samedi 5 septembre 2026

Convoi exceptionnel

 


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Convoi exceptionnel (2019) de Bertrand Blier

Taupin, au milieu d’un flot de voiture pousse un caddie vide.

Foster l’interpelle en lui faisant remarquer qu’ils doivent aller tuer tout de suite un certain Le Réveillé. Taupin ne comprend pas au nom de quoi et Foster lui apprend que c’est au nom du scénario.

Mais on n’a pas donné à Taupin le scénario. Les deux hommes essaient de voler le scénario d’un passant, mais ils échouent.

Ils sont donc tous les deux sur le scénario possédé par Foster.

Il y a 40 ans, un « quidam » (Michel Serrault) rencontrait Alphonse Tram (Gérard Depardieu) sur le quai désert de la station du (alors très récent) RER A « La Défense – Grande Arche ». Les deux hommes s’engueulaient à propos du couteau qu’Alphonse Tram possédait. Plus tard, Alphonse Tram sortait de la station RER de la banlieue où il habitait et, dans un couloir, il voyait le « quidam » en train de mourir avec son couteau dans le ventre.

C’était le début d’un film qui ne fit pas un succès foudroyant à l’époque, mais subjugua tous ceux qui s’étaient aventurés à aller le voir.

Depuis Buffet froid est devenu un film-culte, comme Tenue de soirée ou d’autres dont on se souvient moins comme Un, deux, trois… soleil, Merci la vie ! ou Notre histoire.

Bertrand Blier était le roi du scénario déjanté, hors norme, et ce qu’il apportait au cinéma français était unique.

Malheureusement, lorsqu’on écrit un truc dans le style des « cadavres exquis » chers aux surréalistes, ça peut donner des choses extraordinaires, pétillantes, éblouissantes… ou rien. Et ici, c’est rien !

Du coup, Blier se repose sur son (prestigieux) casting : Gérard Depardieu et Christian Clavier, et dans des rôles secondaires Farida Rahonadj, Alex Lutz et Audrey Dana, puis dans de très courtes apparitions Sylvie Testud, Louis-Do de Lencquesaing, Guy Marchand, Bouli Lanners jusqu’à celle dont la courte apparition est tout-de-même marquée par un « tunnel », Alexandra Lamy.

Et ils sont tous excellents !

Signe des temps et surtout, du temps qui passe : Blier (Bertrand) glisse, en guise d’hommage à la carrière de son immense papa Blier (Bernard) un clin d’œil en faisant chanter par Farida Rahouadj Danse avec moi, chanson de Francis Lopez et André Hornez que chantait Suzy Delair dans Quai des orfèvres d’Henri-Georges Clouzot dont les deux grands rôles masculins étaient interprétés par Louis Jouvet et… Bernard Blier.

Mais les « produits » ont beau être de très grande qualité, la tambouille de Blier ne prend plus.

Ça radote, ça piétine ! Blier fait du sous-Blier !

Lorsqu’on devient la propre caricature de ce qu’on a été, il vaut mieux arrêter.

vendredi 4 septembre 2026

Au-delà des montagnes

 


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Shan he guren (Au-delà des montagnes) de Jia Zhang-ke (2015)

En 1999, dans la petite ville de Fenyang de la province du Shanxi, au centre de la Chine, Tao est quasiment fiancée à son ami d’enfance Liangzi, mais elle est également courtisée par Zhang Jinsheng, son autre ami d’enfance.

Liangzi est ouvrier dans une mine alors que Zhang Shinseng, hâbleur et extraverti, veut avant tout faire fortune. Il rachète la mine où travaille Liangzi et le met dehors. Puis, il épouse Tao.

Quinze ans plus tard, le couple a divorcé et la garde de leur fils (que Zhang a finement baptisé Dollar) a été confiée à son père.

Dans Le Destin fabuleux de Désirée Clary, Sacha Guitry, qui s’amusait beaucoup à élaborer les génériques de ses films, plaçait le générique au milieu du film, très exactement entre deux époques de la biographie que « le maître » consacre au « grand amour » de Napoléon.

Et c’est entre deux des trois époques évoquées dans ce film-ci (la première et la deuxième) qu’intervient le générique, très succinct il est vrai, puisqu’il s’agît juste du titre du film.

Toute la première partie est donc une séquence pré-générique, mais ce n’est pas qu’à cause du générique qu’elle est perçue comme excessivement longue, c’est aussi parce qu’elle est… dilatée.

