mardi 27 janvier 2026

Le Grand alibi


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Stagefright (Le Grand alibi) d’Alfred Hitchcock (1950)


Eve Gil aide Jonathan Cooper à s’enfuir. Il lui raconte comment sa maîtresse Charlotte Inwood, la fameuse actrice, est arrivée chez lui, sa robe tachée de sang, en lui annonçant qu’elle venait de tuer son mari. Jonathan s’est rendu chez elle pour chercher une robe propre, mais il a été surpris par l’habilleuse de Charlotte qui l’a reconnue.

Eve emmène Jonathan se réfugier chez son père. Et pour l’aider, elle soudoie l’habilleuse pour prendre sa place quelques temps afin d’espionner Charlotte.

Dans le même temps, elle fait la connaissance de l’inspecteur Smith qu’elle va fréquenter par intérêt avant de tomber amoureuse de lui.

C’est un Hitchcock qui n’a pas très bonne réputation. Le maître lui-même n’appréciait que très moyennement ce polar qui repose entièrement sur un flash-back mensonger qui induit le spectateur en erreur jusqu’au bout : comme le dit Hitchcock, on admet qu’un personnage mente et on admet de voir une évocation sous forme de flash-back, mais on admet pas de voir une image mentir.

En fait, le problème se trouve ailleurs : l’ennui avec ce Grand alibi (titre idiot qui ne correspond à rien), c’est que les personnages principaux sont très niais et l’histoire inconsistante. Du coup, il devient frustrant de voir la grande Marlène jouer les utilités.

lundi 26 janvier 2026

Les Chatouilles

 


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Les Chatouilles (2018) d’Andrea Bescond et Éric Métayer

Odette est une enfant très douée pour la danse. Elle vit chez ses parents qui la pousse dans cette voie.

Malheureusement, ils la confient souvent à leur « meilleur ami », Gilbert, un respectable père de famille qui aime « jouer aux chatouilles » avec la petite fille.

Devenue adulte, Odette raconte son enfance et « les chatouilles » à une psychiatre.

Andrea Bescond a écrit et joué ce spectacle, mis en scène par Éric Métayer, avec beaucoup de succès.

Évidemment, succès aidant, l’idée du film leur est venue et ils l’ont coréalisé tous les deux.

Et ils ont décidé de reprendre ce qui semble avoir été la structure du spectacle théâtral original selon le principe de la comédienne unique qui joue tous les rôles et passe très vite d’une idée à l’autre, d’une histoire à l’autre.

Le subterfuge scénaristique qui se substitue à la narration directe au public, c’est la psychanalyse, ce qui n’est pas très nouveau, mais très efficace.

Malheureusement, l’histoire se perd dans les méandres d’une biographie compliquée qui va de la pédophilie dont la petite fille est victime jusqu’à sa passion de la danse en passant par la case « caillera » tout à fait invraisemblable en l’occurrence.

De plus, Andrea Bescond n’est ni excellente danseuse, ni une comédienne exceptionnelle. Ce qui rend sa « résilience » (mot poubelle à la mode que je déteste) par la danse poussive et, par moments, assez ridicule.

Au niveau du casting, trois bons points, trois mauvais points.

Pierre Deladonchamps campe extraordinairement un « monstre ordinaire » plus effrayant dans sa douceur cauteleuse tout en nuance qu’un authentique sadique hystérique comme le cinéma en raffole habituellement. Carole Franck est une psy impressionnante de justesse et, comme la figure du pédophile par Pierre Deladonchamps, sans caricature et Cyrille Mairesse, une excellente (toute) jeune comédienne dans le rôle d’Odette enfant.

On peut aussi mentionner Gregory Montel, très bien dans le rôle très touchant (et très « laissé pour compte ») de Lenny, le compagnon d’Odette qui lui sert, naturellement, d’exutoire, voire de puching ball.

Après, ça se gâte !

Il y a, bien sûr et j’en ai parlé, Andrea Bescond elle-même.

Et puis, « les parents » : là, c’est dans le scénario que ça pêche ! Les deux réalisateurs-auteurs-scénaristes (et accessoirement, interprètes) ont franchement chargé la barque.

Le père, qui est une montagne de bienveillance contre la mère monstrueuse qui, bien qu’elle ne soupçonne, à priori, rien, n’en tient pas moins de la salope intégrale, mélange de La Thénardier, de Folcoche dans Vipère au poing et de « madame Lepic » dans Poil de carotte.

