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Le Chat du rabbin (2011) de Joann Sfar et Antoine Delesvaux
A Alger, dans les années 20, le rabbin Sfar vit avec sa fille Zlabya, un perroquet insupportable et son chat.
Le chat n’a pas de nom, mais il a un cerveau et il s’en sert. Les humains ne peuvent pas l’entendre penser jusqu’au jour où, las d’entendre les stupidités du perroquet, le chat le mange.
Du coup, il se retrouve doué de la possibilité de parler et comme il veut rester au service de son maître le rabbin parce qu’il aime Zlabya, il veut devenir juif à part entière et faire sa bar-mitsva.
L’humour juif est en général attribué aux Ashkénazes et cet humour, on l’oppose à la vulgarité (réelle ou supposée) des Séfarades.
Ici, nous sommes face à un humour typiquement séfarade, un humour tendre, fou et entraînant. Mais curieusement, pour toute personne connaissant les chats, c’est également un humour félin.
Tout cela donne une parfaite réussite, un grand film qui donne tout à la fois envie de revoir le film, de lire les bandes dessinées et… d’avoir un chat. Il y a bien longtemps que je n’avais perçu un tel charisme chez un « personnage ». Ce chat est tout simplement une merveille, drôle, truculent, menteur, gaffeur, rusé, tout tourne autour de lui et le graphisme bizarre qui le représente et qui, à priori, le ferait plus ressembler à un renard qu’à un chat, finit par séduire et nous faire penser que ce chat est plus vrai que tous les chats qu’on a pu voir.
A vrai dire, il faut remonter à Tex Avery pour trouver un chat aussi charmant. Il faut dire que celui-ci bénéficie de la voix de François Morel.
La voix du comédien associé aux mimiques du graphisme font merveille : la scène où il insulte le rabbin du rabbin en lui disant qu’il est mauvais parce qu’il est vieux et seul et que ses parents sont morts vaut à elle seule le déplacement.
Tous les autres personnages sont truculents : Zlabya, le rabbin, son cousin le cheikh Mohamed Sfar, l’âne de celui-ci, le prince, l’intégriste Soliman, Vastenov sans oublier un Tintin et un Milou étrangement empâtés, passablement crétins et racistes.
La musique d’Olivier Daviaud mélangeant thèmes orientaux et musique spécifiquement Ashkenaze, achève de nous dorloter dans cette ambiance magique où les chats prônent l’amitié entre les peuples et où les Juifs russes rêvent à une Jérusalem dorée, perdue chez les Falachas. Un film où on est bien !

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