On se doute, dès le départ que Tao va lâcher Lianzi, le brave garçon, pour Zhang, le saligaud, crétin bourré de fric qui n’est étouffé, ni par les scrupules, ni par une intelligence excessive.

Aussi, les 40 minutes de cette première partie semblent-elles un peu trop longues.

Heureusement, elle est balayée par la deuxième partie (2014), la plus réussie et la plus passionnante sur les déboires d’une mère et de son fils, devenus étrangers l’un à l’autre.

Et dans la troisième partie, l’enfant, devenu adulte sera un étranger à la fois pour sa mère qu’il a oubliée et pour son père qui le renie, ce voyou plein de fric mais trop bête pour s’exprimer en Anglais en Australie (ce qui fait partie des invraisemblances que d’aucuns ont soulignées).

Le casting est éblouissant : Zhao Tao est Tao, Jing Dong Liang est Liangzi et Yi Zhang est particulièrement remarquable dans le rôle de Zhang Jinsheng, arriviste braillard qui devient ce pauvre taré méprisé par tous, riche, mais raté, ainsi que Sylvia Chang qui est Mia, la prof de chinois de Dollar (qui deviendra son premier amour…), sans oublier les deux interprètes de Dollar, le petit garçon qui n’est même pas mentionné au générique et Zijan Dong, Dollar adulte.

Le film sacrifie à la mode qui n’est pas désagréable (quand elle est justifiée, ce qu’elle est ici…) et qui semble venir du fameux Grand Budapest Hôtel d’Anderson : la première partie (1999) est au format standard, la deuxième (2014) est au format panoramique américain de 1,85 et la troisième (2015) est en scope.

Moins réussi que A Touch of Sin, Au-delà des montagnes nous offre tout de même de bien beaux moments.

La Consolation


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La Consolation (2016) de Cyril Mennegun

Enfant abandonné très jeune par une mère trop jeune, Daniel recherche celle-ci et finit par la trouver.

Mais il apprend son récent décès en même temps.

Il part assister aux funérailles et rencontre Françoise qui était la compagne de sa mère biologique.

Il y a sept ans, Cyril Mennegun avait réalisé Louise Wimmer, un très beau film sur la précarité qui sonnait juste et nous avait fait découvrir Corinne Masiero.

Le seul point commun entre les deux films, d’ailleurs, c’est elle.

Mais en dehors du réalisateur et de l’interprète, il n’y a rien de commun.

Un critique parle « d’austérité radicale », moi je parlerais plutôt d’« ennui abyssale ».

Même Corinne Masiero est atone. Quant à Alexandre Guansé, dans le rôle de Daniel, il semble avoir un certain talent pour le piano (mais on n’en est pas vraiment sûr, car il joue du piano « muet », dans des scènes aussi interminables que dénuées du moindre intérêt !) : qu’il s’attache au clavier et laisse tomber le métier d’acteur. Il est moins expressif qu’un tabouret de piano !

Woman at War

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Kona fer í stríð  (Woman at War) de Benedikt Erlingsson (2018)

Dans la campagne islandaise, une femme provoque un gigantesque court-circuit sur une ligne de haute tension.

La femme, c’est Halia, une cinquantenaire qui a décidé de ruiner l’industrie locale de l’aluminium.

Mais Halia veut adopter un enfant et elle doit aller en Ukraine chercher une petite fille qu’elle considère déjà comme sa fille.

Pour l’aider, elle a sa sœur jumelle Äsa et un « cousin putatif » Sveinbjörn.

Une fois n’est pas coutume : c’est mon entourage qui m’a survendu ce film.

Certes, Halia (comme sa sœur jumelle) est un personnage très sympathique, ainsi que son cousin putatif qui va s’avérer un complice sûr.

Mais après la scène d’ouverture, brillantissime, j’ai trouvé tout le reste poussif.

L’idée de faire jouer « la musique du film » en direct à l’image est certes drôle, mais s’avère extrêmement pénible au bout de trois ou quatre séquences.

Un film vite vu, pas déshonorant, aussitôt oublié !

dimanche 23 août 2026

The Shanghai Gesture

 


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The Shanghai Gesture (1941) de Josef Von Sternberg


Shanghai est une cité interlope et cosmopolite où règne le vice et la corruption. Miss Pomeroy, une toute jeune femme qui n’a rien d’une ingénue, est « sauvée » de la police par le docteur Omar qui l’emmène dans la maison de jeu de Mother Gin Sling.

