vendredi 2 octobre 2026

Grande dame d’un jour


 ***

Lady for a Day (Grande dame d’un jour) de Frank Capra (1933)


Annie vit modestement de la vente de ses pommes dans les rues de New York. Elle est aimée et respectée de tous, d’autant qu’elle porte chance à Dave the Dude, le caïd du coin. Mais Annie est tout de même une clocharde qui est assez portée sur la gnôle. Et Annie a un secret, Louise, sa fille, qu’elle n’a pas vu depuis sa plus tendre enfance et qui vit en Europe.

Louise croit que sa mère évolue dans la haute société, car les deux femmes n’ont de relations qu’épistolaires et Annie, dans ses lettres, raconte ce qu’elle veut.

Or, Louise s’est fiancée au fils d’un comte espagnol et la famille de son prétendant tient à rencontrer la mère de Louise. Aussi, tout ce petit monde arrive à New York. Annie est désespérée, mais Dave the Dude va essayer de lui sauver la mise en la faisant passer pour une grande dame pour une journée.

On a beaucoup raillé la naïveté de Capra, malgré le respect unanime qu’il suscite. Lady for a Day est, de ce point de vue, le film le plus rose qu’il ait réalisé.

Mais on a tous gardé de l’enfance le besoin d’être enchanté, de croire aux bonnes fées, fussent-elles, comme ici, un truand notoire. Et, comme La Vie est belle ou Vous ne l’emporterez pas avec vous, Lady for a Day est un chef d’œuvre qu’on peut revoir sans cesse, en y croyant toujours, même si May Robson n’est pas toujours convaincante.

Comme toujours, le comique de Capra vient faire une sorte de « contrepoint de décompression » au trop plein d’émotion, comme la séquence « d’entraînement » des truands qui doivent se faire passer pour des ducs et des princesses.

Capra réalisera Pocketful of Miracles (Milliardaire d’un jour) en 1961 qui sera son dernier long métrage de fiction et un remake du présent film avec Bette Davis et Glenn Ford.

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire