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La Classe de neige (1998) de Claude Miller
Le jeune Alexandre part en classe de neige. Mais son père n’a aucune confiance en personne : il maintient ainsi toute sa famille dans une prison étouffante de paranoïa, allant jusqu’à traumatiser son fils avec de pseudo-trafiquants d’organes d’enfants pour annihiler encore sa liberté.
Le père d’Alexandre décide donc d’emmener son gamin lui-même au chalet. Alexandre en a honte, car cet enfermement sécuritaire le coupe un peu plus de ses camarades.
Pour tout arranger, le père d’Alexandre repart avec le sac de son fils qui ne peut plus compter que sur la générosité de ses camarades pour avoir de quoi se vêtir.
De sentiments de honte en obsession de pisser au lit, le séjour d’Alexandre va virer au cauchemar. D’autant qu’un gamin du village voisin a disparu et l’annonce de cette disparition renvoie Alexandre aux angoisses distillées par son père quant au « gang des trafiquants d’organes ».
Plus qu’un film, un livre existe en autant de versions qu’il a de lecteurs. Et le livre d’Emmanuel Carrère, comme beaucoup de ses livres, décrit des faits tangibles à travers un filtre onirique dans lequel chaque lecteur retrouve ses fantasmes et ses peurs.
C’est dire la complexité de critiquer « objectivement » l’adaptation de ce genre de roman. Je vais donc m’y atteler en toute subjectivité.
Tout d’abord, Alexandre m’a paru trop vieux : les peurs de l’enfant chez Carrère sont celles d’un enfant de dix ans, au maximum, et non celles d’un adolescent.
De plus, l’atmosphère du chalet enneigé renvoyait à une prison blanche et gelée qu’on ne retrouve que partiellement ici. On aurait souhaité quelque chose à la fois de plus ouaté et de plus morbide, un peu à la manière d’Un roi sans divertissement de Jean Giono et François Leterrier auquel on pense beaucoup en lisant le livre de Carrère.
Malgré l’excellence d’une interprétation juste et discrète, on aurait souhaité plus de chaleur dans la réalisation face à une ambiance plus glacée.

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