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Sorry, We Missed You (2019) de Ken Loach
À Newcastle, Ricky et Abby forment un couple soudé avec leurs deux enfants, Seb et Liza Jane.
Abby est « aide à la personne » et s’occupe de personnes âgées. Ricky, après toute une série de petits boulots, est attiré par le nouveau « miroir aux alouettes » de l’époque numérique, « l’ubérisation », qui donne aux prolos le statut (et surtout l’impression) d’être son propre patron.
Abby vend sa voiture (dont elle avait pourtant un besoin impératif) pour que Ricky puisse acheter une camionnette, son instrument de travail.
Mais il va être pris dans un engrenage épouvantable dans lequel il doit courir tout le temps pour tout juste gagner de quoi vivre.
Ken Loach n’a jamais fait mystère de ses convictions politiques et de son radicalisme marxiste, depuis son premier film Poor Cow (Pas de larmes pour Joy) en 1967.
Mais Ken Loach, comme tout le monde, vieillit : il a eu 83 ans cette année. 33 films plus tard, les convictions sont intactes, mais son style « à la Dickens » est comme lui, il a pris de l’âge !
Et, surtout, ce qui est excessif est sans valeur. Depuis quelques années, Loach a tendance à surligner tout ce qui se rapporte à ce qu’on peut définir comme un néo-esclavagisme, mais souvent, il continue à y mettre un peu d’humour (comme dans Moi, Daniel Blake).
Dans ce film-ci, il ne met aucun humour : le premier tiers qui nous montre le discours mensonger et toxique des promoteurs de cette saloperie qu’on appelle « l’ubérisation » est ce qu’il y a de plus réussi, ainsi que l’impeccable casting.
Pour le reste, Loach a quand même beaucoup trop chargé la mule, cette fois-ci !

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