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Si tu meurs, je te tue (2010) d’Hiner Saleem
Philippe vient de sortir de prison. Dans un
café, il rencontre Avdal. Il le dépanne, notamment en l’hébergeant. Ils
deviennent amis.
Avdal
veut faire venir sa fiancée Siba à Paris. Il vient de Belgique et il est
toujours à la recherche d’un criminel de guerre irakien qu’il doit exécuter.
C’est
alors qu’il vient de demander à Philippe de lui trouver du travail qu’Avdal,
dans un autobus, succombe à une crise cardiaque.
Le même jour
et ignorant bien sûr le décès d’Avdal, Siba arrive à Orly.
Alors même qu’on reproche souvent à nos réalisateurs
des invraisemblances de scénarios, les critiques ont été positivement
dithyrambiques avec ce petit film, certes très sympathique, mais au scénario
très peu maîtrisé.
Ce qui ne pardonne pas dans un film,
c’est l’accumulation de détails inutiles dans lesquels le meilleur scénariste
du monde va finir, de toute façon, par se prendre les pieds.
Si les personnages de Jane Birkin et de
Mylène Demongeot n’apportent pas grand-chose à la dramaturgie, elles ont la
« fonction » très précise et indispensable d’être des modèles et des
soutiens féminins français pour le personnage de Siba.
D’autres détails, en revanche, sont un
peu foutraques. Quand on sait l’obsession sécuritaire des trous du cul qui nous
gouvernent, voir ces Kurdes, ethnie floue, donc suspect, venant de trois pays
« sensibles », l’un qui frappe à la porte de l’Europe, le deuxième en
guerre et le troisième, « ennemi de l’occident » appliquant la charia
et ayant à sa tête, après des élections très probablement truquées, un
gouvernement d’islamistes intégristes, voir ces Kurdes, dis-je, un peuple
opprimé du Moyen Orient, entrer sans problème dans notre beau pays a des relents
au mieux d’angélisme commode qui permet de plier les évènements à l’histoire
qu’on veut raconter sans trop se soucier de vraisemblance, au pire de
négligence et de facilité.
On se demande effectivement comment
Siba peut arriver aussi facilement en France pour rejoindre un fiancé errant
(mais qui se trimballe avec une coquette somme d’argent), comment le père
d’Avdal peut, quant à lui, venir sans visa en une journée alors que son fils
est mort subitement, pourquoi le fils en question est prêt à se prostituer
parce qu’il a besoin d’argent, mais a sur lui une somme qui lui permettrait de
vivre plus que décemment.
Lorsqu’on reproche à Philippe Claudel
(qui n’a probablement pas la carte) d’être invraisemblable à cause d’une
question qu’il fait poser à un de ses personnages à propos de Vivaldi (dans Tous les soleils), il est assez
mal venu de se dire que l’accumulation de ces détails qui ne « jointent
pas », alors qu’ils n’ont, par ailleurs, pas la moindre importance,
n’enlève rien « aux merveilleuses
qualités de ce film ».
Reste un humour noir assez réjouissant,
notamment autour des cendres du pauvre Avdal et les gaffes drolatiques du
« clan des Kurdes » qui sont sept comme les nains de Blanche-Neige,
potaches comme les Pieds Nickelés et bêtes comme les Dalton.
Reste aussi l’excellente interprétation
de Jonathan Zaccai (Philippe), de Billy Demirtas (Avdal), des belles
apparitions de Jane Birkin et de Mylène Demongeot et un peu plus convenu de
Menderes Samancilar (le père d’Avdal). N’oublions pas « les Pieds
Nickelés » mené par Ozz Nujen et, surtout, la très belle et très
talentueuse Golshifteh Farahani, actrice iranienne interdite dans son pays pour
avoir publiquement retiré son voile : elle est la douce Siba et la scène
au cours de laquelle elle apprend la mort de son fiancé est bouleversante,
grâce à elle.
Un film sympathique, plein de qualités,
mais, n’en déplaise aux critiques parisiens, pas exempts de défauts.