samedi 5 septembre 2026

Convoi exceptionnel

 


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Convoi exceptionnel (2019) de Bertrand Blier

Taupin, au milieu d’un flot de voiture pousse un caddie vide.

Foster l’interpelle en lui faisant remarquer qu’ils doivent aller tuer tout de suite un certain Le Réveillé. Taupin ne comprend pas au nom de quoi et Foster lui apprend que c’est au nom du scénario.

Mais on n’a pas donné à Taupin le scénario. Les deux hommes essaient de voler le scénario d’un passant, mais ils échouent.

Ils sont donc tous les deux sur le scénario possédé par Foster.

Il y a 40 ans, un « quidam » (Michel Serrault) rencontrait Alphonse Tram (Gérard Depardieu) sur le quai désert de la station du (alors très récent) RER A « La Défense – Grande Arche ». Les deux hommes s’engueulaient à propos du couteau qu’Alphonse Tram possédait. Plus tard, Alphonse Tram sortait de la station RER de la banlieue où il habitait et, dans un couloir, il voyait le « quidam » en train de mourir avec son couteau dans le ventre.

C’était le début d’un film qui ne fit pas un succès foudroyant à l’époque, mais subjugua tous ceux qui s’étaient aventurés à aller le voir.

Depuis Buffet froid est devenu un film-culte, comme Tenue de soirée ou d’autres dont on se souvient moins comme Un, deux, trois… soleil, Merci la vie ! ou Notre histoire.

Bertrand Blier était le roi du scénario déjanté, hors norme, et ce qu’il apportait au cinéma français était unique.

Malheureusement, lorsqu’on écrit un truc dans le style des « cadavres exquis » chers aux surréalistes, ça peut donner des choses extraordinaires, pétillantes, éblouissantes… ou rien. Et ici, c’est rien !

Du coup, Blier se repose sur son (prestigieux) casting : Gérard Depardieu et Christian Clavier, et dans des rôles secondaires Farida Rahonadj, Alex Lutz et Audrey Dana, puis dans de très courtes apparitions Sylvie Testud, Louis-Do de Lencquesaing, Guy Marchand, Bouli Lanners jusqu’à celle dont la courte apparition est tout-de-même marquée par un « tunnel », Alexandra Lamy.

Et ils sont tous excellents !

Signe des temps et surtout, du temps qui passe : Blier (Bertrand) glisse, en guise d’hommage à la carrière de son immense papa Blier (Bernard) un clin d’œil en faisant chanter par Farida Rahouadj Danse avec moi, chanson de Francis Lopez et André Hornez que chantait Suzy Delair dans Quai des orfèvres d’Henri-Georges Clouzot dont les deux grands rôles masculins étaient interprétés par Louis Jouvet et… Bernard Blier.

Mais les « produits » ont beau être de très grande qualité, la tambouille de Blier ne prend plus.

Ça radote, ça piétine ! Blier fait du sous-Blier !

Lorsqu’on devient la propre caricature de ce qu’on a été, il vaut mieux arrêter.

vendredi 4 septembre 2026

Au-delà des montagnes

 


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Shan he guren (Au-delà des montagnes) de Jia Zhang-ke (2015)

En 1999, dans la petite ville de Fenyang de la province du Shanxi, au centre de la Chine, Tao est quasiment fiancée à son ami d’enfance Liangzi, mais elle est également courtisée par Zhang Jinsheng, son autre ami d’enfance.

Liangzi est ouvrier dans une mine alors que Zhang Shinseng, hâbleur et extraverti, veut avant tout faire fortune. Il rachète la mine où travaille Liangzi et le met dehors. Puis, il épouse Tao.

Quinze ans plus tard, le couple a divorcé et la garde de leur fils (que Zhang a finement baptisé Dollar) a été confiée à son père.

Dans Le Destin fabuleux de Désirée Clary, Sacha Guitry, qui s’amusait beaucoup à élaborer les génériques de ses films, plaçait le générique au milieu du film, très exactement entre deux époques de la biographie que « le maître » consacre au « grand amour » de Napoléon.

Et c’est entre deux des trois époques évoquées dans ce film-ci (la première et la deuxième) qu’intervient le générique, très succinct il est vrai, puisqu’il s’agît juste du titre du film.

