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La Chute de l’empire
américain (2018)
de Denys Arcand
Pierre-Paul Daoust, docteur en philosophie, est
chauffeur-livreur.
Et
c’est lors d’une livraison qu’il assiste à la fin d’un hold-up dans un magasin discount :
il est témoin de la mort de deux personnes, un des braqueurs et un agent de
sécurité, alors que le deuxième braqueur s’enfuit, blessé, en abandonnant les
sacs contenant le butin.
Pierre-Paul
s’en saisit et a le temps de déposer l’argent chez lui. Dans un premier temps,
il profite de cette soudaine richesse pour se payer les services d’une
somptueuse call-girl, Aspasie, une des plus chères de Montréal.
Comme il
craint de se faire remarquer par la police (ce qui est déjà le cas avec la
call-girl), il fait appel à un repris de justice, Sylvain Bigras, grand expert
des placements financiers.
Le
problème du film, c’est à la fois son titre et la façon dont il nous a été
« vendu », y compris par Denys Arcand lui-même.
Le titre fait référence directement à La Chute de l’empire romain d’Edward
Gibbon, ouvrage encyclopédique incontournable pour toute personne s’intéressant
au sujet.
Mais pour le public, la vraie
référence, c’est Le Déclin de
l’empire américain, film du même
Denys Arcand de 1986 qui fut suivi par un deuxième volet Les Invasions barbares, 17 ans plus tard qui mettait en scène les
mêmes personnages.
Or ici, on nous présente le film dont
il est question comme la suite des Invasions
barbares alors qu’il ne s’agit pas des mêmes personnages. D’ailleurs, il
n’y a que deux comédiens du diptyque qu’on retrouve ici, Remy Girard et Pierre
Curzi, et les rôles qu’ils interprètent n’ont rien à voir avec les personnages
qu’ils incarnaient dans les deux films précédents.
En dehors de cette petite ambiguïté, le
film est une solide comédie policière, très drôle, dans laquelle le discours
politique, comme toujours chez Arcand n’est jamais très loin.
Une bonne comédie, et celle-ci est
bonne, se doit d’avoir le bon casting et, ici, les comédiens sont
excellents : en dehors des deux arsouilles précitées (je parle de leurs
personnages, bien sûr !) Sylvain « The Brain » Bigras et Maître
Wilbrod Taschereau, il y a Alexandre Landry (Pierre-Paul), Maripier Morin, Aspasie/Camille,
la call-girl au grand cœur, Louis Morisette et Maxine Roy, le duo de flics,
très attachants au bout du compte.
Le film est mené tambour battant et le
rythme gagnerait un peu sans la romance Pierre-Paul/Camille qui a un peu
tendance à tout ralentir.
Mais tel qu’il est le film est drôle et
passionnant.