gangs. Au niveau sociologique, La Cité de Dieu apporte un constat saisissant et terrifiant.
Mais au niveau cinématographique, le Rio de Meirelles est très loin de valoir le Mexico de Buñuel. Le Jaïbo de Los Olvidados était présenté comme une petite gouape, mais on comprenait pourquoi et comment il était devenu un sale type, un « chien galeux ». Le Petit Dé de La Cité de Dieu est un être gratuitement sadique, en tous cas présenté comme tel, et entre deux coups de feu, on ne peut pas saisir ses motivations ou comprendre le personnage. On a, du reste, assez de mal à comprendre quoi que ce soit dans ce scénario à la fois squelettique et haché, tourné à l’esbroufe et désespérément répétitif. On admire la direction d’acteurs (tous remarquables), mais on se prend à attendre désespérément qu’ils s’entretuent pour que le film puisse, enfin, se terminer.











