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La Solitudine dei numeri primi
(La Solitude des nombres premiers)de Saverio Costanzo (2010)
En 1984, Mattia a huit ans. Il a une sœur jumelle, Michela, qui est autiste et que sa mère lui confie tout le temps au motif qu’il est le seul à pouvoir la calmer lorsqu’elle est en crise de panique.
Alice ne veut pas aller skier, mais son père, très autoritaire, ne l’entend pas de cette oreille.
En 1991, Mattia est un adolescent intraverti et Alice est rejetée par les autres filles parce qu’elle est « boiteuse ».
Alice et Mattia se rencontrent.
Le roman de Paolo Giordano racontait de façon linéaire les destins croisés d’Alice et Mattia, leur enfance, leur adolescence et leur rencontre, leurs amours inabouties et leurs retrouvailles après une longue séparation.
Mattia et Alice sont deux êtres brisés comme la sœur de l’un et la jambe de l’autre et ces fractures ne seront jamais réparées.
Costanzo, pour son quatrième film, fait le pari risqué de pulvériser la chronologie du roman en faisant un scénario puzzle.
Lorsque c’est réussi, un scénario puzzle peut donner un film fascinant. Mais l’exercice de style demande du doigté et une totale maîtrise de l’histoire et Costanzo s’est peut-être un petit peu trop surestimé.
De ce fait, il réussit un film maniériste (et un peu maniéré), mais lorsqu’on a terminé un puzzle, il est très désagréable qu’il vous reste des pièces et que vous ayez des trous qui ne correspondent pas à ces pièces.
C’est d’autant plus dommage que ses interprètes sont magnifiques et que sa mise en scène est époustouflante. Alba Rohrwacher (Alice adulte), Luca Marinelli (Mattia adulte), Arianna Nastro (Alice adolescente), Vittorio Lomartire (Mattia adolescent) de même que Martina Albano et Tommaso Neri (Alice et Mattia, enfants) défendent leurs personnages superbement. Isabella Rossellini (Adèle, la mère de Mattia) et Aurora Ruffino (Viola, l’amie perverse d’Alice) sont également grandioses, sans oublier Filippo Timi, le clown énigmatique et inquiétant, qu’on avait également apprécié dans Vincere de Marco Bellocchio et dans L’Heure du crime de Giuseppe Capotondi.
Avec cette mère (celle de Mattia) et ce père (celui d’Alice) qui vont, par leur autorité et par leur emprise, causer le malheur de leurs enfants (c’est Adèle qui « oblige » Mattia à toujours « sortir » sa sœur autiste et le père d’Alice est directement responsable de son accident de ski et de son infirmité), la scénario pouvait aller très loin. Mais le film se prend un peu les pieds dans se propres affèteries et même si on ne passe pas loin d’un excellent film, le résultat est raté. C’est dommage !

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