samedi 7 février 2026

Cherchez la femme

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Cherchez la femme
(2017) de Sou Abadi

Leïla est étudiante à Sciences Po et elle forme, avec son condisciple Armand, un couple charmant. Ils doivent tous deux partir en stage à New York.

Mais le frère aîné de Leïla revient en France après un séjour au Yémen. Il est devenu très « croyant ». Et comme tous les intégristes, il commence par empêcher Leïla de retourner à Sciences Po et à vouloir la « fiancer » à un de ses anciens copains de cité qui est, lui aussi, devenu un « bon musulman ».

Armand, prêt à tout pour sauver Leïla, se vêt d’un voile intégral et, sous le nom de Shéhérazade, se rend chez Leïla pour lui « enseigner la vraie religion ».

Une petite comédie française sans prétention et sortie le 26 juin, on est en droit d’avoir peur.

Et puis, c’est la surprise et, en plus, elle est bonne.

Tout d’abord, elle malmène un peu le radicalisme islamiste qui sévit dans nos banlieues, même s’il ne mène pas systématiquement (contrairement à ce que prétend le front national) au terrorisme djihadiste.

Le rythme du film est soutenu, il n’y a aucun temps mort et, malgré l’invraisemblance de l’intrigue (un jeune Européen se déguise en femme voilée pour voir la femme qu’il aime) et la totale prévisibilité du résultat (le radicalisé tombe amoureux de « Shéhérazade » …), le tout fonctionne très bien.

Il faut dire qu’il y a aussi les personnages secondaires en tête desquels il y a Mitra, la mère d’Armand, une Iranienne anti-mollahs, militante qui s’est battue successivement contre le shah et contre Khomeiny avant d’être réfugiée politique en France. Et puis, il y a deux « disciples » de Mahmoud dont Fabrice qui veut qu’on l’appelle Farid depuis sa conversion et qui, dans l’affolement de la scène finale fait, pour conjurer le mauvais sort, un… signe de croix.

Une excellente comédie, donc, réellement hilarante, ce qualificatif qu’on retrouve dans toutes les promotions de ce genre de comédies, mais qu’on retrouve plus rarement dans les films.

Pour que tout ça fonctionne, il faut, évidemment, de bons comédiens et ils le sont tous. Felix Moati et Camelia Jordana forment un couple tout à fait charmant, Oussama Kheddam, Walid Ben Mabrouk et Oscar Copp sont les trois Pieds Nickelés qui accompagne Mahmoud, tandis que Predag « Miki » Manojlovic, qui est Serbe, joue le père iranien d’Armand, entraîné dans le tourbillon permanent de sa volcanique épouse. Une mention spéciale pour William Lebghil (Mahmoud) qui sort enfin de ses rôles de faire-valoir et, bien sûr, une grande mention pour Anne Alvaro, superbe Iranienne plus vraie que nature.

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