Une autre jeune femme, d’allure plus bourgeoise, vient s’encanailler dans la même maison. Elle prétend se nommer Poppy Smith, mais elle est en réalité la fille de Guy Charteris qui représente un groupement d’intérêt qui a tout intérêt à faire fermer le cercle de jeu de Mother Gin Sling.

Celle-ci va s’employer à dominer Poppy par le jeu et par la drogue pour atteindre son père.

Délaissant les rondeurs tendres et généreuses de la douce Belle Watling de Autant en emporte le vent, la grandiose (et hélas méconnue) Ona Munson se glisse avec maestria dans les somptueux costumes de l’anguleuse et démoniaque Mother Gin Sling, rôle taillé sur mesure par Sternberg pour Marlene Dietrich.

Malheureusement, Ona Munson est plutôt mal entourée : Gene Tierney est grotesque, Victor Mature pitoyable et Walter Huston anémique. Entre la jeune bourgeoise seule, le séduisant docteur qui a le charme d’un lavabo et l’homme puissant et intègre qui s’avèrera un pourri de première, on patauge dans le lieu commun dans ce scénario insipide et sans surprise qui dénonce « l’enfer » (très hollywoodien, donc pas mal édulcoré) de ces cités de perdition qui répugnent et fascinent les Américains.

Le Congrès


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The Congress (Le Congrès) d’Ari Folman (2013)

La comédienne américaine Robin Wright n’a plus la côte de popularité qu’elle avait.

Le patron de la Miramount lui propose alors de la « scanner » pour qu’elle puisse tourner dans tous les films où on la désire, sans qu’elle ait besoin d’être là.

Elle doit disparaître pendant 20 ans et revenir comme invitée d’honneur du congrès Miramount-Nagasaki.

Je ne suis pas toujours du même avis que les critiques (c’est peu dire !).

Mais une grande majorité d’entre eux ont estimé que la première partie du film (la partie « filmée ») était une réussite alors que la deuxième (la partie « animation ») était un ratage confus et prétentieux.

Comme souvent, j’ai dormi pendant la projection et, principalement, pendant cette première partie.

En revanche, je n’ai pas du tout dormi pendant le salmigondis prétentieux que représente la deuxième partie « animation ».

C’est esthétiquement tout à fait quelconque. Quant au scénario, on dirait la cogitation conjointe d’un Yann Moix et d’un Francis Lalanne, filmé par un Claude Lelouch.

Non, je n’ai pas dormi pendant cette deuxième partie… Mais croyez bien que je le regrette !

samedi 22 août 2026

La Forme de l’eau


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The Shape of Water (La Forme de l’eau) de Guillermo del Toro (2017)

Elisa Esposito est femme de ménage dans un laboratoire ultra-secret. Nous sommes encore en pleine guerre froide, en 1963.

Depuis des années, elle est muette. Elle a deux amis : Giles, son vieux voisin, un graphiste homosexuel aussi seul qu’elle et sa collègue Zelda.

Un jour, on apporte un étrange caisson dans le labo où elle travaille.

Un officier brutal, Richard Strickland, accompagne ce caisson qui contient une créature étrange, capturée en Amérique du sud et qui était vénérée par les Indiens.

Bien sûr, la créature fait penser (et c’est volontaire) à L’Étrange créature du lac noir de Jack Arnold en 1954.

Le problème c’est que c’est le seul (très vague) intérêt du film. On a appris que Del Toro avait six ans quand il avait découvert le film d’Arnold.

Mais en 1954, L’Étrange créature du lac noir était une série B et c’est en tant que série B qu’on l’aimait. Traduit en série A, plus de soixante ans plus tard, sorti avec tambours, trompettes et oscar (en fait le plus prestigieux des oscars, celui du meilleur film !), on voit surtout une grosse production survendu et sans grand intérêt.

De plus, le film est passablement ennuyeux et traine en longueur.

Une femme muette tombe amoureuse d’une créature étrange (comme l’indique le titre français du film original), car c’est le seul être qui peut tomber amoureux d’elle.

