jeudi 10 septembre 2026

Les Convois de la honte

 


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Les Convois de la honte (2009) de Raphaël Delpard

Entre 1940 et 1944, la Société Nationale des Chemins de fer Français assura le transport de 76000 Juifs, 20000 Tziganes et 38000 résistants français vers l’est, vers les camps d’extermination pour les uns et vers les camps de concentration pour les autres, sans compter des milliers de jeunes français qui partirent pour l’Allemagne dans le cadre du Service du Travail Obligatoire.

Lorsqu’eut lieu le premier festival de Cannes en 1946, le grand prix revint à René Clément pour La Bataille du rail, un film qui glorifiait « l’attitude héroïque » de la S.N.C.F. Et tout le monde était content : la France avait résisté, l’Etat français de Vichy était « nul et non avenu » (Charles de Gaulle dixit) et les trains qui avaient emporté près de 150000 hommes, femmes et enfants vers la mort s’étaient remplis et conduits tout seul.

Malheureusement, cette fable semble difficilement crédible quelques années plus tard. Certes, quelques cheminots se sont engagés dans la Résistance, mais ce fut à titre personnel et contre la direction de la S.N.C.F. qui mit tout son zèle à collaborer avec l’occupant. « Un peuple grandit de ses erreurs, jamais de ses mensonges », c’est ce que nous montre Raphaël Delpard dans cet excellent documentaire qui est clair, ne se répète pas (ce qui est plutôt rare dans les documentaires actuels).

On peut être plus réservé quant aux reconstitutions. En revanche, les extraits de films ont été très soigneusement choisis. Et Les Convois de la honte a très probablement plus de vertus pédagogiques qu’un film récent très contesté, mais jouissant vraisemblablement d’un appui occulte.

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