mardi 4 août 2026

Manuel de libération


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Kratkaia instruktsia po osvobogdeniu (Краткая инструкция по освобождению) (Manuel de libération) d’Alexandre Kuznetsov (2016)

Les hôpitaux psychiatriques russes ont une réputation dont, le moins qu’on puisse dire est qu’elle n’est pas très bonne. En plus des récalcitrants au régime, on y enferme des jeunes, plutôt des jeunes femmes, qui ont fugué ou se sont rebellées.

Elles ont souvent été « placées » là par leurs propres parents : elles sont enfermées, ne peuvent pas travailler et perdent même leurs droits de citoyennes.

C’est pourquoi certaines ont entamé un combat contre l’état pour recouvrer leurs droits.

La Russie n’a jamais été une grande démocratie : des Boyards du Moyen-Age aux apparatchiks de l’Union Soviétique et des Romanov à Poutine, il s’est toujours avéré quasi-impossible de prolonger les ouvertures démocratiques que certaines périodes de transition (comme la Perestroïka de Gorbatchev, dernière de ces périodes en date) pouvait offrir au pays.

Les hôpitaux psychiatriques russes ont eux aussi une réputation exécrable. Ils servaient déjà de « prisons de substitution » à l’époque des Romanov, mais c’est au sein de l’Union soviétique qu’ils acquirent leur triste notoriété.

Ici, on ne nous montre pas des ex-opposants politiques sous anxiolytiques et aux regards de légumes, mais de toutes jeunes filles qui ne se sont opposés qu’à leurs parents. Elles sont placées dans ces « institutions » jusqu’à leurs majorités… ou sine die !

Non seulement elles sont enfermées, mais elles sont complètement privées de leurs droits civiques, ne pourront jamais travailler, se marier ou avoir des enfants.

Le documentaire s’attache à deux de ces filles, Yulia et Katia, qui vont revendiquer leur libération. Une des deux l’obtiendra.

Le film est très classique dans sa facture. Il fait ce que les documentaires font de mieux (quand ils le font !) : s’accrocher à un simple regard fut-il de plaisir, de dégoût, de peur ou de désespoir.

lundi 3 août 2026

Sherlock Holmes


Sherlock Holmes (2009) de Guy Ritchie

 Sherlock Holmes et son fidèle ami, le docteur Watson, traquent un meurtrier en série qui tue des jeunes filles selon un rituel très précis.

Le Détective et son ami parviennent à neutraliser l’assassin, Lord Blackwood que la police arrête.

Lord Blackwood est pendu, mais quelques jours plus tard, des témoins prétendent l’avoir vu, bien vivant.

Conan Doyle chez Matrix ! C’est chic et toc, ça va vite, c’est fatigant, ça fait beaucoup de bruit, on comprend pas tout et on s’ennuie ferme !

Le méchant Blackwood meurt, mais, dans l’ombre, on sent la présence occulte du sombre Moriarty qui n’est ici que spectateur, mais qu’on sent prêt à sévir, puisqu’il a - déjà - engagé Irène Adler, la femme fatale qui sera la seule à briser le cœur du célèbre détective.

Bref, tout ça sent la « sequel » comme on dit chez les Yankees, « suite » chez nous. On évitera d’y aller.

dimanche 2 août 2026

Le Concert


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Le Concert (2008) de Radu Mihaileanu

 Andrei Filipov était le plus grand chef d’orchestre d’U.R.S.S., il y a trente ans.  Il dirigeait l’orchestre du Bolchoï. Mais lorsque Brejnev a fait chasser tous les juifs de l’orchestre, Filipov les a soutenu et fut chassé également. Il travaille toujours au Bolchoï, mais pour le nettoyer : il est « technicien de surface ».

Et c’est pendant qu’il nettoie le bureau du directeur qu’arrive un fax du Théâtre du Châtelet à Paris qui a besoin d’un concert du Bolchoï pour « boucher un trou » dans les quinze jours.

Andrei décide de se substituer avec ses anciens collègues au piètre orchestre actuel du Bolchoï et d’avoir sa revanche. Pour cela, il a besoin de deux choses : le concerto de Tchaïkovski au programme et Anne-Marie Jaquet comme soliste au violon.

Le premier film de Radu Mihaileanu, Train de vie racontait l’histoire de faux déportés et de faux SS, mais tous vrais juifs, qui traversaient ainsi, en train, une Europe dévastée par la guerre pour atteindre la liberté.

Dans Va, vis et deviens, un petit Ethiopien promis à la mort par la famine se faisait, poussé par sa mère, passé pour un Falasha (les Juifs d’Ethiopie) et se faisait adopter par une famille israélienne.

Ici, ce sont les ex-musiciens et l’ex-chef de l’Orchestre du Bolchoï qui prennent la place de l’orchestre en titre.

Les trois films de Mihaileanu ont deux thèmes récurrents : le judaïsme et l’usurpation. Dans le premier, des juifs libres se font passer pour des captifs. Dans le deuxième, un non-juif se fait passer pour un juif. Dans le troisième, des ex-musiciens chômeurs et juifs se font passer pour des actifs, non-juifs.

Et ces usurpations ont plu : Train de vie a été peu vu, mais beaucoup apprécié, Va, vis et deviens a été un grand succès de bouche à oreille (peut-être un peu excessif). Quant à ce Concert après une sortie à la sauvette (savamment orchestrée, quand même), c’est, de nouveau le (faux) bouche à oreille qui en a fait l’un des triomphes cinématographiques de la fin de l’année 2009.

Il faut dire que le scénario joue sur une formule quasi-infaillible : comédie de mœurs pour commencer, mélodrame tire-jus sur fond d’histoire pour finir.

Le problème, c’est que lorsque la comédie patine dans la facilité populiste (jouant sur les idées reçues sur les Juifs et les Russes, puisque les personnages sont les deux) et le mélo s’englue dans la facilité… mélodique (Ah ! Le concerto de Tchaïkovski !).

Quelque soit le talent des comédiens (qui, au demeurant, se contentent du minimum syndical à l’exception de Miou-Miou et Mélanie Laurent qui parviennent à faire croire à leurs personnages), quand ça patine et quand ça s’englue, quelque soit le succès public, on a le droit de détester.

samedi 1 août 2026