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Le Skylab (2011) de Julie Delpy
Dans l’Eurostar qui la ramène à Paris avec son mari et ses deux enfants, Albertine se souvient de l’anniversaire de sa grand-mère qui fêtait ses 67 ans en ce beau mois de juillet 1979.
Les relations ne sont pas toujours évidentes entre ses parents Jean et Anna, gauchistes, ex-soixante-huitards (on ne disait pas encore « babas » à l’époque), hippies, acteurs de rue et les oncles et tantes plutôt militaires dans la coloniale, tendance à droite de l’extrême-droite, du moins pour deux d’entre eux.
Il y a aussi ses deux grands–mères et son grand-oncle Hubert qui n’a plus toute sa tête.
Encore un « film choral », ces fameuses « comédies dramatiques » qui réunissent une nombreuse famille autour d’un évènement : il y a eu l’enterrement (Ceux qui m’aiment prendront le train), le mariage (Pièce montée et son modèle américain Un mariage), les vacances (Les Petits mouchoirs) … La liste est très loin d’être exhaustive.
Ici, nous sommes à l’anniversaire de la « Mamie » (Bernadette Lafont). Il fait beau (malgré deux averses) et toute la famille est réunie. C’est le propre du genre. Mais Julie Delpy réussit (un peu) à le renouveler.
Il y a toujours les engueulades (autour de la politique) entre frères, beaux-frères et belles sœurs (qui vont de l’extrême droite à l’extrême gauche), arbitrées par les crises d’hystérie de la mamie qui menace de mourir s’ils n’arrêtent pas immédiatement, mais il y a quelques petits plus, principalement dans le comportement des enfants avec le petit cousin facétieux qui raconte des histoires de cul et que le sujet préoccupe beaucoup comme il préoccupe Albertine (la scène des poupées Barbie est hilarante) ou le « grand » cousin (Vincent Lacoste), frère du précédent, boutonneux de 17 ans, « qui s’la pête » avec son paquet de Rothmans glissé dans son maillot de bain : le personnage est très caricatural, mais tout à fait authentique et tellement drôle…
Et puis, il y a les cadavres dans le placard : le tonton facho, perdu et dépressif depuis qu’il n’a plus personne à torturer, la tante qui veut bien que la gauche passe « à condition qu’on ne touche pas à [SA] peine de mort » dont la suppression « entraînerait l’anarchie ».
Tout ça est délicieusement (à peine) exagéré et prétexte à de savoureux numéros d’acteurs : Bernadette Lafont, la grand-mère volontaire, Emmanuelle Riva, la grand-mère un peu perdue, Aure Atika, la tante « de droite », Valérie Bonneton, l’épouse du fasciste dépressif, elle-même pas très bien, bègue et dépassée et Noémie Lvovsky, la tante un peu naïve et très attachante (et très dépassée, elle aussi !) sont toutes remarquables.
Les rôles des hommes sont moins intéressants, ce qui rend les comédiens également moins intéressants. Quant à Julie Delpy elle-même et Eric Elmosnino, ils forment un couple de « babas » assez convenus. C’est Albert Delpy, le papa de Julie, qui incarne l’oncle Hubert, doux dingue de service, qui s’en sort le mieux.
Bref, tout est très convenu, mais un convenu qui peut surprendre et n’est pas déplaisant.

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