dimanche 2 août 2026

Le Concert


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Le Concert (2008) de Radu Mihaileanu

 Andrei Filipov était le plus grand chef d’orchestre d’U.R.S.S., il y a trente ans.  Il dirigeait l’orchestre du Bolchoï. Mais lorsque Brejnev a fait chasser tous les juifs de l’orchestre, Filipov les a soutenu et fut chassé également. Il travaille toujours au Bolchoï, mais pour le nettoyer : il est « technicien de surface ».

Et c’est pendant qu’il nettoie le bureau du directeur qu’arrive un fax du Théâtre du Châtelet à Paris qui a besoin d’un concert du Bolchoï pour « boucher un trou » dans les quinze jours.

Andrei décide de se substituer avec ses anciens collègues au piètre orchestre actuel du Bolchoï et d’avoir sa revanche. Pour cela, il a besoin de deux choses : le concerto de Tchaïkovski au programme et Anne-Marie Jaquet comme soliste au violon.

Le premier film de Radu Mihaileanu, Train de vie racontait l’histoire de faux déportés et de faux SS, mais tous vrais juifs, qui traversaient ainsi, en train, une Europe dévastée par la guerre pour atteindre la liberté.

Dans Va, vis et deviens, un petit Ethiopien promis à la mort par la famine se faisait, poussé par sa mère, passé pour un Falasha (les Juifs d’Ethiopie) et se faisait adopter par une famille israélienne.

Ici, ce sont les ex-musiciens et l’ex-chef de l’Orchestre du Bolchoï qui prennent la place de l’orchestre en titre.

Les trois films de Mihaileanu ont deux thèmes récurrents : le judaïsme et l’usurpation. Dans le premier, des juifs libres se font passer pour des captifs. Dans le deuxième, un non-juif se fait passer pour un juif. Dans le troisième, des ex-musiciens chômeurs et juifs se font passer pour des actifs, non-juifs.

Et ces usurpations ont plu : Train de vie a été peu vu, mais beaucoup apprécié, Va, vis et deviens a été un grand succès de bouche à oreille (peut-être un peu excessif). Quant à ce Concert après une sortie à la sauvette (savamment orchestrée, quand même), c’est, de nouveau le (faux) bouche à oreille qui en a fait l’un des triomphes cinématographiques de la fin de l’année 2009.

Il faut dire que le scénario joue sur une formule quasi-infaillible : comédie de mœurs pour commencer, mélodrame tire-jus sur fond d’histoire pour finir.

Le problème, c’est que lorsque la comédie patine dans la facilité populiste (jouant sur les idées reçues sur les Juifs et les Russes, puisque les personnages sont les deux) et le mélo s’englue dans la facilité… mélodique (Ah ! Le concerto de Tchaïkovski !).

Quelque soit le talent des comédiens (qui, au demeurant, se contentent du minimum syndical à l’exception de Miou-Miou et Mélanie Laurent qui parviennent à faire croire à leurs personnages), quand ça patine et quand ça s’englue, quelque soit le succès public, on a le droit de détester.

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