vendredi 23 octobre 2026

Seuls


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Seuls (2017) de David Moreau

Leïla vit avec sa famille dans une « ville nouvelle ». Un soir, elle va se promener dans une fête foraine.

Lorsqu’elle se réveille le lendemain matin, sa famille a disparu, ainsi que, semble-t-il, le reste de l’humanité.

Cependant, elle ne tarde pas à rencontrer Terry et Camille, puis Dodj, puis Yvan.

Mais sont-ils vraiment seuls ? Et d’autres - éventuels ! - survivants sont-ils forcément leurs alliés ?

Depuis quelques années, certains films appartiennent à une nouvelle catégorie, l’adaptation de bandes dessinées.

Bien sûr, il y avait eu, dans les années 60, deux adaptations des aventures de Tintin dans deux films qui étaient des scénarios originaux : Tintin et le mystère de la Toison d’or et Tintin et les oranges bleues ne bouleversèrent pas franchement l’histoire du cinéma !

Puis, il y eut quelques tentatives isolées comme la Barbarella de Roger Vadim, film très plaisant, très léger et, tout de même, un des meilleurs films de ce pondeur de navets.

Mais ces dernières années, la démarche est tout autre, car il s’agit d’une véritable adaptation dont le créateur de la BD est l’auteur ou le co-auteur. Parmi ces adaptations, on peut en citer deux parmi les plus réussies : Quai d’Orsay (2012) de Bertrand Tavernier d’après Abel Lanzac et Christophe Blain et Rosalie Blum (2015) de Julien Rappeneau d’après Camille Jourdy.

Seuls est l’adaptation de la bande dessinée écrite par Fabien Vehlmann et Bruno Gazzotti. En fait, il ne s’agit pas d’UNE bande dessinée, mais d’une série de bandes dessinées, ce qui pourrait sous-entendre une suite pour ce film…

Mais ce serait une erreur, car, par le twist « presque » final, le film est bouclé et le mystère totalement éclairci.

En fait, le film surprend : tout d’abord parce qu’il est excellent et totalement réussi jusqu’à la séquence finale, précisément.

Où est passé le reste de l’humanité ? Que sont devenues les autres ? Qui est cette entité démoniaque qui veut les tuer ?

La résolution du mystère est logique et la seule résolution logique. Néanmoins, on ne le sait vraiment qu’à la fin. Petite réserve cependant : cette résolution, sans être elliptique, nous est montrée dans un montage un peu trop sec, notamment sur une affiche qu’on a à peine le temps de voir.

Autre réserve, mais plus grave : une séquence finale, à la fois pessimiste et emphatique qui louche franchement du côté de Hunger Games. C’est quand même dommage pour un film jusque-là très intelligemment mis en scène.

Et une fois de plus, on est frappé par le talent des jeunes interprètes : Sofia Lesaffre est Leïla, celle qui devient le leader, la cheffe alors que Stéphane Bak est Dodj, un « rebelle intelligent » qui sera sauvé par le groupe qu’il avait rejeté et pour lequel il ira jusqu’au sacrifice. Jean-Stan du Pac (Terry), Paul Scarfoglio (Yvan) et Kim Lockhart sont très bien dans des rôles plus convenus. Thomas Doret (Saul) et, surtout, Renan Madelpuech (Le Maître des couteaux) sont excellents dans les rôles respectifs de vrai et faux méchants.

Un bon film, une excellente surprise.

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