samedi 30 mai 2026

Guerrière


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Kriegerin (Guerrière) de David Wnendt (2011)

 Marisa a vingt ans. Elle fait partie d’un gang de néo-nazis dirigé par son petit ami dans le nord de ce qui fut la R.D.A. Elle vit avec sa mère qui lui témoigne une grande froideur et rend de fréquentes visites à son grand-père, ex-officier dans la SS, qui l’a « éduquée ».

Elle passe son temps à insulter et à cogner tout ce qui n’est pas allemand.

Dans le supermarché que tient sa mère et où elle est caissière, Marisa voit passer deux jeunes réfugiés afghans qu’elle refuse de servir dans un premier temps.

Au sein du gang, l’un des garçons amènent une fille de quinze ans, Svenja, en révolte contre son beau-père et fascinée par le nazisme.

On reproche souvent à notre société de souffrir de jeunisme. Comme les critiques cinématographiques aiment bien se singulariser, ils sembleraient souffrir, quant à eux, de gérontophilie galopante.

Que tel réalisateur ayant passé les 75 ans ponde sur pellicule, plutôt que dans une couche « Confiance », ce qu’il fait est forcément sublime (ça peut aller jusqu’à une Palme d’Or !).

Mais lorsqu’un Allemand de 36 ans réalise son premier long métrage sur un sujet fort (les résurgences néo-nazis dans ce qui fut la R.D.A. qui ne connut pas la « dénazification » de sa sœur jumelle et occidentale, la R.F.A.), le film est accueilli, au mieux, par des mines compassées.

En 1989, le mur de Berlin tombait et, avec lui, tombait le communisme, la R.D.A., la Stasi, mais également un travail pour chacun. La population, déboussolée, découvrait le chômage, la drogue, l’immigration et le vieux démon nazi (une bête qu’on s’était contenté de congeler) pouvait se réveiller en pleine forme après plus de cinquante ans de sommeil léthargique.

Après Barbara de Christian Petzold, David Wnent nous offre un portrait de l’ex-R.D.A., mais celle d’aujourd’hui, cette fois.

Soyons honnête, son film n’a pas la force de celui de Petzold. Il est plus démonstratif, moins fin.

Mais il est porté par une réalisation plus inspirée que brillante et un scénario juste un peu simpliste.

Il est surtout porté par Alina Levshin (Marisa) et un tout jeune débutant (afghan) Soled Ahmad Wasil Mrowat dans le rôle du jeune Rasul et la toute jeune (mais non débutante) Jeela Haase dans le rôle de Svenja, prête à prendre le relais (nazi) de Marisa en rupture de ban, mais dont on espère, c’est ce que sous-entend le film, qu’elle changera d’avis après le drame final.

Un film à voir donc, dans lequel la violence physique laisse peu à peu la place à la violence idéologique des doctrines dégénérées.

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