Pour meubler sa coquille vide, Del Toro nous donne un agent de l’armée plus con que la moyenne, un vieil homme graphiste, artiste raté et homosexuel très triste et revenu de tout et une collègue-amie mal mariée à un sinistre crétin qui va s’avérer, en plus, passablement salaud.

Ils sont respectivement interprétés par Michael Shannon, Richard Jenkins et la grande Olivia Spencer qui nous a laissé les souvenirs de ses grandes interprétations dans Les Figures de l’ombre ou La Couleur des sentiments entre autres. Et ils sont tous parfaits comme est parfaite Sally Hawkins dans le rôle d’Elisa Esposito.

Mais faire de ce truc l’oscar du meilleur film !... Décidément, Hollywood ne s’arrange pas !

 

 

 

 

Confusion


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Confusion (2016) de Dario Cerruti et Yacine Brahem

Caroline Gautier est cheffe de cabinet au département de la sécurité du Canton de Genève. Elle compte bien profiter du battage médiatique qu’elle organise autour de l’accueil par la Suisse d’un ex-détenu de Guantanamo.

Dario et Yacine, deux étudiants en cinéma, ont été acceptés par Caroline pour la suivre partout.

Mais cet espionnage constant peut rapidement devenir encombrant… ou bien utile !

Le moins qu’on puisse dire, c’est que c’est réalisé avec beaucoup d’habileté !

On en vient à se demander, pendant un moment, s’il ne s’agirait pas VRAIMENT d’un tournage de fin d’études qui tourne mal, d’autant que les deux « étudiants » sont les deux réalisateurs et portent leurs réels prénoms.

Il n’y a rien là-dedans de sublime, mais il y a incontestablement beaucoup de talent et d’habileté, même si, sur la fin, ça a un peu une finesse de câble d’amarrage.

Mais ça vaut largement les fictions sur la politique, tant au cinéma qu’à la télévision. Après tout, la finesse est rarement la qualité dominante d’une série télé, même excellente.

Et le casting dans son ensemble est impeccable.

vendredi 21 août 2026

Shaun le mouton


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Shaun the Sheep Movie (Shaun le mouton) de Mark Burton et Richard Starzak (2014)

Le fermier a toujours plein de choses à faire et à faire faire à ses moutons.

L’un de ces moutons, Shaun, voudrait bien avoir un jour de repos et, pour cela et avec la complicité de ses petits camarades, il va faire en sorte que le fermier dorme très longtemps.

Mais la blague tourne court et la caravane dans laquelle les moutons avaient transporté le fermier, se détache et roule jusqu’à la ville.

Les moutons partent tous pour ramener leur maître.

Encore un sans-faute des studios Hardmann avec un fermier, cousin champêtre de Wallace, accompagné de son chien dévoué, frère jumeau (et champêtre, lui aussi) de Gromit.

La campagne fait penser à celle de Chicken Run en beaucoup moins cauchemardesque et la virée en ville à l’opus 2 de Babe (Un cochon dans la ville) en moins noir.

Ici, le méchant est un employé de fourrière plus stupide que réellement méchant.

C’est truffé de références cinématographiques et, sans dialogue, c’est d’une invention constante.

Bref, c’est du Hardmann !

jeudi 20 août 2026

La Confrérie des larmes

 


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La Confrérie des larmes (2013) de Jean-Baptiste Andrea

 Gabriel, jeune veuf et ancien flic, vit avec sa fille Juliette. Il a de gros problèmes d’argent.

Aussi accepte-t-il l’offre d’un ancien voyou qui lui propose de reprendre son travail : il s’agit de convoyer des mallettes. Il n’y a rien d’illégal dedans, mais la seule condition pour Gabriel de garder ce très lucratif boulot, c’est de ne jamais tenter d’ouvrir les mallettes.

Il commence par « faire une livraison » en Chine et tout se passe bien. Mais lorsqu’il doit livrer à Bruges, il rate son train.

Comment élabore-ton une intrigue de polar ?

Est-ce qu’on commence par la fin, par la résolution ? Il n’y a plus, ensuite qu’à multiplier fausses-pistes et chausse-trappes pour empêcher le héros (et donc le lecteur/spectateur) de trouver cette vérité qui est la base de l’œuvre.

Ce n’est certes pas la solution la plus facile, mais c’est la seule qui permette de ne pas se prendre les pieds dans le tapis.

Car l’autre méthode, celle qui consiste à naviguer à vue et à inventer l’intrigue et sa résolution au fur et à mesure qu’on l’écrit peut mener à certains couacs difficiles à rattraper.

