mardi 14 avril 2026

Blanche-Neige et le chasseur


 ***

Snow-White and the Huntsman (Blanche-Neige et le chasseur)

de Rupert Sanders (2012)

 Il y a très longtemps (il était une fois, comme on dit…), un couple royal très bon et très juste régnait sur un pays de forêts, de beaux châteaux de nains et de fées.

La reine mit au monde une petite fille aux lèvres rouges comme le sang, aux cheveux noirs comme l’ébène et au teint pâle comme la neige : elle fut nommée Blanche-Neige.

Mais sa mère mourut alors qu’elle n’était qu’une enfant, le jour même où une armée de soldats envahit le royaume.

Les armées du roi terrassèrent ces soldats et trouvèrent une prisonnière, Ravenna.

Mais en réalité, cette armée était une armée de fantômes dirigés par Ravenna elle-même qui séduisit le roi, se fit épouser et assassina son mari.

Pour que le royaume lui appartienne, elle n’eut donc plus qu’à se débarrasser de Blanche-Neige.

On est plus ici dans Le Seigneur des anneaux de Peter Jackson que chez les frères Grimm ou, à fortiori, chez Walt Disney.

C’est du bon gros blockbuster hollywoodien avec un son à décoiffer un chauve (je sais de quoi je parle !) et des effets numériques à la pelle.

Blanche-Neige n’est plus l’oie blanche d’un conte pour enfant, mais une sorte de Jeanne d’Arc laïque qui lutte, sans jamais rien céder, non pour donner la couronne à un improbable dauphin, mais pour reprendre le pouvoir tombé entre les mains d’une dangereuse magicienne.

Et elle triomphera de tout.

Somptueux livre d’images, le film nous transporte dans un moyen-âge gothique terrifiant et nous fait décoller pendant deux heures.

Kirsten Stewart incarne cette Blanche-Neige guerrière avec tout le panache requis. Chris Hemsworth (le chasseur) et Sam Clapin (le prince William) sont un peu moins convaincants, sans vraiment démériter.

On retrouve toujours avec plaisir Ian Mac Shane, Toby Jones, Johnny Harris, Ray Winstone, Eddie Marsan, Nick Frost et surtout Bob Hoskins en nains plus belliqueux et plus retors que chez Walt Disney.

Sam Spruel qui est Finn, frère amoureux, incestueux et fanatique de Ravenna, la reine démoniaque, est un superbe méchant « qu’on aime haïr » selon la formule consacrée.

Charlize Theron, épine dorsale de ce conte noir, serait assez fabuleuse si elle n’en faisait un poil trop : on a un peu envie de la rebaptiser « Charlize Therique » !

Mais il faut reconnaître que, pour un premier film, c’est assez brillant et que Rupert Sanders, faute d’une forte personnalité qui ne manquera certainement pas de s’affirmer avec le temps, fait preuve de beaucoup de panache.

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire