Coming-out (2018) de Denis Parrot
Des garçons et des filles font leur coming-out devant leur web camera.
Ils racontent leurs souffrances, leurs vies, mais surtout leur homosexualité.
Ces vidéos sont quelquefois le récit raconté d’un coming-out qu’ils ou elles viennent de faire, mais ce sont aussi quelquefois les coming-out eux-mêmes.
Une série de « Coming-out en direct » aurait pu être aussi laborieux qu’une énième série de témoignages face caméra.
L’intérêt de ce film, c’est sa diversité : le passage sur internet peut être le coming-out lui-même ou le compte-rendu de ce coming-out qui a eu lieu avant.
Il va même jusqu’au « coming-out parodique » qui est le passage le plus drôle du film : un garçon « annonce » à sa mère son homosexualité, or non seulement elle le sait déjà (et elle le dit), mais on sent bien que son fils sait qu’elle sait et s’en amuse et lorsqu’elle rit, il prend un air mélodramatique pour lui dire : « Je sors du placard et ça te fait rire !? ». Elle, toujours en riant, lui dit : « Au lieu d’en sortir, tu ferais mieux de le ranger ! »
Mais il y a aussi le passage de la mère américonne (c’est-à-dire cul-bénie hystérique) qui renie son fils qui « brûlera en enfer ! ».
Entre ces deux extrêmes, il y a tous les paliers et c’est passionnant.
On peut dire que, globalement, et mise à part la réaction hystérique susmentionnée, les familles sont « plutôt cool ».
Il m’a semblé que ce sont majoritairement des filles qui font leur coming-out et que, garçons ou filles, ils sont, majoritairement aussi, des Américains et des Américaines.
Ce passionnant documentaire nous fait mesurer le chemin parcouru depuis les actions du F.H.A.R. (Front Homosexuel d’Action Révolutionnaire) après 1968.
Même si Youtube avait existé il y a ne serait-ce que vingt ans, combien de jeunes gens auraient ainsi « avouer » ce qui était encore une honte à l’époque.
Et si, au fond, tout cela n’était jamais que l’envers d’une pièce bien répandu : le « Me, Myself and I », l’égotisme des bobos du monde entier, des nantis.
Car il ne faut jamais oublier que dans certains pays, l’homosexualité est punie de mort et que, même par chez nous, dans certains milieux, des homosexuels SE punissent de mort… en se suicidant.