Ça peut mener aussi à un pauvre polar grotesque et passablement prétentieux dont la résolution est, en soi, un monument de ridicule.

C’est le cas ici.

Le film commence plutôt bien, même s’il joue dés le départ sur des codes éculés. De plus, il ne faut pas plus de quelques minutes pour s’apercevoir que le réalisateur/scénariste est incapable de dialoguer (on retrouve dans ce fatras LA réplique qui me donne des boutons : « Elle était juste au mauvais endroit au mauvais moment »).

La direction d’acteurs ne semblent pas être son fort non plus ; ils sont tous mauvais (Jérémie Rénier, Audrey Fleurot, Bouli Lanners et tous les autres...).

Et la bonne impression que nous avait donné le rythme du film dans la première demi-heure s’estompe complètement.

Plus grave ! Lorsqu’on voit des plans d’Istanbul sous un soleil d’été, style dépliant touristique, pour enchainer sur la même ville, « le même jour », grise et sous la neige, on se dit qu’il ne sait ni dialoguer, ni scénariser, ni mettre en scène, ni filmer.

Et il faut attendre la fin pour s’apercevoir qu’il ne sait pas torcher une histoire convenable non plus.

Visiblement, il a aussi des problèmes pour trouver un titre à son navet, car je défie quiconque de m’expliquer ce titre ronflant et bête.

Alors, à part avoir travaillé à Hollywood (ce qui est à la portée du premier crétin pistonné venu !), où est le talent de monsieur Andréa ?

Peut-être a-t-il juste assez de talent, en bon salonard parisien, pour trouver des producteurs assez gogos pour investir leur argent dans ce navet labélisé !

mardi 18 août 2026

Ladies of the Jury

 


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Ladies of the Jury (1932) de Lowell Sherman


Une ancienne danseuse, mariée à un homme richissime et plus âgé qu’elle, est accusée du meurtre de celui-ci. Son procès s’ouvre par le choix des jurés. En retard par rapport à la convocation qui lui a été notifiée, Mrs Livingstone Baldwin Crane invoque à son manque de ponctualité un problème domestique qu’elle expose dans ses moindres détails.

Les digressions amenées par l’arrivée tardive de Mrs Crane et ses explications superfétatoires passées, le procès peut commencer. Tout accable l’accusée, à commencer par le témoignage de sa domestique qui affirme avoir vu la jeune femme à côté du cadavre de son mari qu’elle vient de tuer. Le cours des débats est fréquemment interrompu par les questions de Mrs Crane.

Une fois le jury retiré pour les délibérations, onze des douze jurés déclare l’accusée coupable. La douzième, naturellement Mrs Crane, affirme qu’elle est persuadée de l’innocence de la jeune femme.

C’est l’exact équivalent comique et britannique de Douze hommes en colère, pièce de Reginald Rose qui n’avait même pas été écrite à l’époque de ce film-ci. Et Edna May Oliver, cette grande bringue anglaise au physique chevalin, a le rôle exact qu’aura Henry Fonda, quinze ans plus tard, dans le film que Sidney Lumet tirera de la pièce, puisque la respectable lady rangera le jury à son opinion.

Et ce festival Edna May Oliver est un régal à lui tout seul !

samedi 15 août 2026

Les Évadés


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The Shawshank Redemption (Les Évadés) de Frank Darabont (1994)


Andie, accusé du meurtre de sa femme et de l’amant de celle-ci, est condamné à la prison à vie dans le pénitencier de Shawshank. Après les premières humiliations d’usage dans ce genre d’établissement, sa profession de directeur de banque lui permet de bénéficier d’un traitement de faveur de la part des gardiens et du directeur à qui il rend de menus services d’ordre financier.

Il peut ainsi obtenir une vraie bibliothèque et une discothèque pour les autres détenus, ainsi, naturellement, qu’une protection des gardiens.

Il se lie d’amitié avec Ellis, autre prisonnier à vie.

Andy gère également les comptes douteux du directeur de la prison qui touche de faramineux pots-de-vin. Lorsqu’il apprend, par hasard, d’un autre détenu que son innocence peut être prouvée dans le double meurtre dont il est accusé, le directeur ne veut rien savoir et va jusqu’à éliminer le témoin gênant.

