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Shan he guren (Au-delà des montagnes) de Jia Zhang-ke (2015)
En 1999, dans la petite ville de Fenyang de la province du Shanxi, au centre de la Chine, Tao est quasiment fiancée à son ami d’enfance Liangzi, mais elle est également courtisée par Zhang Jinsheng, son autre ami d’enfance.
Liangzi est ouvrier dans une mine alors que Zhang Shinseng, hâbleur et extraverti, veut avant tout faire fortune. Il rachète la mine où travaille Liangzi et le met dehors. Puis, il épouse Tao.
Quinze ans plus tard, le couple a divorcé et la garde de leur fils (que Zhang a finement baptisé Dollar) a été confiée à son père.
Dans Le Destin fabuleux de Désirée Clary, Sacha Guitry, qui s’amusait beaucoup à élaborer les génériques de ses films, plaçait le générique au milieu du film, très exactement entre deux époques de la biographie que « le maître » consacre au « grand amour » de Napoléon.
Et c’est entre deux des trois époques évoquées dans ce film-ci (la première et la deuxième) qu’intervient le générique, très succinct il est vrai, puisqu’il s’agît juste du titre du film.
Toute la première partie est donc une séquence pré-générique, mais ce n’est pas qu’à cause du générique qu’elle est perçue comme excessivement longue, c’est aussi parce qu’elle est… dilatée.
On se doute, dès le départ que Tao va lâcher Lianzi, le brave garçon, pour Zhang, le saligaud, crétin bourré de fric qui n’est étouffé, ni par les scrupules, ni par une intelligence excessive.
Aussi, les 40 minutes de cette première partie semblent-elles un peu trop longues.
Heureusement, elle est balayée par la deuxième partie (2014), la plus réussie et la plus passionnante sur les déboires d’une mère et de son fils, devenus étrangers l’un à l’autre.
Et dans la troisième partie, l’enfant, devenu adulte sera un étranger à la fois pour sa mère qu’il a oubliée et pour son père qui le renie, ce voyou plein de fric mais trop bête pour s’exprimer en Anglais en Australie (ce qui fait partie des invraisemblances que d’aucuns ont soulignées).
Le casting est éblouissant : Zhao Tao est Tao, Jing Dong Liang est Liangzi et Yi Zhang est particulièrement remarquable dans le rôle de Zhang Jinsheng, arriviste braillard qui devient ce pauvre taré méprisé par tous, riche, mais raté, ainsi que Sylvia Chang qui est Mia, la prof de chinois de Dollar (qui deviendra son premier amour…), sans oublier les deux interprètes de Dollar, le petit garçon qui n’est même pas mentionné au générique et Zijan Dong, Dollar adulte.
Le film sacrifie à la mode qui n’est pas désagréable (quand elle est justifiée, ce qu’elle est ici…) et qui semble venir du fameux Grand Budapest Hôtel d’Anderson : la première partie (1999) est au format standard, la deuxième (2014) est au format panoramique américain de 1,85 et la troisième (2015) est en scope.
Moins réussi que A Touch of Sin, Au-delà des montagnes nous offre tout de même de bien beaux moments.

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