jeudi 3 septembre 2020

Les Aventures de Sherlock Holmes


The Adventures of Sherlock Holmes (Les Aventures de Sherlock Holmes)
d’Alfred L. Werner (1939)
Faute de preuve, le professeur Moriarty est relâché à l’issue d’un procès pour meurtre.
Au 221b Baker Street, Holmes et Watson reçoivent la visite d’Ann Brandon dont le frère, Lloyd, vient de recevoir une lettre anonyme, un dessin représentant un homme avec un albatros autour du cou, le même dessin que le père d’Ann et Lloyd avait reçu avant de mourir étranglé dix ans auparavant.
Holmes se précipitent au domicile des Brandon, mais il retrouve Lloyd étranglé comme son père.
Nous sommes encore dans une « série B prestige ». Normalement, c’était la M.G.M. qui était spécialiste de ce que j’appelle « série B prestige » selon les directives de Louis B. Mayer himself : « Une série B de la Metro doit ressembler aux séries A des autres ».
C’est d’ailleurs là qu’on peut distinguer les séries B des « Majors » à celles des « Minors », voire des « Poverty Row ». Bénéficiant des « restes », souvent luxueux, des « grands films » (les décors, entre autres, mais également certains techniciens par exemple), les séries B des « Majors » sont des « séries B prestige ».
La série des Sherlock Holmes avec Basil Rathbone et Nigel Bruce est la parfaite illustration du phénomène. Le Chien des Baskerville et ce film-ci, Les Aventures de Sherlock Holmes, sont produits par la 20th Century Fox (une « major ») qui, pour la suite, passe la main à la Universal (une « minor »).
Ici, on n’est encore dans la série B prestige. Après le succès remporté par Le Chien des Baskerville, la Fox rempile, mais pour un seul film.
Le film se situe dans la deuxième décennie du 19ème siècle, donc « historiquement correct » par rapport à une éventuelle biographie du détective.
Dès le film suivant, Holmes et Watson (ainsi que le 221b Baker Street et le professeur Moriarty) vont faire un bon de 50 ans et devenir contemporain de leur année de tournage.
Dans ce film-ci, deux surprises : une star invitée et l’apparition d’un personnage récurrent de Conan Doyle.
La star, c’est Ida Lupino, star atypique hollywoodienne qui, peu de temps après la réalisation de ce film-ci, se lancera dans la réalisation « parce qu’elle s’ennuie sur les tournages ».
Elle réalisera 7 films pour le grand écran et pas moins de 34 épisodes de séries TV en tous genres, des épisodes de Alfred Hitchcock présente à Madame et son fantôme en passant par Thriller, Les Incorruptibles, Le Fugitif, La Quatrième dimension ou Ma sorcière bien-aimée pour ne citer que les plus connues.
Le personnage récurrent « holmésien », c’est, naturellement, le méchant absolu, l’incontournable (et « effroyable ») Professeur Moriarty sous les traits ici de George Zucco. Comme son légendaire ennemi, Moriarty opérera le saut dans le temps à partir du troisième film, mais incarné par différents comédiens.
Moins passionnant que Le Chien des Baskerville, Les Aventures de Sherlock Holmes n’en demeure pas moins une excellente série B.
Et il faut bien reconnaître qu’on assistera après à une chute qualitative sensible de la série.

mercredi 2 septembre 2020

Été 85


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Été 85 (2020) de François Ozon
Alexis et ses parents sont installés depuis peu sur la côte normande.
Lors d’une sortie en mer où il se trouve seul sur le petit voilier qu’on lui a prêté, il est sauvé du naufrage par David qui a deux ans de plus que lui, 18 ans.
Très rapidement, les deux garçons deviennent inséparables et ne tardent pas à vivre ensemble un amour fou.
A la demande de David, ils se font le serment réciproque de danser sur la tombe du premier d’entre eux qui mourra.
Il faut reconnaître une chose à François Ozon dans ce film-ci : certains réalisateurs auraient pu, par mégarde, « louper » certains poncifs. Lui n’en loupe aucun !
Ça va du jeune dragueur de 18 ans qui séduit un jeune puceau (enfin, on le suppose ! ...) de 16 ans jusqu’à la copine anglaise hyper-compréhensive (genre copine à pédés), en passant par la différence de milieux sociaux des deux garçons, la balade à moto avec la tête (de l’amoureux) langoureusement posée sur l’épaule (de l’aimé), la moue boudeuse pour signifier le désespoir du puceau après « l’infidélité » du dragueur, la mère hyper-possessive (et juive : « Est-il besoin d’être juive pour être une mère juive ?... Non, mais ça aide ! »[1]), l’autre mère très triste de voir son gamin     1) homosexuel – 2) désespéré… J’arrête : il faudrait que je cite tout le film !...
Ça s’appelle Été 85 et ça semble, en effet d’un autre âge.
Quant aux comédiens, on ne peut pas vraiment dire qu’ils sont mauvais ; ils font juste ce qu’on leur demande de faire !
Valeria Bruni-Tedeschi passe du statut de mère fofolle à celui de Mater Dolorosa en l’espace d’une séquence (il faut dire que la mort de son fils est très soudaine), alors qu’Isabelle Nanty est très bien en Mater Dolorosa du début à la fin.
Malgré son accent totalement faux, Philippine Velge, jeune actrice belge est assez convaincante en bonne copine, même si elle ne l’est pas en tant que bonne copine ANGLAISE !
Félix Lefebvre est assez pénible en Alexis (mais, encore une fois, son talent n’est pas en cause), le jeune puceau « éconduit » par celui qui l’a « séduit et abandonné » et qui, du coup, prend des mines de Walkyrie saisie par « le démon de la chair ». On atteint un sommet de grotesque dans la scène (travestie) de la morgue : j’ai entendu quelques gloussements derrière moi dans la salle et je ne pourrais pas garantir que je n’ai pas gloussé moi-même.
Quant à Benjamin Voisin que j’avais vu si bien (et le même jour) dans Un vrai bonhomme de Benjamin Parent et dans La Dernière vie de Simon de Leo Karmann, il est ici exécrable avec ses mimiques de dragueur de bas de piste et ses regards de langoureuse domination de type « Moi, Tarzan, toi, Jane ! »
Mais visiblement, les critiques ont A-DO-RÉ.
Vous l’aurez compris, moi, pas !


[1] Comment devenir une mère juive en dix leçons de Paul Kuks d’après Dan Greenburg

mardi 1 septembre 2020

Willy 1er


Willy 1er - film 2016 - AlloCiné
Willy 1er (2016)
de Ludovic Boukherma, Zoran Boukherma, Marielle Gautier et Hugo P. Thomas
Willy est un handicapé de 50 ans. Il vit chez ses parents dans une ferme avec son frère jumeau Michel.
Le jour où Michel se suicide, Willy décide de partir… dans le village voisin.
« A Cantebec, j’irai ! Un appartement, j’en aurai un ! Les copains, j’en aurai ! Et je vous emmerde ! »
Il part…
Et ils se sont mis à cinq pour réaliser ça !
C’est tourné très plan-plan, le scénario rame et les dialogues sont plats.
Willy n’a rigoureusement rien de charismatique et son souci de s’intégrer va jusqu’à trahir le seul ami qu’il ait jamais pu avoir.
C’est à la fois bête et moralement douteux. Sans doute parce que Willy n’est pas seulement trisomique, mais surtout très con !
Le film est plutôt pas trop mal interprété, mais j’ai personnellement souffert de voir la grande Noémie Lvovsky se compromettre dans cette daube.