D’une solide facture classique, le film bénéficie d’une interprétation hors pair, Tim Robbins et Morgan Freeman bien sûr, mais également une pléiade d’excellents acteurs de second plan en tête desquels Bob Gunton dans le rôle du directeur de la prison.

La vie à Shawshank qu’on nous dit horrible est beaucoup moins dure que ce que l’on peut voir dans d’autres « films de prison » (Brubacker, entre autres...), mais au moins, on ne peut les taxer de morbidité. Et puis, il y a le happy end habituel.

Le point de vue est celui d’Ellis qui raconte l’histoire ce qui permet de ménager le suspense par la contemporanéité du commentaire. Petite particularité : on ne trouve aucun anachronisme, que ce soit dans les costumes, dans les voitures, dans les coiffures ou dans quoi que ce soit, ce qui est plutôt rare et bien venu.

Ce n’est pas un chef d’œuvre, mais une belle histoire d’amitié doublée d’une chronique de la vie en prison, sans hystérie pour une fois. En somme, c’est un bon film, ce qui n’est déjà pas si mal.

vendredi 14 août 2026

Les Confessions

 


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Le Confessioni (Les Confessions) de Roberto Andò

Le directeur du F.M.I. rencontre les responsables des finances des pays du G8.

Il y a aussi Roberto Salers, un prêtre. Le directeur du F.M.I. lui demande de venir le confesser.

Le lendemain, on retrouve le cadavre du directeur du F.M.I. étouffé dans un sac plastique.

Il serait temps que le cinéma italien cesse de nous imposer Tony Servilo qui doit avoir, en quelques années, la filmographie de Marcello Mastroianni dans les années 50 et 60.

Or Servilo n’a pas grand-chose à voir avec le beau Marcello : tout le monde n’est pas forcément sensible à son charisme très « troisième âge » !

Mais Servilo est surtout, et c’est ce qu’on peut lui reprocher, l’interprète favori d’un cinéma italien très mode, très bien-pensant, aux fausses audaces, aux approximations scénaristiques et aux médiocres envolées lyriques, bref à ce que le cinéma italien nous a donné de pire, le crapoteux Sorrentino dont Roberto Andò semble par son « faux chic », être un émule, même s’il est un tout petit peu moins mauvais (et fêté !).

Le cinéma médiocre semble souvent fonctionner à coup de fausses bonnes idées qui étaient à la base de vraies bonnes idées qu’un certain manque de talent a dévoyées.

Cependant, on ne peut pas dire que le très plat Vivà la liberta soit basé sur une idée bouleversante d’originalité : un homme d’état qui a envie de retrouver « la vraie vie des vrais gens » se fait remplacer par son frère jumeau dont la « fraicheur » va sauver la présidence de son frère face aux virtuoses de la langue de bois.

Ici, c’est moins tape-à-l’œil et beaucoup moins « déjà vu plus de mille fois ». Les ministres des finances du G8 et le président du F.M.I. est retrouvé mort assassiné ou suicidé alors qu’on apprend qu’il s’est confessé juste avant.

Le fait est qu’on ne s’ennuie pas (trop) et qu’il y a même un certain suspense. Mais le film est dépassé par ses propres enjeux.

Il pourrait s’interroger, par exemple, sur une poignée d’individus pas plus doués que d’autres à qui le hasard a confié notre avenir économique, donc, de nos jours, notre avenir tout court, une problématique à laquelle s’ajoute celle de celui qui détient le secret de celui qui détient le pouvoir.

Ça, c’était si le film était réussi, bien écrit, pensé et s’attachait à raconter une histoire et non à se dire : « Je suis bien foutu, non ? »

Et bien vraiment et sans appel, NON !!!

samedi 8 août 2026

The Hunter

 


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Shekarchi (شکارچی) (The Hunter) de Rafi Pitts (2010)

 Ali, récemment libéré de prison, a trouvé un travail de veilleur de nuit à Téhéran. Du coup, il ne fait que croiser sa femme et sa fille de sept ans.

Lorsqu’un soir, il ne les voit pas rentrer, il va signaler leur disparition à la police et apprend leurs morts lors d’une manifestation.

Il se met en chasse de leur(s) assassin(s).

Rafi Pitts fait partie de la nouvelle vague iranienne. En tant que tel, on peut imaginer qu’il est en délicatesse avec le pouvoir de son pays. The Hunter est son sixième film. Et on se rend bien compte que tout est tourné à l’économie.

