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Soleil noir (1966) de Denys de la Patellière
Rodier, un très riche homme d’affaires, est à l’agonie. Il demande à sa fille Béatrice de partir en Afrique chercher Guy, son fils aîné, avec qui il est brouillé depuis plus de vingt ans. Le vieil homme mourant craint la rapacité du reste de la famille qui ne manquera certainement pas de déshériter le paria.
Guy s’est réfugié à Tomba puisqu’il est condamné à mort par contumace en France pour avoir collaboré avec les nazis. Béatrice va tenter de ramener la brebis galeuse.
Denys de la Patellière avait la réputation d’être l’un des plus sinistres sous-marinier du cinéma français, une sorte de sous-Bernard Borderie, ce qui n’est pas peu dire. Tout de suite après Le Tonnerre de Dieu, il reprend son interprète principale (Michèle Mercier), son dialoguiste (Pascal Jardin), le scope, auquel il ajoute la couleur, et espère recartonner.
Mais l’exotisme de pacotille ne compense pas la trame du très joli roman de Bernard Clavel (qu’il avait d’ailleurs trahi) et Daniel Gélin, qui semble s’ennuyer autant que nous, ne fait pas oublier Gabin, même « gabinisant » à l’excès. Michel de Ré serait plutôt bien, mais Jean Topart est grotesque.
Jardin essaie, une fois de plus, de jouer les Audiard, mais il est aussi proche du dialoguiste des Tontons flingueurs qu’un substitut de repas peut ressembler à un confit d’oie. Bêtement roublard, sournoisement poujadiste et faussement insolent, ce sinistre nanar est un immonde brouet à oublier de toute urgence.












