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The Square (2017) de Ruben Östlund
Christian fait partie de l’équipe de direction du musée d’art contemporain du Palais Royal de Stockholm.
Sur le parvis du palais royal, il est victime d’une arnaque et se fait voler son téléphone, son portefeuille et ses boutons de manchette.
Le musée s’apprête à inaugurer une exposition qui s’intitule « The Square » et consistant en un carré tracé sur le sol : tout spectateur placé à l’intérieur de ce carré devra être « altruiste et bienveillant ».
Pour récupérer ce qu’on lui a volé, Christian, sur les conseils d’un de ses collaborateurs, écrit une lettre de menace qu’il va placer dans toutes les boîtes aux lettres d’un immeuble populaire de banlieue d’où il a pu localiser son téléphone.
Il ne tarde pas à tout récupérer, mais il a enclenché un processus dont il va avoir beaucoup de mal à se dépêtrer.
Ruben Östlund est présenté comme un réalisateur, scénariste, monteur, producteur et directeur de la photographie.
Mais Ruben Östlund est, avant tout un donneur de leçon : il est facile de monter un dîner entre Hitler, Himmler, Goebbels et Göring et de « prouver » ainsi que l’humanité est mauvaise.
Östlund, qui détient la vérité, renvoie dos à dos les Bobos (il en est visiblement un), les riches qui se laissent humilier par un « performeur » qui fait le singe (au sens propre du terme), mais qu’ils finiront par lyncher et les pauvres qui ne sont que des voyous et des voleurs, des crétins incultes comme le « technicien de surface » qui détruit, sans s’en rendre compte, une œuvre contemporaine ou comme ce « sale gamin » (qui plus est fils d’immigrés) qui vient réclamer justice avec un aplomb d’adulte. Il est à noter qu’au milieu d’un casting totalement lavasse et sans grand intérêt, le seul acteur qui se détache, c’est ce gamin de dix ans qui a déjà tout d’un grand acteur et qui n’a même pas l’honneur de figurer au casting.
Snow Therapy son film précédent avait ce côté vachard séduisant, bien qu’un peu redondant dans une scène finale lourdement surlignée.
Mais la misanthropie à outrance a ses limites et on comprend mal comment cette « farce lourdingue » (Libération), et ce vrai « film de droite » (Eric Neuhoff, Le Masque et la plume), « film bien-pensant dénonçant la bien-pensance » a pu obtenir la Palme d’Or au détriment du (presque) unanimement apprécié 120 battements par minute de Romain Campillo.
A moins que le président cannois, Pedro Almodovar, jamais « palmé » et rarement récompensé, n’ait cherché à se venger en dynamitant l’institution de l’intérieur.