Tout cela est compréhensible, mais l’économie n’excuse pas tout. Qu’on reste accroché de (trop) longues minutes sur un plan fixe pour éviter les contraintes d’un champ-contrechamp et de plans de coupes, passe encore si ce n’est pas trop fréquent. Mais s’attarder plus que de raison sur le plan d’un acteur (Rafi Pitts lui-même) au jeu monolithique voire inexistant entourés de comédiens qui ne valent pas mieux dans un scénario ni fait ni à faire aux rebondissements au mieux, prévisibles, au pire, stupides et invraisemblables, ça devient franchement pénible pour le spectateur. D’autant que le personnage semble ne réagir à rien (pas plus à la mort de sa femme qu’à celle de sa fille).

Il y a un an, on pouvait voit Téhéran de Nader T. Homayoun sorti, lui aussi, avec une presse élogieuse, mais quelque peu en deçà de celle de The Hunter qui, pourtant, n’est tout de même pas du même niveau.

Mais il semble que Rafi Pitts qui a vécu à Paris et parle parfaitement le Français, a travaillé au sein de notre cinéma hexagonal, ce qui n’est pas le cas de Nader Homayoun. D’où, peut-être la différence de considération.

Et puisqu’il est question d’économie, disons que puisque tout semble fonctionner à minima, le spectateur peut légitimement se demander s’il ne pourrait pas faire l’économie de ce film-ci.

Les Condamnés


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Les Condamnés (1947) de Georges Lacombe


Voilà ce que c'est que de trop tarder à écrire sur un film oubliable : impossible de se souvenir de cette histoire de bienfaiteur de l'humanité qui découvre qu'il est cocu, si ce n'est que la trame était sans intérêt, qu'il s'agissait d'un drame bourgeois dans la pire tradition du genre, que la musique sirupeuse était envahissante, que c'était très mal joué par Pierre Fresnay et Yvonne Printemps dans les rôles de Jean et Hélène Severac et que Roger Pigaut s'en tirait plutôt bien dans le rôle de l'amant, le docteur Aubertin.

Seul souvenir un peu plus marquant, la grande Marguerite Pierry dans le rôle de la tante Agathe, qualifiée de "salope pathologique" par le docteur Aubertin, immonde garce que le bonheur des autres "rend malade" (c'est elle qui le dit !). Enfin, un rôle à la mesure de celle que Jacques Siclier range parmi les "Petites Marguerites", aux cotés de l’ « immense » Moreno et de la « ronde » Deval.

jeudi 6 août 2026

Le Dossier Mona Lina


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Shelter (Le Dossier Mona Lina) d’Eran Riklis (2017)

Mona, une jeune Libanaise a infiltré le Hezbollah pour renseigner le Mossad.

Alors qu’elle est sur le point d’être démasquée, le Mossad l’exfiltre vers Hambourg où elle subit une opération esthétique pour changer de visage.

Elle est confinée dans un appartement pour deux semaines, le temps que les séquelles de l’opération aient disparu. Pour la protéger, on lui adjoint la protection de Naomi, un agent du Mossad qui a des consignes très précises concernant les sorties et la vie de tous les jours.

Car le Hezbollah met tout en œuvre pour retrouver celle qui l’a trahi.

Deux semaines après l’avoir vu, je ne peux tout de même pas dire qu’il m’a laissé un souvenir impérissable.

C’est suffisamment embrouillé pour que le scénario ait un petit air « chiadé », il y a beaucoup de redites, de scènes qui se répètent et qui ne tardent pas à nous faire ressentir l’ennui de ces deux femmes que les circonstances ont cloîtrées ensemble, qui n’éprouvent pas beaucoup de sympathie l’une pour l’autre et qui finiront (le croirez-vous !?) par devenir amies.

Nous avons même dans une scène une vague allusion à une relation saphiste, mais ces dames n’iront tout-de-même pas jusque-là.

C’est plutôt bien fait, légèrement ennuyeux, avec un final d’autant plus surprenant qu’il est totalement invraisemblable.

Le casting serait convenable si notre Golshifteh Farahani ne donnait la très nette impression de s’ennuyer beaucoup plus que nous !

Neta Riskin, en revanche est très bien.

