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Les Chatouilles (2018) d’Andrea Bescond et Éric Métayer
Odette est une enfant très douée pour la danse. Elle vit chez ses parents qui la pousse dans cette voie.
Malheureusement, ils la confient souvent à leur « meilleur ami », Gilbert, un respectable père de famille qui aime « jouer aux chatouilles » avec la petite fille.
Devenue adulte, Odette raconte son enfance et « les chatouilles » à une psychiatre.
Andrea Bescond a écrit et joué ce spectacle, mis en scène par Éric Métayer, avec beaucoup de succès.
Évidemment, succès aidant, l’idée du film leur est venue et ils l’ont coréalisé tous les deux.
Et ils ont décidé de reprendre ce qui semble avoir été la structure du spectacle théâtral original selon le principe de la comédienne unique qui joue tous les rôles et passe très vite d’une idée à l’autre, d’une histoire à l’autre.
Le subterfuge scénaristique qui se substitue à la narration directe au public, c’est la psychanalyse, ce qui n’est pas très nouveau, mais très efficace.
Malheureusement, l’histoire se perd dans les méandres d’une biographie compliquée qui va de la pédophilie dont la petite fille est victime jusqu’à sa passion de la danse en passant par la case « caillera » tout à fait invraisemblable en l’occurrence.
De plus, Andrea Bescond n’est ni excellente danseuse, ni une comédienne exceptionnelle. Ce qui rend sa « résilience » (mot poubelle à la mode que je déteste) par la danse poussive et, par moments, assez ridicule.
Au niveau du casting, trois bons points, trois mauvais points.
Pierre Deladonchamps campe extraordinairement un « monstre ordinaire » plus effrayant dans sa douceur cauteleuse tout en nuance qu’un authentique sadique hystérique comme le cinéma en raffole habituellement. Carole Franck est une psy impressionnante de justesse et, comme la figure du pédophile par Pierre Deladonchamps, sans caricature et Cyrille Mairesse, une excellente (toute) jeune comédienne dans le rôle d’Odette enfant.
On peut aussi mentionner Gregory Montel, très bien dans le rôle très touchant (et très « laissé pour compte ») de Lenny, le compagnon d’Odette qui lui sert, naturellement, d’exutoire, voire de puching ball.
Après, ça se gâte !
Il y a, bien sûr et j’en ai parlé, Andrea Bescond elle-même.
Et puis, « les parents » : là, c’est dans le scénario que ça pêche ! Les deux réalisateurs-auteurs-scénaristes (et accessoirement, interprètes) ont franchement chargé la barque.
Le père, qui est une montagne de bienveillance contre la mère monstrueuse qui, bien qu’elle ne soupçonne, à priori, rien, n’en tient pas moins de la salope intégrale, mélange de La Thénardier, de Folcoche dans Vipère au poing et de « madame Lepic » dans Poil de carotte.
Clovis Cornillac en rajoute beaucoup dans le benêt gentil tandis que Karine Viard (qu’on commence peut-être à voir un peu trop !) est une véritable caricature de la mère-mégère et maquerelle : certaines scènes sont tellement mal écrites qu’elle semble envoyer volontairement (et avec jouissance) sa fille se faire violer.
Et ça a un peu tendance à éclipser les (indéniables) bons côtés du film.

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