Clovis Cornillac en rajoute beaucoup dans le benêt gentil tandis que Karine Viard (qu’on commence peut-être à voir un peu trop !) est une véritable caricature de la mère-mégère et maquerelle : certaines scènes sont tellement mal écrites qu’elle semble envoyer volontairement (et avec jouissance) sa fille se faire violer.

Et ça a un peu tendance à éclipser les (indéniables) bons côtés du film.

Stan et Ollie


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Stan and Ollie (Stan et Ollie) de Jon S. Baird (2018)

En 1937, Stan Laurel et Oliver Hardy sont au faîte de leur gloire. Ils rapportent à leur producteur Hal Roach plus d’argent que n’en rapportent Chaplin ou Keaton.

Du coup, Stan voudrait négocier une « augmentation substantielle » et menace Hal Roach de le quitter.

16 ans plus tard, le duo est un peu oublié et un producteur veut leur faire faire une tournée théâtrale en Angleterre.

Mais ils ont beaucoup de mal à remplir une salle et le plaisir de jouer de nouveau ensemble est bien souvent troublé par la réapparition des vieilles rancœurs.

Au temps de ma lointaine jeunesse, Laurel et Hardy étaient encore des stars. Oliver Hardy est mort en 1957 et Stan Laurel en 1965, mais on voyait leurs films à la télévision qui, à l’époque en noir et blanc, se jetait encore sur les films des années 30.

De plus, comme tous les duos célèbres (Fred Astaire-Ginger Rogers, Abbott et Costello et, en France, Poiret et Serrault, les Frères Ennemis, etc…), ils ont été l’objet des rumeurs, souvent mensongères : ils se détestaient, Laurel était « le cerveau » (ça, c’est vrai !), etc…

Pour ce qui est de la détestation mutuelle, ça, c’est le lot de tous les duos. Le public veut toujours avoir l’air de savoir ce qui se passe en coulisse et c’est toujours le contraire de l’image public de l’artiste ou, en l’occurrence, des artistes.

Bien sûr lorsqu’on travaille pendant des décennies ensemble, il y a des heurts, des moments où on ne peut plus se supporter, surtout dans un métier où l’image qu’on renvoie de soi est primordiale et où il est difficile de partager l’affiche.

Il est plus que probable que nos duettistes ont connu ça, mais Stan Laurel, pendant les huit ans durant lesquels il a survécu à Oliver Hardy, continua à écrire des sketches pour eux deux.

« Je nous aimais ! » dit Stan, désespéré, à Oliver au moment de leur rupture (temporaire).

Cette réplique et l’écriture de « gags posthumes » par Laurel ouvrent une brèche vers une problématique que le film ne fait qu’effleurer : le duo, c’était leur vie, leur passion. Ce qui les liait, ce n’était pas Stanley Laurel pour Oliver Hardy et réciproquement, c’est Stan et Ollie (Laurel et Hardy, pour nous français), les personnages publics du petit maigre un peu débile et très ahuri et du grand gros maladroit, ce qu’ils n’étaient ni l’un, ni l’autre.

Et c’est le principal défaut de ce film, pas déshonorant du reste. En revanche, d’avoir mis en avant les rôles de leurs épouses respectives s’entendant, apparemment, comme chien et chat, mais liées par une amitié réelle, au bout du compte, correspondant bien à celle de leurs maris. Elle est à mettre au crédit de ce biopic agréable, mais qui eut mérité d’être un peu plus fouillé au niveau psychologie des personnages.

Steve Coogan et John C. Reilly sont les héros éponymes, le premier anglais, le second américain comme leurs personnages, et ils sont excellents, allant jusqu’à faire oublier qu’ils ne ressemblent pas vraiment aux deux fantaisistes, bien que le maquillage s’ingénie un peu lourdement à vouloir faire oublier cette dissemblance surtout dans le cas de Hardy/Reilly.

Nina Arianda est la volcanique Ida Laurel tandis que Shirley Henderson est la « sèche » Lucille Hardy et leurs interprétations sont au moins aussi réussies que celles de leurs « maris » !

Le Chat du rabbin


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Le Chat du rabbin (2011) de Joann Sfar et Antoine Delesvaux

 A Alger, dans les années 20, le rabbin Sfar vit avec sa fille Zlabya, un perroquet insupportable et son chat.

Le chat n’a pas de nom, mais il a un cerveau et il s’en sert. Les humains ne peuvent pas l’entendre penser jusqu’au jour où, las d’entendre les stupidités du perroquet, le chat le mange.

Du coup, il se retrouve doué de la possibilité de parler et comme il veut rester au service de son maître le rabbin parce qu’il aime Zlabya, il veut devenir juif à part entière et faire sa bar-mitsva.