Le Concours


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Le Concours (2016) de Claire Simon

L’amphithéâtre de Nanterre où a lieu l’épreuve écrite éliminatoire du concours d’entrée à la Femis est pleine à craquer.

Pourtant à la fin des épreuves, ils seront moins d’une centaine à être admis dans la prestigieuse école.

Car après l’épreuve écrite d’admissibilité, il y aura une série d’oraux qui décideront de l’intégration (ou non) du candidat.

Compte-tenu de certains « chefs d’œuvres » du cinéma hexagonal qu’on nous infuse comme autant de purges et qui nous poussent à nous demander si on est vraiment sûr de ne pas être masochiste, on a un peu peur quand commence ce « concours » d’assister à un numéro de nombrilisme morbide, enfin je veux dire, morbide pour nous !

Le fait est que certains de ces…branleurs apprentis cinéastes réussirent à cornaquer la profession cinématographique et ses satellites -principalement les critiques- qui vont encarter ces pignoufs dont on nous impose les « œuvres ».

Mais, au bout du compte, on les voit peu, les boutonneux et ceux qu’on voit ne semblent pas être les plus « virulents ». Les vraies stars du film (puisque c’est un film, il faut bien des stars !...), ce sont les jurés et leurs réflexions.

Bien que « figurants » dans tous les sens du terme, les candidats cèdent le pas aux jurés qui apprennent à devenir jurés devant nous pendant que les candidats passent leurs épreuves.

Il est quelquefois question d’un candidat parfaitement antipathique, voire « fou », mais dont on pressent le talent ou d’une candidate qui, je cite, « se masturbait sur ses rushes avec les Notes sur le cinématographe de Robert Bresson à la main ».

En fait, Claire Simon (et elle l’a dit) n’était intéressée que par un « Concours » et non par le « Concours de la Femis ».

Claire Simon a choisi la Femis parce qu’elle y enseigne, mais ç’aurait tout aussi bien pu être Sciences Po, Centrale ou X.

Bien sûr, s’il était plus axé sur la Femis, Le Concours nous permettrait peut-être de mieux comprendre comment on peut se faire produire une « œuvre » souvent médiocre, mais qui a coûté très cher.

Mais ce n’est pas ce qui intéressait Claire Simon et, au bout du compte, elle a un tout petit peu raison, non ?

mardi 4 août 2026

Manuel de libération


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Kratkaia instruktsia po osvobogdeniu (Краткая инструкция по освобождению) (Manuel de libération) d’Alexandre Kuznetsov (2016)

Les hôpitaux psychiatriques russes ont une réputation dont, le moins qu’on puisse dire est qu’elle n’est pas très bonne. En plus des récalcitrants au régime, on y enferme des jeunes, plutôt des jeunes femmes, qui ont fugué ou se sont rebellées.

Elles ont souvent été « placées » là par leurs propres parents : elles sont enfermées, ne peuvent pas travailler et perdent même leurs droits de citoyennes.

C’est pourquoi certaines ont entamé un combat contre l’état pour recouvrer leurs droits.

La Russie n’a jamais été une grande démocratie : des Boyards du Moyen-Age aux apparatchiks de l’Union Soviétique et des Romanov à Poutine, il s’est toujours avéré quasi-impossible de prolonger les ouvertures démocratiques que certaines périodes de transition (comme la Perestroïka de Gorbatchev, dernière de ces périodes en date) pouvait offrir au pays.

Les hôpitaux psychiatriques russes ont eux aussi une réputation exécrable. Ils servaient déjà de « prisons de substitution » à l’époque des Romanov, mais c’est au sein de l’Union soviétique qu’ils acquirent leur triste notoriété.

Ici, on ne nous montre pas des ex-opposants politiques sous anxiolytiques et aux regards de légumes, mais de toutes jeunes filles qui ne se sont opposés qu’à leurs parents. Elles sont placées dans ces « institutions » jusqu’à leurs majorités… ou sine die !

Non seulement elles sont enfermées, mais elles sont complètement privées de leurs droits civiques, ne pourront jamais travailler, se marier ou avoir des enfants.

Le documentaire s’attache à deux de ces filles, Yulia et Katia, qui vont revendiquer leur libération. Une des deux l’obtiendra.

Le film est très classique dans sa facture. Il fait ce que les documentaires font de mieux (quand ils le font !) : s’accrocher à un simple regard fut-il de plaisir, de dégoût, de peur ou de désespoir.