La Cravate (2019) d’Étienne Chaillou et Mathias Thery
Bastien a vingt ans. Il milite au Front National (devenu en 2018, Rassemblement National) et en 2017, les cadres du parti lui demandent de s’engager davantage pour la campagne en vue de l’élection du Président de la République pour la candidature de Marine Le Pen.
Les réalisateurs donnent à Bastien, une fois les prises de vue terminées, le script du film pour qu’il l’approuve.
Et c’est pendant qu’il lit ce script que nous voyons ce film.
Le procédé eut pu être intéressant.
Seulement voilà : les deux réalisateurs sont désespérément passionnés par leur prose et ils nous la servent in-extenso.
La logorrhée insupportable ne laisse aucun silence, aucun soupir (comme on dit en musique) !
Leur film précédent, La Sociologue et l’ourson, était déjà un peu bavard, mais ici, on atteint la caricature.
Le « héros » semble avoir des convictions politiques, certes totalement débiles et haïssables, mais ce sont les réalisateurs qui en parlent : en lui faisant lire leur script, ils se font signer un blanc-seing qui les exempte de lui laisser la parole.
Au bout de trois minutes de diarrhée verbale et en constatant que ça allait durer tout le film, j’ai complètement décroché : je ne comprenais plus ce qui se disait sur les images animées, accompagnées du ronron logorrhéique des réalisateurs.
Ce « monologue de sourds » est, fort heureusement, immédiatement oublié. De toute façon, qu’y avait-il à retenir ?

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