Toute la première partie est donc une séquence pré-générique, mais ce n’est pas qu’à cause du générique qu’elle est perçue comme excessivement longue, c’est aussi parce qu’elle est… dilatée.

On se doute, dès le départ que Tao va lâcher Lianzi, le brave garçon, pour Zhang, le saligaud, crétin bourré de fric qui n’est étouffé, ni par les scrupules, ni par une intelligence excessive.

Aussi, les 40 minutes de cette première partie semblent-elles un peu trop longues.

Heureusement, elle est balayée par la deuxième partie (2014), la plus réussie et la plus passionnante sur les déboires d’une mère et de son fils, devenus étrangers l’un à l’autre.

Et dans la troisième partie, l’enfant, devenu adulte sera un étranger à la fois pour sa mère qu’il a oubliée et pour son père qui le renie, ce voyou plein de fric mais trop bête pour s’exprimer en Anglais en Australie (ce qui fait partie des invraisemblances que d’aucuns ont soulignées).

Le casting est éblouissant : Zhao Tao est Tao, Jing Dong Liang est Liangzi et Yi Zhang est particulièrement remarquable dans le rôle de Zhang Jinsheng, arriviste braillard qui devient ce pauvre taré méprisé par tous, riche, mais raté, ainsi que Sylvia Chang qui est Mia, la prof de chinois de Dollar (qui deviendra son premier amour…), sans oublier les deux interprètes de Dollar, le petit garçon qui n’est même pas mentionné au générique et Zijan Dong, Dollar adulte.

Le film sacrifie à la mode qui n’est pas désagréable (quand elle est justifiée, ce qu’elle est ici…) et qui semble venir du fameux Grand Budapest Hôtel d’Anderson : la première partie (1999) est au format standard, la deuxième (2014) est au format panoramique américain de 1,85 et la troisième (2015) est en scope.

Moins réussi que A Touch of Sin, Au-delà des montagnes nous offre tout de même de bien beaux moments.

La Consolation


 M

La Consolation (2016) de Cyril Mennegun

Enfant abandonné très jeune par une mère trop jeune, Daniel recherche celle-ci et finit par la trouver.

Mais il apprend son récent décès en même temps.

Il part assister aux funérailles et rencontre Françoise qui était la compagne de sa mère biologique.

Il y a sept ans, Cyril Mennegun avait réalisé Louise Wimmer, un très beau film sur la précarité qui sonnait juste et nous avait fait découvrir Corinne Masiero.

Le seul point commun entre les deux films, d’ailleurs, c’est elle.

Mais en dehors du réalisateur et de l’interprète, il n’y a rien de commun.

Un critique parle « d’austérité radicale », moi je parlerais plutôt d’« ennui abyssale ».

Même Corinne Masiero est atone. Quant à Alexandre Guansé, dans le rôle de Daniel, il semble avoir un certain talent pour le piano (mais on n’en est pas vraiment sûr, car il joue du piano « muet », dans des scènes aussi interminables que dénuées du moindre intérêt !) : qu’il s’attache au clavier et laisse tomber le métier d’acteur. Il est moins expressif qu’un tabouret de piano !

Woman at War

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Kona fer í stríð  (Woman at War) de Benedikt Erlingsson (2018)

Dans la campagne islandaise, une femme provoque un gigantesque court-circuit sur une ligne de haute tension.

La femme, c’est Halia, une cinquantenaire qui a décidé de ruiner l’industrie locale de l’aluminium.

Mais Halia veut adopter un enfant et elle doit aller en Ukraine chercher une petite fille qu’elle considère déjà comme sa fille.

Pour l’aider, elle a sa sœur jumelle Äsa et un « cousin putatif » Sveinbjörn.

Une fois n’est pas coutume : c’est mon entourage qui m’a survendu ce film.

Certes, Halia (comme sa sœur jumelle) est un personnage très sympathique, ainsi que son cousin putatif qui va s’avérer un complice sûr.

Mais après la scène d’ouverture, brillantissime, j’ai trouvé tout le reste poussif.

L’idée de faire jouer « la musique du film » en direct à l’image est certes drôle, mais s’avère extrêmement pénible au bout de trois ou quatre séquences.

Un film vite vu, pas déshonorant, aussitôt oublié !