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La Chatte (1958) d’Henri Decoin
Lorsque Ménessier tombe du toit de son immeuble pour échapper à la gestapo, sa femme Suzanne prend la relève de son mari en entrant dans la Résistance sous le nom de Cora.
Elle exécute quelques actions de sabotage. Entre deux opérations, elle fait la connaissance d’un journaliste suisse, Bernard Menzel, et tombe amoureuse de lui.
Mais est-il vraiment journaliste et est-il réellement suisse ?
Et non, il ne l’est pas ! Incroyable, non ?
Le plus curieux dans l’histoire, c’est que le scénario est co-signé par le colonel Remy, ancien résistant qui faisait autorité, à l’époque, dans les (nombreux) films traitant de la période de l’occupation.
Certes, La Chatte est une opération commerciale visant ouvertement à faire de Françoise Arnoul un nouveau sex-symbol deux ans après « l’explosion » Bardot. Mais Decoin, Remy et Tucherer auraient pu faire semblant de s’intéresser à leur scénario et y apporter un tout petit peu plus de soin, ne serait-ce qu’au niveau de la vraisemblance. La gestapo vient arrêter Ménestier après avoir repéré son émetteur ; l’homme s’échappe, mais sa femme est à peine molestée. On évite de justesse un « Excusez-moi, madame » de la part de l’officier allemand. Quand on pense aux dizaines de personnes qui ont été déportées pour moins que ça, on se dit que les trois scénaristes ont été pour le moins… distraits.
Et ce n’est que le tout début du film. La suite est à l’avenant, le pompon étant tout de même cette résistante qui tombe amoureuse d’un pseudo-Suisse dont l’accent teuton n’attire à aucun moment sa méfiance. Les confidences sur l’oreiller de la jeune femme entraîneront l’arrestation de tout son réseau.
Bernard Blier et les autres jouent les utilités sans conviction. Bernhard Wicki, réalisateur inspiré du Pont un an plus tard, est beaucoup plus convaincant que les autres en soldat torturé par le rôle de traître qu’on lui fait jouer. Mais ce qui reste du film, c’est la forte présence et le charme extraordinaire de Françoise Arnoul. Le grand succès du film lui est entièrement imputable et entraînera une suite, deux ans plus tard, La Chatte sort ses griffes.

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