Kyatapirâ (Le Soldat dieu) (2010) de Wakamatsu Koji
Blessé en 1940 pendant la seconde guerre sino-japonaise, le lieutenant Kurokawa, héros de l’armée de l’empereur Hiro-Hito, reçoit les trois médailles militaires les plus prestigieuses du Japon : mais Kurokawa a perdu ses bras et ses jambes. De plus, il est sourd, défiguré et borgne.
Il est vénéré dans son village comme « Soldat Dieu » et il est demandé à sa femme Shigeko et prendre soin de lui et de servir d’exemple pour la plus grande gloire de la nation et de l’empereur.
Mais dans l’intimité du couple, l’atmosphère est lourde. Kurokawa, qui a toujours été brutal avec sa femme, veut toujours user de « ses droits », mais Shigeko ne se laisse pas faire.
Qui plus est, le « Soldat Dieu » est resté traumatisé par un viol qu’il a commis sur une Chinoise qu’il a tuée ensuite.
Bon d’accord, la guerre, c’est pas beau et un officier qui revient sans bras et sans jambe, c’est pas joli. Et il y a quarante ans l’ex-blacklisté Dalton Trumbo en avait fait un film émouvant, Johnny Got His Gun.
Ici, ce n’est pas l’émotion, ni la compassion, ni même l’empathie pour son héros que cherche Wakamutsu. Il veut simplement dénoncer la guerre et ceux qui la font : son « soldat dieu » est une brute sanguinaire et un violeur.
Avait-il besoin pour autant de nous infliger deux heures de scènes d’autant plus difficile à supporter qu’elles sont répétées… ad nauseam !? Et conclure son film par une chanson grotesque au texte (paraît-il) un peu… sursignifiant.
Dans tout ce fatras, seul l’Ours d’argent à Berlin pour l’actrice Shinobu Terajima (réellement prodigieuse) semble justifié. Personnellement, j’aurai également primé Shima Ohnishi dans le « rôle-titre » qui a dû être particulièrement éprouvant et qu’il interprète avec conviction.

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