mardi 6 octobre 2026

Corps étranger

 


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Corps étranger (2016) de Raja Amari

Samia, comme beaucoup de Tunisiens, a traversé la Méditerranée sur une embarcation de fortune qui a coulé, heureusement pour elle, près du rivage français.

Elle monte à Lyon où elle retrouve Imed, un ami d’enfance, qui va l’aider. Mais Imed et ses amis sont très admiratifs pour le frère de Samia, un radicalisé en prison. Or, c’est Samia qui l’a dénoncé et elle a très peur qu’il puisse la retrouver. Elle évite donc ce milieu et cherche du travail.

Elle est engagée par Leïla une veuve qui vient de perdre son riche mari.

Leïla se retrouve un peu dans cette jeune Tunisienne un peu perdue. Elle décide de l’aider à avoir des papiers et les deux femmes deviennent amies.

La scène d’ouverture est la plus impressionniste du film. Nous savons tous, hélas que la Méditerranée est en train de devenir le plus grand cimetière du monde.

Nous voyons ceux qui sont en train de se noyer, les papiers d’identité, les passeports, des objets personnels, des photos, des petits souvenirs…

Samia s’en sort seule : elle a la chance d’être jetée sur la plage. Elle n’est donc pas « prise en charge » par des autorités.

Et ce qu’elle a fui, c’est l’intégrisme et l’intégrisme au sein de sa propre famille.

Bien sûr, lorsqu’elle retrouve Imed et ses « colocataires » à Lyon, elle perçoit chez eux l’admiration qu’ils portent à ce frère qu’elle a fui et pour lequel elle a risqué sa vie lors de sa traversée de la Méditerranée.

Plus finement que dans Secrets, Raja Amari fait durer le malaise jusqu’à ce que le malaise s’installe.

Samia est libre et sensuelle et elle joue sur l’attirance qu’elle provoque, que ce soit chez Imed ou chez Leïla. Or, il s’agit de trois personnes musulmanes dont un homme assez ambigu sur les rapports qu’il entretient avec le radicalisme.

Comme toujours dans ces cas-là, la direction d’acteurs est primordiale et elle est ici parfaite : Salim Kechiouche est très bien dans un rôle, hélas pour lui, un peu de faire-valoir. Sara Hanachi porte le film dont elle occupe pratiquement tous les plans et elle est excellente.

Evidemment, celle qu’on retient le plus, c’est la grande Hiam Abbass bien que son rôle de Leïla soit un peu sacrifié comme celui d’Imed, un rôle moins intéressant que celui de Oum Yazan qu’elle tenait dans Une famille syrienne.

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