L’humour juif est en général attribué aux Ashkénazes et cet humour, on l’oppose à la vulgarité (réelle ou supposée) des Séfarades.

Ici, nous sommes face à un humour typiquement séfarade, un humour tendre, fou et entraînant. Mais curieusement, pour toute personne connaissant les chats, c’est également un humour félin.

Tout cela donne une parfaite réussite, un grand film qui donne tout à la fois envie de revoir le film, de lire les bandes dessinées et… d’avoir un chat. Il y a bien longtemps que je n’avais perçu un tel charisme chez un « personnage ». Ce chat est tout simplement une merveille, drôle, truculent, menteur, gaffeur, rusé, tout tourne autour de lui et le graphisme bizarre qui le représente et qui, à priori, le ferait plus ressembler à un renard qu’à un chat, finit par séduire et nous faire penser que ce chat est plus vrai que tous les chats qu’on a pu voir.

A vrai dire, il faut remonter à Tex Avery pour trouver un chat aussi charmant. Il faut dire que celui-ci bénéficie de la voix de François Morel.

La voix du comédien associé aux mimiques du graphisme font merveille : la scène où il insulte le rabbin du rabbin en lui disant qu’il est mauvais parce qu’il est vieux et seul et que ses parents sont morts vaut à elle seule le déplacement.

Tous les autres personnages sont truculents : Zlabya, le rabbin, son cousin le cheikh Mohamed Sfar, l’âne de celui-ci, le prince, l’intégriste Soliman, Vastenov sans oublier un Tintin et un Milou étrangement empâtés, passablement crétins et racistes.

La musique d’Olivier Daviaud mélangeant thèmes orientaux et musique spécifiquement Ashkenaze, achève de nous dorloter dans cette ambiance magique où les chats prônent l’amitié entre les peuples et où les Juifs russes rêvent à une Jérusalem dorée, perdue chez les Falachas. Un film où on est bien !

Starbuck

 


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Starbuck (2011) de Ken Scott

 David Wosniak travaille avec ses deux frères et son père dans la boucherie en gros familial. Il n’est pas très doué, pas très travailleur et a perpétuellement des problèmes d’argent qui le font côtoyer des personnages peu recommandables et… dangereux !

C’est également pour des raisons d’argent que, dans les années 80, il vendait son sperme sous le pseudonyme de Starbuck.

Alors qu’il vit une liaison « sérieuse » avec Valérie qui vient de lui annoncer qu’elle est enceinte, « Starbuck » apprend ainsi qu’il est le géniteur de 533 enfants dont plus de 200 voudraient connaître leur père biologique.

Immense succès dans « la belle province », le film de Ken Scott a récolté quelques éloges et un succès mitigé chez nous.

C’est drôle, très enlevé, très bien dialogué et remarquablement interprété la palme allant à la fois au rôle principal (Patrick Huard) et au rôle secondaire de son avocat (Antoine Bertrand) qui hérite des dialogues les plus drôles.

On s’attache très vite à ce personnage lunaire, adolescent géniteur de 533 enfants alors qu’il n’est même pas sûr de pouvoir assumé une seule paternité.

Certains esprits chagrins y ont senti un « arrière goût moralisateur ». On se demande bien où !

Ce doit être son statut (revendiqué) de « Feel Good Movie » qui fait ça : décidément, cette catégorie de films n’a pas la carte.

The Charmer

 


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Charmøren (The Charmer) de Milad Alami (2017)

Esmail est déménageur au Danemark. Mais le soir, il va dans les bars huppés de la ville pour draguer de jeunes et riches Danoises qui devraient lui permettre - du moins, c’est ce qu’il espère !- d’obtenir sa carte de séjour.

Car Esmail est iranien et il envoie tout son argent à sa famille.

Mais s’il parvenait à se mettre en ménage avec une Danoise, il obtiendrait sa carte de réfugié.

Par hasard, il fait la connaissance de Sara qui est d’origine iranienne. Elle est la fille de Leïla, une chanteuse connue.

Mais dans le même temps, il est harcelé par un homme qui s’avère être l’ex-mari d’une ex-conquête d’Esmail.

Milad Alami est un cinéaste danois d’origine iranienne ou, plus exactement, un Iranien installé au Danemark depuis 10 ans. Son premier long métrage raconte donc l’histoire d’un Iranien qui veut s’installer au Danemark.

Mais pour y parvenir, il compte sur le « soutien » d’une femme danoise, même si cette femme n’est pas au courant.

Ce qu’il cherche, c’est pratiquement le contraire d’un mariage blanc. Il veut se « mettre en ménage » avec une Danoise, n’importe laquelle et, pour cela, il a, comme on dit, plusieurs fers au feu.

