mardi 16 juin 2026

Lacenaire


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Lacenaire (1990) de Francis Girod


Le 9 janvier 1836, l’assassin Pierre-François Lacenaire monte sur l’échafaud pour être guillotiné. Juste avant, il a confié ses mémoires au préfet Allard.

 

Il y raconte sa jeunesse à Saint Auvant, le séminaire, etc…

Dans les années cinquante, les jeunes loups de ce qui allait devenir la vague dite nouvelle n’avaient pas de mot assez durs pour parler de la « qualité française », façon Autant-Lara ou Delannoy.

Trente-cinq ans plus tard, ces petits messieurs ont perdu leur guerre salonarde : on ose encore, en l’an de grâce 1990, faire des choses comme ça.

Scénario approximatif, dialogue roublard, voire racoleur, distribution brillante. Ça vous a un petit côté musée Grévin : « Oh ! Gérard Desarthe ! », « Tiens, Jean Poiret ! », « Ah ! François Périer ! », « Mon Dieu ! Geneviève Casile ! », etc… etc… On se surprend quelquefois à la vue de l’un ou de l’autre à se dire : « Tiens, il (elle) n’est pas mort(e) ? »

Ce qui aurait pu être le portrait d’une époque (la monarchie de juillet n’a que très peu et très mal été traitée au cinéma) n’est qu’une veine et creuse chronique oscillant entre sous-Achard et sous-Guitry.

Quant au personnage principal, fat assassin et dandy hystérique, il ne vaut que par la notoriété que lui donna Jacques Prévert à travers l’interprétation de Marcel Herrand dans Les Enfants du paradis.

C’est uniquement sur cette réminiscence mythique que se base la présente petite opération commerciale qui fut un flop retentissant. Ça n’a pas toujours été le cas, mais ici, il y a eu une justice.

Des quatre amoureux de Garance, il y avait deux bons numéros (Debureau et Lemaître) et deux ringards (Lacenaire et le comte). Prétentieux dés le départ, les ordonnateurs de cette chose prirent le parti de s’occuper de celui des deux ringards ayant réellement existé.

Ridicule de bout en bout, cette pauvre petite chose ne s’apprécie même pas au second degré.

Les acteurs font ce qu’ils peuvent, et même au-delà, mais si un film a besoin d’acteurs, les acteurs ne sont pas un film.

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