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Convoi exceptionnel (2019) de Bertrand Blier
Taupin, au milieu d’un flot de voiture pousse un caddie vide.
Foster l’interpelle en lui faisant remarquer qu’ils doivent aller tuer tout de suite un certain Le Réveillé. Taupin ne comprend pas au nom de quoi et Foster lui apprend que c’est au nom du scénario.
Mais on n’a pas donné à Taupin le scénario. Les deux hommes essaient de voler le scénario d’un passant, mais ils échouent.
Ils sont donc tous les deux sur le scénario possédé par Foster.
Il y a 40 ans, un « quidam » (Michel Serrault) rencontrait Alphonse Tram (Gérard Depardieu) sur le quai désert de la station du (alors très récent) RER A « La Défense – Grande Arche ». Les deux hommes s’engueulaient à propos du couteau qu’Alphonse Tram possédait. Plus tard, Alphonse Tram sortait de la station RER de la banlieue où il habitait et, dans un couloir, il voyait le « quidam » en train de mourir avec son couteau dans le ventre.
C’était le début d’un film qui ne fit pas un succès foudroyant à l’époque, mais subjugua tous ceux qui s’étaient aventurés à aller le voir.
Depuis Buffet froid est devenu un film-culte, comme Tenue de soirée ou d’autres dont on se souvient moins comme Un, deux, trois… soleil, Merci la vie ! ou Notre histoire.
Bertrand Blier était le roi du scénario déjanté, hors norme, et ce qu’il apportait au cinéma français était unique.
Malheureusement, lorsqu’on écrit un truc dans le style des « cadavres exquis » chers aux surréalistes, ça peut donner des choses extraordinaires, pétillantes, éblouissantes… ou rien. Et ici, c’est rien !
Du coup, Blier se repose sur son (prestigieux) casting : Gérard Depardieu et Christian Clavier, et dans des rôles secondaires Farida Rahonadj, Alex Lutz et Audrey Dana, puis dans de très courtes apparitions Sylvie Testud, Louis-Do de Lencquesaing, Guy Marchand, Bouli Lanners jusqu’à celle dont la courte apparition est tout-de-même marquée par un « tunnel », Alexandra Lamy.
Et ils sont tous excellents !
Signe des temps et surtout, du temps qui passe : Blier (Bertrand) glisse, en guise d’hommage à la carrière de son immense papa Blier (Bernard) un clin d’œil en faisant chanter par Farida Rahouadj Danse avec moi, chanson de Francis Lopez et André Hornez que chantait Suzy Delair dans Quai des orfèvres d’Henri-Georges Clouzot dont les deux grands rôles masculins étaient interprétés par Louis Jouvet et… Bernard Blier.
Mais les « produits » ont beau être de très grande qualité, la tambouille de Blier ne prend plus.
Ça radote, ça piétine ! Blier fait du sous-Blier !
Lorsqu’on devient la propre caricature de ce qu’on a été, il vaut mieux arrêter.

