Malheureusement, un de ces « fers » se trouve avoir eu un amoureux plaqué et très rancunier.

Le film est noir, mais très intéressant, tout au moins pendant la première heure. Car tout cela devient assez filandreux pendant les dernières quarante minutes. Et, de ce fait, le film ne laisse pas un souvenir inoubliable.

Très bon casting dominé par Ardalan Esmaili dans le rôle d’Esmail.

dimanche 25 janvier 2026

La Foire aux illusions

 


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State Fair (La Foire aux illusions) d’Henry King (1933)

(Ciné-Classics – 11/04/00)

Abel Frake va se rendre à la foire aux bestiaux pour présenter son verrat « Blue Bird » qu’il espère faire gagner aux concours agricoles. Toute la famille se prépare donc à aller passer quelques jours en ville : Melissa Frake, la femme d’Abel qui concourre pour le prix de la meilleure cuisinière, leur fils Wayne et leur fille Margy.

 

Toute la famille est très excitée. La foire est en effet la seule sortie annuelle dans cette famille de paysans.

C’est un petit film très agréable d’une époque où les paysans au cinéma n’étaient ni les grands héros modernes, ni des bouseux. Louise Dresser dans le rôle de la mère nous offre quelques bons moments comme celui où elle apprend son triomphe ou lorsqu’elle consent, avec un sourire malicieux, à accompagner son mari qui veut voir des danseuses. Autre personnage d’importance, « Blue Bird », le verrat, tour à tour neurasthénique ou ombrageux, mais toujours cabot.

Reste l’exquise Janet Gaynor qui est, par sa grâce et paradoxalement, le gros handicap de ce film charmant : sa délicieuse ingénuité lorsqu’elle arrive à la foire nous renvoie à l’escapade du couple en ville dans un authentique chef d’œuvre, la sublime Aurore de Murnau. Le film de King ne peut souffrir de la comparaison et c’est un peu injuste.

vendredi 9 janvier 2026

Le Charme discret de la bourgeoisie


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Le Charme discret de la bourgeoisie (1972) de Luis Buñuel


Les Thévenet, Florence et l’ambassadeur de Miranda arrivent chez les Sénéchal pour dîner, mais l’invitation était pour le lendemain. Ils décident tous d’aller dans une auberge proche, mais elle est fermée, car le patron vient de mourir.

Thévenot, l’ambassadeur et Sénéchal font des affaires louches, du trafic de drogues. Sénéchal invite Thévenot et l’ambassadeur à déjeuner  le samedi. Pendant ce temps, ces dames vont au salon de thé, mais il n’y a plus de thé.

Le samedi, les Sénéchal décident de faire une petite escapade amoureuse dans leur jardin alors que les invités arrivent. Du coup, Thévenot et l’ambassadeur, craignant une descente de police, s’en vont.

Un nouveau dîner chez les Thévenot est décidé. Mais les grandes manœuvres ont débuté et l’intrusion des officiers interrompt le repas. Le colonel invite tout le monde à dîner chez lui quelques jours plus tard…

… Et personne ne mangera sauf Rafael, l’ignoble ambassadeur du Miranda qui engloutira, seul dans sa cuisine, un rôti de porc à la fin du film.

Entretemps, un militaire aura raconté sa jeunesse, un autre son rêve et un étrange évêque-jardinier aura assouvi sa vengeance, alors qu’un commissaire de police fera, lui aussi, un cauchemar.

Tous ces bourgeois sont insupportables et chichiteux avec leurs rites stupides sur la découpe d’un gigot, sur la préparation et la consommation d’un Dry Martini ou encore sur la façon de servir à ses invités un potage fait « avec les herbes du jardin ».

La charge est excessive, mais plaisante, d’autant que le premier devoir d’un invité est de manger ce que lui a préparé son hôte. Or, ici, personne ne mange jamais.

Le jeu des comédiens est apprêté, lui aussi chichiteux et souvent faux, donc juste au milieu de ces messes stupides que sont les invitations à dîner chez les bourgeois. Cela donne une ambiance feutrée et glacée que vient briser l’ambiance des récits d’enfance ou de rêve où il n’est question que de morts violentes jusqu’au rêve de Sénéchal (à l’intérieur du rêve de Thévenot) dans ce faux dîner de théâtre où ils se retrouvent obligés de jouer la fin du Dom Juan de Molière, le dîner du commandeur. Ces rêves cathartiques qui viennent purger ces humains dégénérés, leurs permettent de retourner sereinement dans leur univers tout à la fois pourri et aseptisé.

jeudi 8 janvier 2026

On sourit pour la photo


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On sourit pour la photo (2021) de François Uzan

Lorsque Claire annonce à Thierry qu’elle le quitte, celui-ci est pris de panique.

