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Den Skyldige (The Guilty) de Gustav Möller (2018)
Asger Holm était un flic de terrain, mais à la suite d’une bavure de sa part, on l’a muté au 112 qui est le centre d’appel de « police secours » au Danemark.
Ce soir-là, il reçoit un appel d’une femme complètement affolée qui vient d’être enlevée et fait croire à son « kidnappeur » qu’elle est en train de téléphoner à sa fille.
Asger fait ce qu’il doit faire, comme appeler les brigades qui peuvent intervenir pour stopper le véhicule du kidnappeur, etc…
Mais il outrepasse ses fonctions en s’impliquant un peu trop auprès de cette femme, d’autant qu’entretemps, il a parlé à la petite fille de la femme qui est seule et terrifiée dans l’appartement où il y a également son petit frère, un bébé.
L’angoisse d’une personne qui « assiste », impuissante, à un crime parce qu’elle est au téléphone est un sujet en or massif pour le cinéma : de Raccrochez, c’est une erreur d’Anatole Litvak à The Call de Brad Anderson, le sujet, avec un tout petit peu de savoir-faire, est toujours payant !
Chez le « témoin téléphonique », il y a deux frustrations qui exacerbent son sentiment d’impuissance : il est physiquement absent de la « scène de crime » et il ne peut pas voir ce qui se passe.
Naturellement, ce dernier point permet toutes les conjectures de la part du spectateur dont la tension est encore « aggravée » par le huis-clos.
Au niveau du huis-clos, on ne fera sans doute jamais mieux que le Buried de Rodrigo Cortès dans lequel il y avait aussi un téléphone.
Car si dans le film de Litvak et dans celui d’Anderson, le principe du huis-clos n’était pas rigoureusement respecté, dans The Guilty, il n’y a pas de triche ! On ne sort à aucun moment de cette permanence téléphonique, pas plus qu’on ne quitte cet opérateur zélé et tellement impliqué qu’il va « se faire avoir », ce dont on s’attend presque tout-de-suite.
Mais le scénario est tout-de-même très bien fichu et ne laisse pas grand-chose au hasard si ce n’est le passé ambigu du héros dont on aimerait, finalement, en savoir un peu plus.
Au niveau du casting, tout repose sur les (solides) épaules de Jakob Cerdergren, seul à l’écran à quelques rares exceptions près. Mais il ne faudrait pas pour autant oublier les excellents Jessica Dinnage (Iben, la femme enlevée) et Johan Olsen (Michael, son mari) qu’on ne voit pas, mais dont les voix sont celles qui « font » le drame.
Un film qui parvient à rester angoissant, même lorsqu’on a deviné « ce qui n’allait pas ».


