Et comme, depuis un moment, il feuillette son album photos, il voudrait bien recréer « l’atmosphère magique » du voyage que la famille fit en Grèce en 1998, Thierry, Claire et leurs enfants Antoine et Karine.

Thierry espère avec ce voyage reconquérir Claire. Mais ce sera d’autant moins facile que leurs « bambins » sont devenus adultes.

Naturellement, rien ne se passe comme Thierry l’avait prévu.

C’est un peu Une petite zone de turbulences version bête et ratée. Là où on avait une certaine tendresse pour le personnage incarné par Michel Blanc, on n’a envie que de tarter le personnage de Gamblin pendant tout le film.

Dans le style petite comédie « à la française » de type « turpitudes de la vie de famille », le cinéma français, qui en est friand, peut afficher quelques réussites, mais aussi tenter de mettre sous le tapis des ratages plus ou moins complets.

Celui-en est un assez monumental avec les aventures lourdingues d’un beauf qui veut « reconquérir sa femme » (on se demande pendant tout le film comment il a pu la « conquérir » une première fois).

Et, le croirez-vous, le film est tellement mauvais qu’il y réussit.

C’est navrant de platitude et de bêtise !

Les Folies fermières


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Les Folies fermières (2021) de Jean-Pierre Ameris

David ne va pas fort : son exploitation d’élevage bovin du Tarn est en train de couler.

Avec l’énergie du désespoir, il lance avec son épouse le premier « cabaret à la ferme » qu’il intitule fièrement « Les Folies fermières ».

Très rapidement, le cabaret remporte un succès foudroyant malgré le scepticisme d’une partie de l’entourage et, particulièrement, mes tentatives de sabotage du grand-père de David, Léo.

En 2011, David Courmette, un éleveur bovin du Tarn, après avoir vainement tenté de sauver son cheptel pendant huit ans d’une galère pas possible, lance avec son épouse le premier « cabaret à la ferme » qu’il intitule « Les Folies fermières ».

Dix ans plus tard, Jean-Pierre Ameris s’empare du sujet pour réaliser un Feel Good Movie.

Au milieu du marasme cinématographique actuel, le film est une sympathique surprise.

Alban Ivanov, Sabrina Ouazani, Michèle Bernier et Bérengère Krief sont excellents, sans oublier le regretté Guy Marchand dans le rôle de Léo, le grand père.

mardi 6 janvier 2026

Restez à l’écoute

 


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Stay Tuned (Restez à l’écoute) de Peter Hyams (1992)

(Ciné-Cinémas – 27/04/98)

Roy Knabble est un « téléphage » fou. Sa femme Helen ne supporte plus de le voir vivre devant sa télé et elle est sur le point de le quitter. Alors que leur fils et leur fille sont allés passer la nuit ailleurs pour les laisser seuls, Roy reçoit la visite d’un étrange vendeur de télé, Mr Spike, qui laisse à Roy « à titre d’essai » son fantastique matériel qui permet de recevoir 666 chaînes (le chiffre est important).

 

De fait, pendant une dispute dans le jardin, Roy et Helen sont « aspirés »  par la parabole de Mr Spike et se retrouve dans un jeu TV « Vous ne pouvez pas gagner ». Et ça ne fait que commencer, car ils doivent subir 24 heures d’épreuves diverses avant de retourner dans la réalité, s’ils réussissent. Mais Mr Spike, le « Méphisto cathodique », va s’acharner à les faire perdre pour récupérer leurs âmes.

Pourquoi ce film truculent n’est-il jamais sorti en salle en France ? D’autant que la cinéphilie galopante, pathologique et quelquefois cuistre du public français aurait pu assurer au film un succès honorable dans notre beau pays.

En effet, les aventures « polymorphes » de Roy et Helen sont entrecoupées de pubs (Normal, on est à la télé). Et quelles pubs ! De la gym aérobic L’Exorciste (où on vous apprend à tourner la tête à 180°) à la muselière pour enfants en voiture Le Silence des agneaux, en passant par les citations de Miss Daisy et son chauffeur, 3h10 pour Yuma, Star Trek, les soap et les sitcom.

C’est mené à un train d’enfer (c’est le cas de le dire !) et on s’amuse probablement autant que ceux qui l’ont fait.

Une comédie comme on ne sait plus trop en faire et surtout, un petit bijou à redécouvrir.